‹ Thérapeutique infantile (volume 2)Chapitre 9 sur 58 · i0 — le troisième jour · texte numérisé non relu

i0 — le troisième jour

550 — lo qiiaU'ième jour.

650 — le deuxième mois.

INFECTIONS INTESTINALlîS AIGUKS

^:\D — le troisième mois.

S:i(l — le t[aatriôme mois.

\VM) — jusciu'à neuf mois.

D'ailleurs il ne faudvail pas s'obstiner à avoir, en poids, des telées absolument équivalentes dans les premières semaines de la naissance ; elles varient de do à "20 grammes, parfois même de 40 à 60 grammes (J. Simon) (1).

Nous n'avons pas à étudier ici quels sont les signes qui dénotent l'excès ou rinsuiïisance de l'alimentation. Lorsqu'ils existent, il faut, dans le premier cas, diminuer la longueur du temps des tetées ou rapprocher la fréquence de celles-ci, car il arrive quelquefois que les régurgitations et les signes de la dyspepsie par excès, sont dus à ce fait que, pour une raison ou pour une autre, les femmes ne veulent pas, ou ne peuvent pas s'astreindre à des tetées rapprochées; il en résulte que les enfants affamés absorbent gloutonnement plus de lait que leur estomac ne peut en contenir ou en digérer. Dans d'autres circonstances, rares dans les villes, c'est la mère ou la nourrice qui ont réellement du lait on excès, et on est obligé de les en débarrasser artificiellement.

•i"La qualité du lait donné par la mère à son enfant n'est pas la moindre condition d'un bon allaitement. Elle dépend de causes multiples, qui doivent étr(> connues du médecin, puisqu'elles ont un contrecoiq) sur santé de l'enfant, qui en est pour ainsi dire le réactif, et le réactif parfois très sensible.

En ell'el, h; médecin peut voir, analyser, goûter, doser le lait (ju'il tire du s(Mn; il peut constater son

(I) .1. H., ('O)if. t/irrnp. cl cli nii/i/r.i,paf/e 2()\ .

34 THAITEME.XT DUS MALADIES DU TUliK DlfJESTir

aspect plus ou moins jaune, sa saveur sucrée, déterminer sa densité ; mais, nous le répétons, le vrai, le seul critérium, c'est la santé de l'enfant, l'état de ses selles, de son poids, de son caractère.

En dehors des conditions de vie, de régime et de santé qui, ainsi que nous allons le voir, influent sur la qualité du lait, il existe de véritables idiosyncrasies, même ciiez les mères ([ui allaitent leurs enfants, et qui leur rendent absolument impossible la continuation de l'allaitement. L'aspect, les qualités organoleptiques, la quantité du lait, l'état des seins, le régime de la mère, tout est parfait, et cependant les selles grises, grumeleuses ou vertes, les cris des enfants, leur agitation, la stabilité du poids sont là pour attester que l'enfant ne profite pas. Le lait qu'elles sécrètent ne convient pas à leur enfant. Ce fait lient à des variations dans la composition du lait qui ne sont pas toutes connues; tantôt, ce sont les matières grasses, tantôt c'est la caséine qui est trop abondante, tantôt ce sont vraisemblablement des substances toxiques qui incommodent l'enfant. L'état des voies digestives de la mère, l'intégrité du foie surtout, et en général de tous les organes dépurateurs de l'organisme, doit inlluer certainement dans ces cas sur la composilion du lait.

Un certain nombre de conditions de régime el de vie n'ont pas moins d'importance, et agissent autant sur la quantité du lait sécrété que sur sa qualité; c'est pour ce motif que l'allaitenuMit esl rendu si souvent impossible aux femmes d'un certain monde, ([ui veulent mener de front les exigences de la vi(i iiiondaiiu^ et l'allaitemenl. Certains troubles digestifs i\v renl'ancc ne relèvent pas d'un(^ autre cause et

INFKOTIOiNS INTESTINALES AIGUËS 35

doivent être alLribués aux diners en ville, à une aliinenlalion déreclueuse el iiTitante, à la suralimentation, à l'usage des aliments complexes et épicés, aux viandes faisandées, à l'abus de vins jijénéreux, et, dans un autre ordre d'idées, qui se rattachent cependant à ce qui précède, aux veilles [)rolongées, à l'excitation nerveuse permanente et aux fatigues qu'elle provoque.

En dehors de ces cas, il est également certain ([ue, dans la vie 'ordinaire, les enfanis au sein se ressentent du régime de la mère, parce que celle-ci est obligée de s'adonner à un métier fatigant, et ne peut se procurer une nourriture suiïisante, ou bien parce qu'elle n'élimine pas de son alimentation certaines substances d'une digestion difficile ou riches en substances toxiques : les viandes conservées, le gibier faisandé, les choux par exemple. Le passage en nature, dans le lait, de substances introduites par l'alimentation a été démontré par de nombreux observateurs (voyez Ribemont-Dessaigne et Lepage, Précis cV obstétrique^ page HÛ9). L'action malfaisante des fatigues, des veilles, du surmenage physique, intellectuel ou moral, ne s'explique pas autrement; seulement c'est l'organisme maternel ([ui fabrique lui-même les substances toxiques ou irritantes.

Les maladies aiguës, d'origine infectieuse, et les maladies chroniques de la mère, dont l'existence a été reconnue par le médecin, contre-indiquent l'allaitement. (Voir Le Gendre, Revue pratique d'obstétrique et d'hygiène de F enfance, 1888.)

Comme nous l'avons dit déjà, le médecin, dont les moyens d'investigation sont limités, (|uantà la com- [)Osilion même du Init, ;i devant lui un réactif d'une

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sensibilité eN.quise pour se rendre comple de l'uliai- Lement. Ce réactif, c'est l'enfant. L'état des selles, le caractère de l'enfanl, sauf les lares organiques ou héréditaires, qu'il faut mettre à part ici, son sommeil, son poids, enfin l'état de ses fontanelles, qui doivent être légèrement tendues, sont autant d'éléments de diagnostic dont le médecin devra se pénétrer pour rechercher, parmi ces nombreuses causesd'insuccès, celle qu'il faut incriminer, et pour y remédier : il se heurtera d'ailleurs souvent à des obstacles, ou à d(^s inerties qu'il devra vaincre à force de ténacité et de persuasion

Allaitement par une nourrice. — Ce que nous venons de dire de l'allaitement, lorsqu'il est fait par la mère, s'applique naturellement à l'ailaitement fait par une nourrice mercenaire. Nous retrouvons ici les mêmes précautions : nous n'avons rien à ajouter quant à la régularité, au nombre, à la durée des tetées; mais une nouvelle question se présente ici, celle de l'âge du lait. La plupart des nourrices ne se placent qu'au bout de deux à trois mois, après leur accouchement, et après avoir nourri leur enfant i^endant ce temps : un certain nombre de médecins, d'ailleurs, recommandèntde ne pas prendrede nourrice au-dessous de cet âge, afin d'être assurés (lue la nourrice ou son nourrisson sont absolument indemnes de syphilis. Nous considérons (jue l'âge de trois mois ne peut guère être dépassé, en raison de la qualité du lait et de la durée éventuelle de l'allaitement nouveau. Le médecin devra, dans tous les cas, surveiller attentivement le début du nourrissage, et ne pas oublier qu'il s'agit d'un lait plus abondant ou plus riche que celui qui serait fourni par la mère dans les conditions naturelles. II doit exercer un

contrôle quotidien et exiger que les règles de l'allailement mercenaire se rapprochent le plus possible de celles de l'allaitement maternel, d'autant plus que, pour montrer l'abondance de leur lait, les nourrices, fraîchement engagées, mettent leur point d'honneur à donner des tetées trop abondantes. Ajoutons d'ailleurs que souvent les enfants se règlent eux-mêmes et refusent, une fois repus ou somnolents, le sein qu'on leur tend.

Inversement l'émotion, le changement de vie, 'es préoccupations morales, de famille ou autres, le ])assage de la campagne à la ville, suffisent parfois à abolir à peu près complètement la sécrétion lactée ; en général, c'est un phénomène transitoire ; et, lorsqu'on a la conviction d'avoir mis la main sur une bonne nourrice, il faut savoir patienter. Le régime alimentaire nouveau, auquel elle est soumise, constitue, au contraire, pour la nourrice, une cause permanente d'altération de la sécrétion lactée ; l'abus des viandes, du vin, de la bière forte, des boissons alcooliques devra être sévèrement proscrit par le médecin. Savoir alimenter la nourrice, c'est sauve ^ garder le tnbe digestif de l'enfant ; le mieux est de se rapprocher le plus possible de son alimentation habituelle.

La suppression de la sécrétion lactée, du moins dans ses principes qualitatifs, est encore une conséquence du temps trop long qui s'est écoulé depuis l'accouchement. Le médecin ne doit pas se laisser surprendre par les apparences et devra s'opposer sans hésitation à deux nourrissages successifs dans une même famille ou dans deux familles consécutives, lorsque le premier enfant a été allaité par la nourrice jusqu'à dix ou douze mois. Les selles

TIlÉnAl'F.I'TlQUIÎ liNl'ANTILE. — T. II. 3

grasses, pâteuses, graisseuses, au début, les troubles dyspeptiques, la pâleur, ramaigrissement, la mauvaise humeur de l'eufant, plus tard, n'ont pas il'autres causes que celle-là; il peut en être de même du rachitisme, de la débilité et des déformations du squelette.

Almentaiion artili délie. — \in principe, elle est mauvaise. 11 suffit, en dehors d'autres conditions, de jeter un coup d'œil sur le tableau suivant, donnant, d'après Saint Yves-Mesnard et Gautrelet, la composition des diflerents laits d'animaux usités, pour comprendre combien la composition chimique des différents laits est variable.

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