ANGINES PROLONGÉES KT ANGINES SUBAIGU ES
gluUtioii, et leur épaisseur même est un obstacle à l'action des substances antiseptiques. Cette opéralion doit se faire doucement et sans blessure de la muqueuse enllammée sous-jacente.
Certaines angines, en particulier les angines pseudo-membranenses k streptocoque, laissent à leur suite des ulcérations douloureuses, qu'il faut cautériser au nitrate d'argent. Chez les sujets lymphatiques, on devra se préoccuper de la persistance des adénites sous-maxillaires.
Enfin, ces angines aiguës peuvent aboutir à la forme que nous allons étudier dans le chapitre suivant. Le terrain sur lequel elles ont évolué, la cessalion trop hâtive du traitement antiseptique sont les conditions ordinaires de cette évolution.
Ajoutons enfin que l'angine, due au champignon du muguet, se traite comme la stomatite crémeuse. (Voir muguet.)
im.iigines prolongées et singînes siibaîguës à i-épétïtîon.
Certains enfants présentent une susceptibilité particulière de la gorge, grâce h laquelle les intluences les plus futiles provoquent l'inflammation de la muqueuse amygdalo-pharyngée. Les symptômes locaux sont moins aigus que dans les angines primitives, mais les phénomènes sont plus traînants, s'accompagnent de lésions permanentes de la muqueuse, et en particulier du tissu lymphoïde ; ces lésions engendrentdes hypertrophies définitives. Les symptômes sont subordonnés à deux causes qui domineni la thérapeutique : l'une, générale, tient h la constitution des enfants et est, due en particulier à l'ai'tlirilismc^ ou au lymphatismc (condi-
20 TRMTliiME.NT DES MALADIES DU TUliE DIGESTIE
lions qui préparent le Lorrain;: Taiilrp. locale, dépend du mierobisme permanent de la muqueuse pharyngée et en particulier des cryptes amygdaliennes. Ce mierobisme peut exister avec d'autres manifestations infectieuses sur diverses muqueuses, parmi lesquelles il faut citer la rliinile chronique et les troubles digestifs qui accompagnent les infections clironiques du tube gastro-intestinal. Avant tout, il faut se préoccuper du traitement général de ces états diathésiques ou acquis, sinon le traitement purement local et antiseptique restera inactif. En thèse générale, lorsqu'on applique un semblable traitement local, il faut s'abstenir des caustiques énergiques et des substances antiseptiques concentrées qui n'atteignent pas les microbes profondément logés dans les culs-de-sac glandulaires, ou dans les cryptes amygdaliennes. Ce qui convient le mieux, c'est un traitement local qui stimule la circulation dans la muqueuse et active la phagocytose. C'est là l'explication du succès de certaines stations minérales, dans lesquelles on soumet les malades, pendant une période de temps uniquemeni consacrée au traitement, à des douches pharyngées, à des pulvérisations tièdes, à des inhalations dont la durée est proportionnée aux effets de réaction de la muqueuse. L'indication de ces eaux minérales dépend de l'arthritismc ou du lymphatisme, qu'on a reconnu chez le malade : l'artliiutique a un système vaso-moteur plus sensible que celui du lymphatique ; aussi, devra-t-on lui conseiller des eaux moins actives et moins coiigeslioniiantes.
A domicile;, on doit suivre les mômes règles, lîtablir un(î médication générale appr()priée, se C(in-
ANGINES iniOLOiNGÉES ET ANGINES SUUAIGUËS 21
l-ov.u.r aux indicatious Iburnies par l'examen des cavilés ou dos organes voisins delà gorge - les dénis cariées, notamment, reuvenl entretenir ces .,^,o.iaes - et se contenter des moyens hydrotherapiques locaux dont nous venons de parler en emplovantsoit des solutions antiseptiques très légères, soit des eauxnaturelles, variables selon les cas: eaux de la Bourboule, du Mont-Dore, de Clialles, eaux sulfureuses. Si la muqueuse est lorpide et ne se n.odiiie pas sous l'inlluencede ces divers moyens, on .levra recourir aux cautérisations avec l'iode, le nitrate d'argent, l'acide pliénique, etc.
Quelquefois, à la suite d'une angine aiguetrop vile négligée, après guérison apparente ; quelquefois même d'une façon immédiate, laprésence de colonies microbiennes dans les cryptes amygdaliennes peut causer de temps à autre des phénomènes généraux d'infection, légers, avec albuminurie ; les phénomènes
locaux amygdaliens sonl souvent masqués, a lel point qu'ils passent inaperçus ; et, comme la doiileurestplus
profonde, ils peuvent s'accompagner de raideur du cou. On pense alors à une mauvaise dent, à des douleurs auriculaires, au torlicolis, à cause de l'adénite, •i du rhumatisme musculaire, à des lésions de la
colonne cervicale.
Dans ces cas, comme dans ceux qui résistent à la médication citée plus haut, on doit en arriver à la (h'slruction par le feu du tissu infecté. L'ignipuuclure lait disi.araîlre el l'état local et les phénomènes
généraux
Avant de terminer ce chcapilre des angines, qui comporterait i)lus de développement que nous ne pouvons en donner ici, UKUitioniious les bons elTels du séjour au bord de la mer el des eaux chlorurées
22 ÏRAITEMENT DES MALADIES DU TUBE DIGESTIE
sodiques, chez les enfants lymplialiques. Ajoutons, enfin, que beaucoup de ces étals chroniques sont imputables à la négligence des parents, qui ne se préoccupent pas suffisamment de la répétition des angines chez leurs enfants.
Il serait intéressant de relever dans les familles, oi^i l'on constate un de ces cas d'angine subaiguë, la fréquence chez les autres membres de la famille des affections primitives ou secondaires, dues aux microbes pyogènes.
Dans le cadre des angines que nous venons d'énumérer, au point de vue thérapeutique, rentrent les angines blanches prolongées, qui sont imputables soit à la pharyngomycose, soit au bacterium coli commune (Lermoyez, Helme et Barbier. Sodétè médicale des hôpitaux, 1894), et dans lesquelles l'excision suivie de cautérisation et l'ignipuncture sont seules suivies de guérison.
Hypertrophie des amygdales.
Amygdalite lacunaire chronique. — Elle peut
être apparente ou réelle. Apparente, elle est due à la rétention, dans les cryptes dilatées, d'une matière cxcrémentitielle, blanchâtre, ressemblant à de la matière caséeuse (amygdalite lacunaire chronique) et bénéficie du traitement par la discision des amygdales (Calme ttes) pratiquée à l'aide d' un crochet trousse. Réelle, elle est due à l'hypertrophie du tissu amygdalien, avec ou sans amygdalite lacunaire. Le traitement chirurgical consistera dans l'ignipuncture, soit au galvano-cautère, soit au thermo-cautère, ou dans l'amygdalotomie. Ces opérations doivent être tentées en dehors des poussées
l'IÈVKE GANGLIONNAIRE -i^
aiguës. SOUS peiue de s'exposer à des infections de la plaie el eu parlicuUci' à une variété d'angine pseudomembraneuse, due au streptocoque, recouvrant la plaie d'une couenne grise, plus ou moins épaisse, et ([ui peut en imposer pour la diphtérie. Nous renvoyons au.'l ouvrages didactiques pour ces questions un peu spéciales (1).
Tnuieni-s atlcnoïdes du pliarjiix. — Ajoutous
seulement que lorsqu'il y a coexistence de tumeurs adénoïdes du pharynx et d'hypertrophie de l'amygdale pharyngée, on doit d'abord opérer celle-ci ; le plus souvent, à la suite, on voit sans intervention les amygdales palatines diminuer de volume. Lorsque l'hypertrophie porte sur l'amygdale pharyngienne (tumeurs adénoïdes du pharynx), l'importance des troubles fonctionnels consécutifs, la gravité des complications auriculaires, nasales, de la parole et desautres sens, la fréquence des déformations thoraciques, nécessitent une opération chirurgicale pour les extirper. Après cette extirpation, on devra se préoccuper du traitement des complications dont nous venons de parler.
F'ièvre gangtîoiiiiaire.
Sous c(î nom de hèvre ganglionnaire on a décrit, dans ces temps derniers, un processus morbide caractérisé par l'apparition d'adénites cervicales coïncidant avec un état fébrile léger, et ne relevant d'aucune plaie cutanée ni muqueuse ; àpciuc; trouvc-t-on dans ces cas, d'une façon inconstante, une légère rougeur
(I) Vnir rians le traiUi île luédccinc de M. Houcliard, les articles de M. Riiault.
24 THAITKMENT DliS MALAUIliS DU TUBE DIGESTIF
du pharynx ou un lù^^ev fi,onlleinent des amyf^diilcs. Le point de départ senrble i)ourlant bien être p!uiryngien; aussi, c'est de ce côté que doit porter la thérapeutique. On devra tout d'abord pratiquer de grands lavages boriqués de la gorge; puis, au niveau des ganglions hypertrophiés, on appliquera une poniinade résolutive :
Vaseline . S ~
,. > aa 15 trrainmes
Lanoline '
lodure de potassium 2 —
ou bien une pommade à l iodurc de plomb.
Si la lièvre est vive, on administrera une dose de sulfate de quinine, variable suivant l'âge du petil malade. Enlîn, si les' ganglions arrivent à suppuration, ce qui est très rare, il faudra recourir à l'intervention chirurgicale avec ijansements antiseptiques.