VERS INTESTINAUX
l»ai'iui les purgatifs, on préférera le calomel, donl l'action sufTit seule parfois pour l'expulsion des vers.
La prophylaxie se trouve réalisée par l'usage d'une eau de source, d'eau filtrée ou bouillie, et par l'abstention d'aliments herbacés crus.
L'examen des selles permet de contrôler ultérieurement si tous les lombrics ont été expulsés. La présence des œufs nécessite une nouvelle intervention thérapeutique, avec les mêmes médicaments.
Les accidents imputables aux vers sont susceptibles de disparaître avec l'expulsion des lombrics et Justilient une médication symptomalique variable
selon les cas.
T;mki.s. — On a surtout affaire dans l'enfance, au tœnia inerme, provenant de la viande de bœuf, prescrite crue dans le traitement des diarrhées infantiles. Le tœnia solium (qui vient du porc) et le bothriocéphale (qui provient de la truite du lac de Genève) sont plus rares.
On a accusé également les tœnias de provoquer (les accidents d'ordre nerveux, d'où la nécessité de hâter l'élimination des.vers, ciuitle à parer par les moyens ordinaires, aux indications cliniques cjui peuvent se rencontrer.
L'intervention, comme chez l'adulte, ne doit être prescrite que si les malades rendent des cucurbitains dans leurs selles, ou en dehors des selles; si le médecin ne subordonne pas sa conduite à cette notujn vulgaire, il s'expose à un échec.
Bien que rare au-dessous de deux ans, le lœnia a été cependant observé à cet âge; mais, étant donnée lasusceptibilitédu tube digestif, liarlhez et Sanné estiment qu'il vaut mieux ditlerer la médication anti-belminthique.
9i THAITEMKNT DES MALADIES DU TUBE DIGESTIK
On a à sa disposition plusieurs substances: l'écorce de grenadier, lo à 50 grammes, macérée 24 heures puis décoctée, sucrée et aromatisée avec du jus d'orange ou de citron ; la pelletiérine, son principe actif que Tanret a isolé, doit être rejetée, car elle esl beaucoup trop active et toxique chez les enfants (Descroizillesj; l'extrait éthéré de fougère màle (1 y 4 grammes) associé au calomel d'après le procédé de M. Créquy(-20 à40 centigrammes); on peut prescrire 18 centigrammes de calomel pour un gramme d'extrait et les répartir sous forme de capsules ou bols au nombre de 10, qu'on administrera deux par deux' toutes les dix minutes; les semences de courges, 20 à 30 grammes au plus, émulsionnées dansun looch ou mélangées à du jus d'orange ou de citron, ou dissmiulées dans une pâtisserie (Archambault) et'dans de la confiture ; le kousso, 13 à 20 grammes, que les enfants ne prennent pas facilement; le kamala en teinture, 10 grammes à 30 dans une potion aromatisée, ou en poudre : ce médicament est d'ailleurs infidèle.
Quelle que soit la drogue prescrite, elle comporte un certain nombre de recommandations. La veille I enfant sera soumis au régime lacté, afin d'avoir h' moins possible de déchets nutritifs. Le jour même de la médication, on donnera, le matin, un grand lavement pour vider le gros intestin et faciliter la recherche du lœnia; puis, la drogue, et une heure après si elle ne contient pas de calomel, un purgatif, l'huile de ncin par exemple.
L'enfant est alors assis sur un vase rempli d'eau, .insqu a complète évacuation de son ver. ce qui demande parfois plusieurs heures ; il faut'veiller à ce qu II n exerce aucune traction sur son taenia, à ce
VERS IiNTESTLNAUX
qu'il ne le casse pas, sinon l'échec est presque certain d'oi^i la nécessilé d'une nouvelle lenlalive d'expulsion, à une date ultérieure.
Oxyures. — Les oxyures sont de petits vers blancs qui siègent dans la partie inférieure du rectum. Ils déterminent, surtout le soir, des démangeaisons insupportables, irritent la muqueuse par euxmêmes et parle grattage qu'ils provoquent, enfin ils sont capables chez les prédisposés de déterminer des accidents nerveux. Chez les filles, leur migration vers la vulve et le vagin amène un certain degré de vulvovaginite; et, dans l'un et l'autre sexe, ils provoquent des excitations sexuelles.
Il faut donc s'efforcer de détruire ces parasites et de traiter les complications qu'ils engendrent. Ces vers peuvent être détruits par un traitement local ou, plus problématiquement, par l'administration par la bouche de médicaments appropriés.
Localement, on aura recours aux irrigations rectales, avec de l'eau froide, de l'infusion de feuilles d'absinthe (10 à 15 grammes pour 60 d'eau), de l'eau salée, savonneuse ou acidifiée, de la glycérine et de l'eau sucrée. L'ail et l'assa fœlida donnent de bons résultats (assa fœlida, de 1 à .3 grammes pour un jaune d'œuf et 120 grammes d'eau). Il en est de même des eaux sulfureuses naturelles ou artificielles (sulfure de potassium, 0,30 à 0,60 pour 200 grammes d'eau).
Avant de pratiquer le traitement anti-helminthique,il est sage de faire une irrigation complète du rectum, et de persuaflerau malade de conserver le plus longtemps possible son remède.
Les anti-helminthiques, pris par la bouche, sont inconstants; toutefois, le calomel peut faire excep-
lion, car il jouit tout à la fois d'un double eUel purgatif et vermifuge ; il peut exercer son action sur les vers et sur les œufs qui siègent dans des portions de l'inlestin que les lavements n'atteignent pas. Il doit être donné plusieurs jours de suite, à faible dose. On peut essayer aussi la fleur de soufre (0,30 à 1 gr.), la santonine. Les purgatifs salins remplissent également le môme but.
Ces vers étant très tenaces, le traitement devra être répété plusieurs fois, plusieurs jours, quelquefois même une quinzaine de jours. Ce traitement sera plus efficace encore, si on a soin de le compléter en appliquant des suppositoires à base de calomel (10 centigrammes] ou même d'onguent gris (o centigrammes).
Lorsque les oxyures ont envahi le vagin, on se ■ trouvera bien de laver cette région avec les mêmes solutions et de faire prendre à ces enfants des bains sulfureux alcalins ou antiseptiques.
Nous n'avons rien de particulier à dire sur le traitement des accidents locaux, réflexes ou généraux qui sont occasionnés par les oxyures. Ce traitement est essentiellement causal.
Les péritonites sont toutes d'origine infectieuse, à part quelques faits isolés.
Cliniquement, il faut les distinguer en péritonites aiguës et en péritonites chroniques.
Une division non moins importante consiste à les distinguer en péritonites partielles et en péritonites généralisées.
Péritonites aigncs. — Que la péritonite soit consécutive à une infection veineuse ou lymphatique comme chez les nourrissons, ou qu'elle se montre à la suite de contusions abdominales ou de perforation intestinale, il est certain, qu'au début du moins, elle est localisée au point d'inoculation septique. L'indication thérapeutique est donc nette : empêcher l'inoculation extensive, localiser le processus inllannnaloire. On y arrive par le repos viscéral.
Les malades sont mis à la diète absolue; d'ailleurs les vomissements empêcheraient toute alimentation. On doit proscrire radicalement l'usage des purgatifs quels qu'ils soient, et l'on administre l'opium aux doses convenables, selon l'âge, afin d'immobiliser l'intestin. Les malades sont naturellement laissés au lil, dans le décubilus dorsal, les jambes écartées, avec lin cerc(!au sur le ventre.
Dans le mênu; but, et pour calmer la douleur, on se trouve bien des émissions sanguines, loco dolenli :
THÉRAPEUTIQUE INFANTILK . — T. II. 6
98 TRAITEMLiNT DES MALADIES DU PÉIUTOINE
sangsues, ventouses scarifiées. Lt; traitement anliseplique médical n'est pas à négliger; mais, le plus souvent, la marche des accidents ne laisse pas le temps d'y recourir. Cependant on pourra toujours oindre la peau du ventre, de pommade mercurielle simple ou belladonée.
Les symptômes de la maladie demandent une médication variable.
Contre les vomissements on donnera de la glace, on fera prendre des boissons glacées par petites quantités à la fois.
Contre la douleur, les applications locales révulsives, comme plus haut; les applications de glace, l'opium, les injections de morphine môme, si les enfants sont assez âgés.
Il n'y a pas lieu de se préoccuper de la constipation qui, chez les enfants, est beaucoup moins constante que chez l'adulte.
Selon la marche ultérieure de la maladie, plusieurs éventualités peuvent se présenter. Lorsque les accidents péritonéaux suivent une marche aiguë ou suraiguë, lorsque la généralisation n'est plus douteuse, et lorsque les phénomènes septiques se montrent, il faut faire de suite la laparotomie, avec lavage et drainage du péritoine, et rechercher la cause delà péritonite afind'yremédier. Lorsque les accidents traînent, il y a lieu de penser que les lésions se localisent — prétonite partielle. — On peut patienter et choisir son temps pour une laparotomie ultérieure, lorsqu'une collection purulente s'est formée et qu'on doit l'évacuer pour la guérir. Pendant ce temps, on a tout le loisir de faire de l'antisepsie inteslinale. ealomel, onctions mercurielles, etc. La ponction exploratrice pourra également rendre des services
PÉKITONITES AIGUËS
au monu'iil où l'on croira opporlua d'intervenir.
Mais on n'assiste pas toujours au début de la maladie ; on pourra se trouver en présence, en particulier dans la première enfance, de péritonites suppurées ouvei'tes pai- la cicatrice ombilicale ou autrement. On doit agir, comme dans les cas d'abcès, avec stagnation du pus et ouverture insuffisante de la poche.
La notion étiologique peut guider la thérapeutique. Les péritonites à streptocoque ou à bactérium coli (perforation intestinale, coups sur le ventre) se généralisent de préférence. Au contraire, celles à pneumocoque (pleurésie, pneumonie concomitante) ont une tendance à marcher plus lentement et à se localiser en une ou plusieurs poches, communiquant entre elles ou indépendantes.
Péritonites .subaiguës localisées. — Pendant toute
cette période à marche subaiguë, avec ou sans poussées aiguës, pendant laquelle l'enkystement se fait, il faut garder les malades au repos, au lit, continuer l'usage des antiseptiques internes, et de la pommade mercurielle à l'extérieur. Il faut surveiller l'alimentation en insistant surtout sur le lait, faciliter les garde-robes par des laxatifs doux, n'excitant pas les contractions de l'intestin, mais ses fonctions sécrétoires, soutenir enfin les forces par quelques toniques.
On observe parfois la rupture de cette poche en formation, soit sous l'influence d'un eflbrt soit pour une autre cause. La menace de péritonite généralisée en est la conséquence, lorsque les microbes onl encore conservé leur virulence; dans ce cas, on doit se comporter comme dans la péritonite aiguë septique, (■'est-à-dire faire la laparoloniie. Il en est de même
lorsque les phénomènes de péritonite sont liés à des lésions graves de l'intestin : appendicite, invagination intestinale, etc.
Péritonite tuberculeuse. — La tuberculisalion péritonéale aiguë n'est qu'un épisode de la tuberculose aiguë; nous ne nous y arrêterons pas ici, n'ayant en vue que la tuberculose péritonéale subaiguë ou chronique, soit primitive, soit consécutive à une tuberculose viscérale, et en particulier à une entérite tuberculeuse.
Le traitement purement médical doit s'adresser au terrain dans lequel s'est développée la tubercuk)se, au bacille tuberculeux. Il y a en outre des indications cliniques, propres à chaque malade et tenant aux symptômes douloureux ou autres qui peuvent se présenter dans le cours de la maladie. Parmi ces derniers, il faut une mention spéciale à rocclusion intestinale.
En dehors de celte indication particulière, le traitement chirurgical intervient à titre de traitement curatif.
Le traitement médical est celui de la tuberculose en général ; il a pour base une alimentation convenable, les toniques, l'usage de certains médicaments vantés précisément contre le bacille tuberculeux : arsenic, créosote, phosphates, etc. L'iode, à l'intérieur, est un des meilleurs luédicaments à employer, soit sous sa forme métalloïdique, soit sous forme d'iodures.
On agira localement au moyen de badigeonnages de teinture d'iode sur le ventre, de vésicatoires, de révulsifs divers.
On donnera des laxatifs doux contre la constipation, et on remédiera à la distension intestinale, par