ANÉMIE PERNICIEUSE
Dans les anémies scrofuleuses, le séjour au bord de la mer donne d'excellents résultats.
Anémie pennicîeuse.
L'anémie pernicieuse constitue une entité morbide très distincte, caractérisée par une diminution considérable des hématoblastes : c'estune véritable anliématopoièse (Hayem), ce qui la distingue des anémies secondaires qui ne sont que des états symptomatiques.
Elle est très rare dans l'enfance. Son début est lent; mais, une fois établie, elle progresse rapidement et se termine presque toujours par une issue fatale.
L'anémie pernicieuse se manifeste à la période d'état par une pâleur extrême des téguments, de l'œdème cachectique, des hémorragies et des troubles gastro-intestinaux souvent très pénibles.
Au début, il sera peut-être possible d'arrêter, grâce à la médication ferrugineuse et à une hygiène alimentaire convenable, la destruction des globules rouges. Lorsque les fonctions hématopoiétiques sont atteintes profondément, un seul médicament a pu réussir, et encore d'une façon tout à fait exceptionnelle, c'est l'arsenic. (Hayem, Padley.)
L'arsenic, suivant les conseils de Hayem, devra être administré sous forme de liqueur de Fowler, à la dose de II à V gouttes; s'il survient des troubles gastro-intestinaux, on pourra faire des injections sous-cutanées de 2 à S millimètres cubes de liqueur de Fowler.
Beaucoup d'autres médicaments ontété préconisés, sans résultats bien sérieux. Citons le phosphore!
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(Kassowilz), la teinture de Berberis vulgaris, l'iode, l'iodure de potassium.
Quand l'anémie est arrivée à sa dernière période, on pourra encore, suivant les conseils de Hayem, favoriser la formation des hémaloblastes en pratiquant la transfusion ; les résultats obtenus jusqu'à présent ne sont guère favorables, car l'amélioration produite ne se maintient presque jamais.
Anémie pseutlo-leiicémîque.
L'anémie infantile pseudo-leucémique se manifeste surtout par des symptômes spléniques ; elle ressemble beaucoup à la leucocylhémie. Le seul caractère distinctif consiste dans l'absence de toute modification dans le nombre et la structure des globules blancs.
Le médicament le plus indiqué, en raison de la prédominance des symptômes spléniques, est le sulfate de quinine administré par la voie stomacale ou en injections sous-cutanées. Pour obtenir un résultat, il faut donner une dose élevée de quinine, et d'une façon rapidement progressive. Dans ces derniers temps, Mosler a préconisé l'arsenic, qu'il donne sous la forme de liqueur de Fowler, et qu'il injecte directement dans le parenchyme splénique.
Mosler a cherché également à stimuler l'hématopoièsc en provoquant des contractions spléniques, au moyen de l'éleclrisation ou d'applications glacées au niveau de la rate. 11 aurait obtenu enlin quelques bons résultais avec l'eucalyptus et la pipérine.
11 sera utile, eu outre, de recourir aux toniques généraux, aux inhalations d'oxygène; de stimuler les
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fonctions digestives et d'administrer, d'une façon prolongée, les ferrugineux.
Slémopliilie.
L'hémophilie, ou diathèse hémorragique, est une affection congénitale et généralement héréditaire, caractérisée par la production d'hémorragies abondantes sous l'intluence de causes légères ou presque nulles.
L'hérédité est une des causes les plus manifestes de cette maladie, surtout fréquente en Allemagne et dans l'Amérique du Nord. On cite en particulier aux Etats-Unis les familles Appleton et Smith qui, depuis cent ans, fournissent continuellement de nombreux hémophiles. Wachsmuth signale cette particularité, que ces familles sont généralement très prolifiques, comme si elles voulaient compenser la mortalité infantile considérable due à la diathèse hémorragique. Les femmes sont notablement moins sujettes à l'hémophilie que les individus du sexe masculin. Les cas d'hémophilie décrits chez la femme, sont souvent des cas d'hystérie avec stigmates hémorragiques. Mais une fille d'hémophile, non hémophile elle-même, se mariant à un homme sain, transmet fréquemment à ses fils la diathèse hémorragiquf . Les sujets d'une famille hémophile, qui échappent à l'Iiérédité hémorragique, ont assez fréquemment des malformations cardiaques, ou des nœvi multiples.
Les tarfis constitutituinelles, qui semblent prédisposer à l'hémophilie, sont le lympliatisme et la scrofule, l'cut-étre faudrait-il y joindre aussi la syphilis héréditaire. Cependant certains hémophiles parais-
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sent être des sujets de constitution robuste. La tendance aux hémorragies est surtout marquée pendant l'enfance. Elle se manifeste souvent dès la naissance par des hémorragies du cordon qui peuvent être mortelles. Cette tendance va en s'exagérant jusqu'à la puberté ; plus tard, au contraire, elle va en diminuant.
Les hémorragies peuvent être la conséquence de Iraumatismes, tels que la section du cordon, l'extraction d'une dent, une piqûre d'épingle ou de sangsue, et surtout l'amygdalolomie. La vaccination, la circoncision, ont été parfois la cause d'hémorragies mortelles. On pourrait rapprocher de ces hémorragies traumatiques, celles qui succèdent parfois a la sortie d'une dent chez le nourrisson, ou aux premières menstruations chez la jeune fille. Les hémorragies, d'ailleurs, peuvent être spontanées, et se produisent généralement par les muqueuses. L'épistaxis est la plus fréquente de toutes ; puis, viendraient l'enlérorragie, l'hémoptysie, etc. Broca a cité récemment un cas d'hématurie rénale chez un hémophile. Parfois le sang ne se fait pas jour à l'extérieur ; il se produit alors soit des bosses sanguines volumineuses, soit des ecchymoses extrêmement étendues. C'est ainsi qu'un enfant, qui se heurte le front légèrement, peut avoir toute la face transformée on une vaste ecchymose.
Un phénomène assez fréquemment signalé, c'est rcxislencc (l'nrtiiralgics iMuivant se produire longtemps encore, chez un adulte (jui n'a plus d autres accidents d'hémophilie. Peut-être s'agit-il d'hémorragies articulaires? Le traitement de la diathèse luMii(>rr;igi(iue coinpi-eiul (leiix ]i;irties : le traitement (le la (li;illiès(^ et le traileinent des hémorragies.
llKMOI'lIlLlli loi
Contre la diallièse olle-mêmo, on a conseillé les reconsliluanls tels que ii; ler eL le quinquina, l'huile de foie de morue si le sujet est lymphatique. On prescrit, en outre, le tannin en pilules dcOgr. ():>'dOi^v. 10, dans le hut de donner au sang une plasticité plus grande. L'hydrothérapie est un excellent moyen de fortifier la constitution des sujets et de tonifier leur système circulatoire. Si l'on soupçonnait la syphilis héréditaire, il faudrait appliquer aux malades le traitement spécifique.
Le traitement des hémorragies peut être local ou général.
Le traitement local est celui de toutes les hémorragies, avec quelques réserves cependant. C'est ainsi que ia ligature des artères devra être interdite, la plaie nécessaire pour pratiquer cette opération pouvant être elle-même l'origine d'une hémorragie profuse. C'est ainsi encore que l'emploi du fer rouge est contr(;-indiqué : car, si la cautérisation arrête l'hémorragie momentanément, il n'est pas rare que la chute de l'escharre soit la cause de nouveaux accidents. On devra surtout pratiquer la compression, soit sur la surface saignante, soit à distance sur l'artère du membre, ou bien le tamponnement, s'il s'agit d'une cavité creuse, comme le vagin ou les fosses nasales. On pourra appliquer des vessies de glace sur la région fonriiissaiit riièmorragie, ou tenter d'arrêter le sang au moyen de substances styptif]ues comme le perclilorure de fer, ou le nitrate d'arg(;nt. Ou pourra également saïqjoudrer la plaie de coloph.ine. Mais ce sont des procédés souvent inelllcaces et (|iii ont l'inron vènicnt de r(;m|)lir la ])laie de caillolsextrêmement gênants. D'ailleurs, lesplaies <les liémof)hiles se cic-ilriscint génèr<ilem(!nl avec une
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grande lenteur, à cause de l'infiltration du sang dans les tissus. Une antisepsie rigoureuse est dans ces cas particulièrement indiquée.. A cet égardl'arislol pourrait rendre des services ; c'est un antiseptique, qui a presque les mêmes qualités hémostatiques que la colophane. Il donne, comme elle, entre les doigts, la même sensation résineuse.
Comme traitement général de l'hémorragie, on peut employer le perchlorure de fer à l'intérieur, à la dose de quelques gouttes (V à X) dans une potion. 11 serait peut-être plus particulièrement indiqué, dans les cas d'hémorragies gastriques ou intestinales. L'ergotine, à part ces cas, est plus active. On peut prescrire l'ergotine Yvon à la dose de! gramme dans 125 grammes de julep gommeux, dont on ferait prendre une cuillerée à dessert tous les quarts d'heure. En Amérique, on emploie volontiers les purgatifs, le sulfate de soude ou de magnésie, qui provoquent des diarrhées séreuses. On a même conseillé de faire suivre un traitement prolongé avec ces substances données à la dose de 2 grammes, tous les jours, le matin. Mais, en France, on paraît redouter un peu l'action sur le sang de ces sels qui, en effet, retardent sa coagulation. Si enfin, par ces divers moyens, on n'arrête pas l'hémorragie, et si le malade est exposé à mourir de syncope, on est autorisé à pratiquer la transfusion qui adonné, dans plusieurs occasions, des résullats cxccllenis.
Signalons en terminant une tentative récente de Zoege von ManteutTel. Un enfant ayant, à la suite de 1 extraction d une dont, une hémorragie qui persistait depuis plusieurs Jours, Manteuffel s'adressa à Alexandre Schmidt (de Dcu-pati, ilont les études sur le sang sont bien connues. Ce dernier, dans ses
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expériences, était parvenu à fabriquer une su])Slance activant la coagulation du sang, et (ju'il appelle zymoplasma. Il en envoya k Manteuffel un échantillon qui, appliqué sur la plaie tie la gencive, arrêta l'hémorragie rebelle. C'est là une observation intéressante à un point de vue purement ihéorique; il serait bien difficile de renouveler l'expérience, puisque lasubstance zymoplastique n'existe pas dans le commerce.