CHLOROSE
forme de teinture à la dose de XV à XX gouttes.
Si les accidents de cyanose persistent, on devra recourir au\ inlialations d'oxygène, à la valériane, aux boissons diurétiques, aux purgatifs légers ; et, dans les cas exceptionnellement graves, on pratiquera des injections de caféine ou d'éther.
Chlorose.
La chlorose est une anémie spontanée, survenant chez les jeunes lilles au moment de lapuberté. C'est donc une affection de l'adolescence; mais, comme on peut la rencontrer parfois chez des fillettes, nous indiquerons rapidement les grands lignes du traitement.
llayem conseille, avant toute autre médication, le repos absolu au lit, pendant deux ou trois semaines; cette simple précaution a souvent suffi pourramener l'appétit et les forces.
Le traitement hygiénique doit être institué dès le début de la chlorose ; l'hygiène alimentaire, en parliculicr, a une importance considérable. En elfel, la plupart des chlorotiques sont en même temps plus ou moins dyspeptiques ; tantôt elles ont de l'atonie stomacale avec hypfK^hlorhydrie, tantôt de riiy|)erchh)rliydrie avec crises douloureuses paroxystiques. La dys|)e[)si(; serait, d'après llayem, la cause la plus ordinaire; de la chlorose. On ne pouri-ait, par suite, obl(!riir une gu(';risoi: cert;iin(! de cetlc dernière, 'pi'après avoir amélioré les fonctions digestives. Si l'on donne le fer trop tôt, on arrive à l'ccolorcr les
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chlorotiques ; mais, dès qu'on suspend la médication martiale, la chlorose se reproduit, et tout est à recommencer.
En cas d'hypochlorliydrie avec atonie gastrique, on donnera des amers, des stiniulants(noix vomique, quassia amara) et quelques gouttes d'acide chlorhydrique après les repas, pour suppléer à l'insuffisance de l'acidité du suc gastrique.
Les alcalins et les poudres absorbantes anti-acides devront être prescrits quand il y a hyperchlorhydrie. Le choix des aliments importe peu ; il faut laisser les malades manger à leur appétit et ce qui leur plail. (Peter.) On interdira simplement les aliments acides, les fruits verts, la salade vinaigrée; il en sera de même pour la bière, le vin, et surtout les vins médicamenteux. La boisson de choix est le lait ou le vin coupé d'une eau minérale alcaline.
Les chlorotiques devront éviter les exercices violents et se contenter de promenades courtes sur un terrain plat. Le séjour à la campagne sous un climat chaud leur est très utile ; il n'en est pas de même du séjour dans les montagnes ou au bord de la mer, qui peut entraîner des conséquences graves.
L'hydrothérapie, pratiquée modérément, donne d'excellents résultais; on conseillera en même lemps les frictions sèches au ganl de crin, les inhalations d'oxygène, les loi ions froides.
La chlorose est caractérisée ])ar une déglolnilisation exagérée du sang, et une diminulion notable do i'hémoglobinecontenne dans lesglobules rouges. « II conviendra de fournir au sang les matériaux qui sont nécessaires à la rénovalion et à la viabilité des liéuuities. Katre ces nialériaux. le plus important est le fer qui, dit M. Ilayem, est le médicament par excel-
CULOUOSE
lenco, et en quelque soi-Le le siDécilique de la chlorose. » iGilbert.)
Il sera bon do ne commencer la médication martiale qu'après une période d'une quinzaine de jours, pendant laquelle on aura mis l'enfant au repos, et pendant laquelle on aura traité son estomac par un régime approprié.
Le choix des préparations ferrugineuses n'est pas sans importance, car elles ne sont pas toutes également bien supportées par les malades. Hayem, après de nombreux essais, donne la préférence au prololactate et surtout au proto.xalate de fer.
Pour un enfant, on prescrira des paquets de 0 gr. O.j à 0 gr. 10 de protoxalate de fer, additionné au besoin d'un peu de sucre. L'enfantprendra un de ces paquets, avant chacun des deux principaux repas, dans une cuillerée à soupe de potage, ou dans une cuillerée à café d'un sirop quelconque, du sirop de gentiane par exemple. Le protoxalate n'a aucun goût, ce qui permet de le dissimuler facilement. Si le malade est hypopeptique,ou si la préparation de fer occasionne de la gastralgie, il sera utile de donner un peu d'acide chlorhydrique, une demi-heure après le repas, afin d'augmenler l'acidité du suc gastrique, sans laquelle le protoxalate serait insoluble. En cas de constipation, on associera au fer un peu de rhubarbe. Dans les cas où le |)roto\'alate de fer serait mal supporté, on pourrait avoir recours aux dragées de Rabuteati (protochlorure de fer).
Le traitement ferrugineux doit être poursuivi pondant assez longtemps, même quand il y a apparence de guérison; car, à c(! moment, les globules rouges, <Iuoiqueplus nombreux, n'onlpas encore les qualités nécessaires de résistance. Leur nombre diminue très
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rapidemenl lorsque le Lrailemenl esl interrompu trop vite; c'est ce qui explique la fréquence des rechutes dans la chlorose.
Si on insiste sur le traitement ferrugineux, on voit commencer la seconde phase, dite de perfectionnement; la taille des hématies s'égalise, leur forme se régularise, leur contenu en hémoglobine augmente ; en un mot, leur développement s'active, et elles deviennent aptes à fournir une carrière physiologique. (Gilbert.) •
Outre le fer, on a préconisé certains autres médicaments dans le but de favoriser l'hématopoièse. Le manganèse, les iodures n'ontdonné aucun résultat . L'arsenic, au contraire, paraît dans certains cas réussir, alors que le fer a échoué. Jaccoud prescrit l'arsenic associé aux inhalations d'oxygène, dans les cas rebelles à la médication martiale. 11 le donne sous la forme de liqueur de Fowler, à la dose de II à Y gouttes par jour. L'eau de la Bourboule à la dose d'un demi-verre à un verre par jour, peut remplacer avantageusement la liqueur de Fowler.
Teissier (de Lyon) aurait obtenu, dans ces derniers temps, d'excellents résultats en adminislrant du sang défibriné en lavement. Cette médication serait surtout applicable aux malades très dyspeptiques et incapables de supporter les ferrugineux et les arsenicaux.
11 prescrit tous les jours des lavements de '12o gr. de sang de bœuf défibriné, suspend le traitement au bout de huit jours pour le reprendre quelques jours plus lard.