C. Traitement des complications. — L'intervention
médicale est souvent plus active dans le traitement des complications (£ue dans celui de la maladie ellemême.
Injedions secondaires. — Nous avons suffisamment insisté sur l'isolement et l'antisepsie des voies aériennes comme moyens propres à prévenir ces infections (bronchite, broncho-pneumonie, tuberculose, diphtérie, rougeole).
La broncho-pneumonie est la plus fréquente ecia plus grave de toutes ces complications. Elle supprime quel([ueiois et atténue souvent les quintes, de sorte <Iu"on peut, jusfiu'àun certain point, juger de l'améli(u-alion ou de l'aggravaticjn de la lésion pulmonaire par l'augmentation ou la diminution de la violence des ([uintes de la co(|U(duclie (JolTroy).
11 faut donc s'abstenir des médicaments antispasmodiques. Les toniques et particulièrement l'alcool constituent une des médications les plus utiles ; ou
\ AH MALADIliS fiK.NÉIt.M.liS I.N KICCTI KUSKS
]»i-esci'ira les gi-oj^-s (20 j^niiimics à 3 iiiis. 30 f^rammes à 0 ans) au cognac, les vins du Midi, cLc. Los vcnlonses sèches, les cataplasmes sinapisés, les bains sinapisés sont également utiles pour inodilier la lésion pulmonaire. L'Iiydrolliérapie doit être conseillée contre les accidents hyperlhermiques ou inl'ectieux; elle consistera dans l'emploi du draj) mouillé, du bain tiède (32° à 30") avec ou sans allusions froides, et surtout du bain froid. L'hydi-olhérapie diminue la congestion pulmonaire, calme les troubles nerveux et augmente la sécrétion urinaire. La broncho-pneumonie subaiguë ou clironi(|ue réclame un régime tonique et réparateur : purée de viande, huile de foie de morue, arsenic, etc. C'est pour ces cas que vous réserverez l'usage des petits vésicatoires et des pointes de feu.
Lorsqu'un jeune enfant, pris d'une quinte excessive, cesse tout d'un coup de respirer {Spcisme de la (jlotte) et tombe en syncope, ayez recours immédiatement à tous les moyens capables de ramener les mouvements respiratoires : flagellation avec un linge mouillé, excitation de la pituitaire et de la conjonctive (Kïirt) avec les barbes d'uneplunie. tractions rythmées de la langue (Laborde), bain sinapisé. respiration artificielle, marteau de Mayor, électrisalion du diaphragme. La trachéotomie restera la ressource extrême.
Quand le spasme glottique est incomplet, on pourra l'aire usage des inhalations de chloroforme, et surt(mt d'éther, mieux acceptées par les enfants. On en vei'se quelques gouttes sur un mouchoir, qu'on maintient à une petite distance des narines. De cette façon, l'enfant respire de l'éther mélangé avec de l'air. On ])eut aussi employer les ampoules en verre de nitrile
TItAlTK.MK.Nl' DL;S COMI'Lir.ATIONS li'J
dainylc aussi lîTIicaci! ([iic l'éllier ol le cliloroformt'.
Les convulsions externes ou rêrlampsk' consVduenl un autre danger des coqueluches violentes : 10 0/0 des coqueluclieux en, numrent. Les bains tièdes 23° à 30° ), les anestliésiques (chloroforme, élher) peuvenl rendre de réels services. Lorque la crise sera terminée, on pourra donner un lavement au chloral, au Ijromure de potassium (50 centigrammes à 1 grammei, on prescrira le suppositoire suivant :
Beurre de cacao 2 grammes
Hydrate de chloral 0 gr. 50
(COMDY.)
Richardière conseille l'application de sangsues derrière les oreilles, se basant sur ce fait que l'éclampsie s'accompagne d'une hyperhémie de l'encéphale.
Les complications mécaniques pourront être prévenues par l'usage des antispasmodiques, car ces médicaments agissent sur l'intensité et la fréquence des (|uintes. Les vomissements sont surtout à redouter, puisque leur répétition entraîne un état d'inanition des plus graves. En présence d'un semblable accident, cEforcez-vous d'alimenter votre malade, soit en lui apportant ses aliments immédiatement après laquinte, soit en multipliant les repas peu copieux et rapprochés, afin de ne pas surcharger son estomac, soil enlin en adoptant le gavage, si l'enfant refuse toute nourriture, ou en prescrivant des lavements de peplones. [/usage du café noir ou vert (J. Guyot) réussit assez souvent à calmer les vomissements : on le donnera léger, peu sucré, froid, et immédiatement après les r(!pas lune cuillerée à café, à dessert ou à soupe suivant l'ftge). Trousseau faisait administrer une
150 MALADIES fiÉNKHAhliS INFRCTIECSKS
o,,ulle OU une demi-KoiiLle de laudanum de Sydenliaiii, dès que l'enfanL venailde vomir el immédiatemeiil avant de le faire manger.
Les ulcérations sublinguales sont IVéquenles : elles résultent de la pression des incisives sur le frein de la langue pendant les quintes. On leur opposera les lavages antiseptiques delà houclie et surtout les collutoires suivants :
1» Borate de soude
Miel rosat
2° Résocine
Coljcérine
Si ellespersistenl, on les cautérisera avec le crayon de nitrate d'argent. Gay attribuait à ces cautérisations une action curative toute s])éciale contre la maladie elle-même !
Les hémorragies qu'on observe dans le cours de la coqueluche sont en général légères; les ecchymoses de la face, des paupières et de la conjonctive guérissent spontanément; les hémorragies nasales seules méritent quelque attention : si elles se renouvellent fréquemment, elles alVaiblissent et anémient le coquelucheux. Lorsque l'épislaxis apparaît au moment de le quinte, on maintient l'enfant assis et immobile, on lui incline la tète en avant de façon à prévenir le rellux du sang par les fosses nasales et par suite, la suffocation. La réfrigération locale, les irrigations avec de l'eau très chaude ffrousseau]. l'introduction dans les narines de tampons d'ouate hydrophile imbibée d'une solulion d'alun, d anlipyrine (20 0/0), d'eau de Pagliari, ou mieux d'une cigarette d'amadou, sni'tisenl en général. Les insulllalions de ]ioudres d'alun, de ratanhia sont aussi
2 grammes
1 grninnie
KIÈVlîK TVrilUÏME
(«l'Ik-afcs, mais plus désagrc-ables. Si les épislaxis soiil i-ebellos à ces divers moyens, on lera une injeeliun hypoderm i([ue d'ei'}i,oLiiU! Yvon, d'ergolinine Tani-el (quelques gouUes). Le pneumothorax, siihil. dù à la rupture d'un alvéole, peut engendrer des aecidents asphyxiques qui nécessiteront une ponction immédiate.
L'emphysème aigu est produit, mécaniquement, par [es quintes de toux, l'ortes et prolongées; il guérit en général sans médication. S'il devient pernuinent, il sera traité par les iodures alcalins, et les bains d'air comprimé. Lorsque les secousses violentes de la toux amènent la chute du rectum, on se liàtera de remédier à cet accident en réduisant l'intestin hernié par la compression digitale, qu'on remplacera ensuite par un bandage approprié (pelote en étoile ou en caoutchouc gonflé d'air;. Si ces mêmes efl'orts produisent une hernie inguinale, ombilicale, il sera indispensable d'appliquer un bandage pour renu'dierà ces accidents herniaires, sans préjudice d'une opération curative ultérieure.
On combattra l'anémie et les lésions bronclio-puluionaires chroniques, consécutives à la coqueluche, (Ml conseillant des préparations arsénicales, le changement de résidence, certaines eaux thermales comme les Eaux-Bonnes, le Mont-Dore, Cauterets, la Bourboule, surtout s'il y a de l'adénopathie Irachéol)i'oiicliique.
Flèvi-e typJioïde.
Kare, dans la première; cnl'aiicc, la lièvre typhoïde s'y i-(;n(;ontr(' ])oui'lnnl ; on l'a niénic conslalée dans les six |)remi(M'S mois de la vie; mais elle ri'vêl alors
iî'r2 MALADiKs (;i':M';aALES iNFiicriiiusiis
une iilliifc iiTégulière et l'rusLe qui la l'ail souvcmI méconnaître.
Presque fatale dans les premiers mois de l'exislence, elle est de moins en moins grave à mesure que l'enfant approche de sa deuxième année; et. passé cet âge, elle est beaucoup plus bénigne (|iic chez l'adulte.
Prophylaxie. — Le germe pathogène qui fait naître la fièvre typhoïde, le bacille d'Eberth, pénètre dans le tube digestif avec les aliments et surtout les boissons. L'enfant qui est exclusivement nourri au sein en est donc à l'abri; mais, celui qui est élevé au biberon pourra absorber ce microbe avec le lait, si celui-ci, mélangé à de l'eau impure, n'a pas subi une stérilisation parfaite. Nous insistons sur la nécessité de stériliser le lait donné au nouveau-né, el nous devons ajouter que cette stérilisation doit porter aussi sur les boissons que l'enfant plus âgé absorbera. Dans les grandes villes surtout, l'eau devra toujours être soumise à une ébullition prolongée, pendant vingt minutes au moins, la filtration étant dans la pluparl descasabsolument insuffisante. Il est inutile d'ajouter que les enfants devront être éloignés des malades atteints de la fièvre typhoïde, et que les mesures les plus rigoureuses devront être prises pour que les déjections de ceux-ci ne puissent propager la maladie.
A cette question de la prophylaxie se rattache aussi le problème suivant : une nourrice ou une mère, atteinte de la fièvre typhoïde, peut-elle, sans danger pour l'enfant, continuer l'allaitement, ou bien l'enfant doit-il être aussitôt éloigné d'elle ?
Bien qu'il soit démontré que la bacille d'Eberth ne
KllCVIiK TYl'IlOÏDt;
l>asso jias dans lu lait desfoniuiosalteinles de doLhiéiienLérie, il l'audra quand même isoler l'enfanL, lui donuei- une autre noui-riee, ou avoir recours à l'allailenienl arlifieiei; le voisinage de la malade serait f uneste à reniant, qui pourrait contracter la maladie l>ar contagion directe; de plus, l'allaitement deviendrait préjudiciable à la nourrice suffisamment épuisée par ladotliiénentérie. M. Gerhardt a observé cinq nouveau-nés, nourris impunément par leurs mères atteintes de la lièvre typhoïde; mais par contre, de noadireuses observations ont été publiées prouvant que l'enfant peut contracter la lièvre typhoïde dans ces conditions.
Traitcuiciit cnratif. — La dothiénentérie prend chez l'enfant des allures très diverses, depuis la simple typhoïdette, la fièvre synoque des anciens auteurs, difiicile à distinguer d'une simple indisposition et qui guérit seule, jusqu'à la forme infectieuse grave qui peut déterminer la mort : on ne peut donc adopter un traitement unique de la fièvre typhoïde.
En présence d'un cas de dothiénentérie à forme abortive, oii la fièvre est modérée, les phénomènes digestifs peu intenses elles symptômes généraux à peu près nuls, on se contentera de supprimer l'alimentation solide et de la remplacer par du bouillon etdu lait. La maladie esl alors de très courte durée et l'alimentation habituelle pourra être reprise quelques joursaprès lachute de la fièvre.
La forme légère de la maladie, la fièvre muqueuse des mères, bien qui' présentant une durée plus longue (d des phénomènes plus marqués, est justiciable, elh; aussi, d'un traitement quasi-expeclatif. La grande préoccupation du médecin estd'alinicrder l'enfanl le i)liis jiossiblc, au moyen d'ali-
loi MALAIJIIJS GICNKIIALliS INF IsCTl KOICS
iiK'iils liquides, lois que le bijuilion ou le lail;il inJniinislrera de temps en temps un léfi,er purgalil'. alin d'enlretenii- la liberté du ventre, et fera donner, chaque jour, de préférence le soir, un lavement froid (un litre d'eau boriquée à 3 0/0, aiin de nettoyer le gros intestin). Ce lavement abaissera la température, qui sera également influencée pai- l'administration d'une dose de 25 centigrammes de sulfate de quinine donnée le soir. Dans cette forme légère, oii radynamie n'existe pas, où les phénomènes cérébraux sont nuls, il n'est pas indispensable d'administrer des bains froids : on devra pourtant se tenir prêt à recourir à ce moyen, si la température menaçait de devenir inquiétante, et si le délire ou l'adynamie apparaissaient. Nous n'ignorons pas que, dans ces formes légères, chez l'adulte, les partisans de la méthode de Brand n'hésitent pas à donner des bains, dès le début de la maladie : nous partageons absolument cette manière de voir, et nous suivons journellement cette pratique ; mais, chez l'enfant, nous croyons que ces formes légères restent sans gravité et que la méthode, dite de l'expectation armée, suffît à les guérir, tout en ne leur faisant courir aucun risque.
Il n'en est pas de même, dans les formes graves de la fièvre typhoïde, plus rares que les précédentes, il est vrai, mais pourtantplus fréquentes qu'on ne le dit ordinairement. Dans ces cas où l'infection est profonde, les symptômes généraux et nerveux très nuirqués, le thérapeute aura à intervenir d'une façon plus active : le sort de sou petit malade dépend, en elTof, de sa décision.
Deux grandes méthodes de traitement systématique sont aciuelicmcul en honneur: celle de Brand
FIÈVKK TYI'llUÏDK
cl celle de Boucliard. Celle-ci elierclie u liilier cuiiLre l'iiirecUon et l'intoxicalion générales, produUes par le microbe et ses poisons ; celle-là, plus énergique, cherche à combattre les deu\ phénomènes les plus dangereux, l'hyperlhermie et les accidents cérébraux. Beaucoup de médecins, d'ailleurs, réunissent les deux méthodes en un traitement mixte.
\° Méthode antiseptique. — Cette métbode a été appliquée chez l'enfant par le regretté Legroux et les élèves de Bouchard. M. le Professeur Bonchard, parlant de cette idée que les microbes, qui causent les accidents typhiques, sont localisés et se multiplient dans l'intestin, cherche à rendre, autant que possible, ce milieu aseptique, en détruisant les germes l)atliogènes avec des substances microbicides.
Il recommande tout d'abord d'administrer un évacuant, qu'on renouvellera méthodiquement tous les troisjours (sulfate de magnésie), défaire prendre nnc faible quantité de calomel chaque jour, et de ilonner 5 ou G grammes de napthol ou 2 grammes de benzonapthol en 8 ou JU paquets (Para). On associera à ce produit "2 grammes de salicylate de bismuth, si la diarrhée est abondante, ou bien 1 gramme de salicylate de magnésie dans le cas de •■onstipation.
M. Bouchard donne en même temps des bains ticdcs, refroidis peu à peu jusqu'à 30° ; dans les cas oii la température reste élevée, malgré ces bains et le traitement antiseptiqne, il administre de 1 à2 grammes de sulfate de quinine. Ces doses sont celles (jui sont recommandées chez l'adulte; chez l'enfant on devra employer des doses d'autant plus faibles (pie l'enfant sera plus Jeune.
- C'est dans le même; bul, c'est aussi pour obtenir
MALADIES (ÎÉNÉHALES INFECTIEUSES
une asepsie relative du liibe digeslif, que M. le professeur Hayem recommande l'acide lacLique en limonade à la dose de 15 grammes par litre (un litre chaque jour). Chez l'enfant les doses seront de deux grammes la première année, quatre graamies la seconde, puis cinq, six, huit dans la seconde enfance.
De grands lavements débarrassent chaque jour le rectum des produits qui l'encombrent.
2" MéthoiU des bams froids ou de, Braïuï.
Labalnéation froide combat l'hyperthermie, l'adynamieetlesphénomènes cérébraux; aussi, peut-on dire aujourd'hui que le traitement par l'eau froide est le spéciri(£ue de la Tièvre typhoïde. — Il doit être appliqué dès le début de la maladie, alors même que le diagnostic n'est pas encore parfaitement établi, et même, du moins chez l'adulte, dans les cas où la maladie semble devoir être bénigne; nous avons déjà dit que, chez l'enfant, on pouvait le réserver pour les cas où l'infection est intense ; cair, chez lui. une dothiénentérie bénigne restera très probablement bénigne, et ne présentera pas ces recrudescences si fréquentes chez l'adulte.
Il n'existe pas de contre-indications des bains froids chez l'enfant, abstraction faite de toute complication péritonéale.
Les bains froids seront donnés, toutes les trois heures, à 20", si la température, prise avant le bain, atteint 39", et dureront 5 à 10 minutes : chez l'enfant, en efl'et, la durée sera moins longue que chezradulle (io minutes). Pendant toute la durée du bain, une compresse froide sera maintenue sur le front et la tête. Dès que le frisson apparail, l'enfant sera retiré de l'eau, puis essuyé légèrement, sauf sur l'ab-
FIÈVRli TYrilOÏDE
lo7
domen, cL replacé dans son lil ; il sera modérément couvert, excepté sur les jambes et les pieds, où l'on aura soin de placer une boule d'eau chaude. Quand le frisson aura cessé, on fera prendre au petitmalade un bol de bouillon ou de lait, ou un verre de grog; il est présumable qu'il s'endormira immédiatement après.
Les bains seront continués aussi longtemps que durera la lièvre.
Lorsque les phénomènes cérébraux seront très inleases, on devra, pendant que l'enfant est dans son bain, faire sur sa tète des allusions froides.
Si l'on redoute le coUapsus, on pourra, avant le bain, pratiquer une injection hypodermique de quelques gouttes d'une solution de citrate de caféine à 2,5 0/0. Le bain, dans ces cas, serait moins long; de plus, on pourrait conseiller des frictions et des massages sur le corps de l'enfant, tout le temps qu'il séjournerait dans sa baignoire.
L'eau des bains sera aussi propre que possible. M. Chaulïard {Soc. méd. Iwp. 16 nov. 94) a montré, en cU'et, tout récemment, que les nombreux germes qui pullulent dans l'eau des baignoires, peuvent être la cause des infections secondaires, si fréquentes au cours et surtout au déclin de la fièvre typhoïde. L'idéal serait donc de n'employer que de l'eau bouillie, dans laquelle on aurait même ajouté des substances antiseptiques non irritantes, comme l'acide borique, et de renouveler l'eau après chaque bain.
Tels sont les bains froids employés par Brand et ses adeptes. Certains auteurs leur préfèrent les enveloppements dans le drap mouillé ou les lotions. Nous n'hésitons pas à déclarer que la balnéation froide, systématique, nous a touj(Mirs donné, chez
158 MALAuiKs (;i';m':k.\li:s iNKii(;TiL;rsi:s
l"enfant comme chez riidulle, les meilleurs résiillals.
A cûlé de ces deux méliiodes de Irailemenl, nous placerons la mèdicalion sijmptomalique. antiféhrile.
On a surtout employé le sulfate de quinine : Liebermeister et HagenLach l'ont donné à doses massives.
Pour les enfants Je I à o ans.. 0 gr. 70 à 1 gramme.
— de B à 10 ans. 1 gr. à 1 gr. 50
— de 11 à l.'i ans. 1 gr. oO à 2 grammes.
Ces auteurs recommandent d'administrer celle dose, en une fois, le soir ; ils prétendent être rarement obligés de recommencer le lendemain.
Le Professeur Granclier emploie aussi ces doses massives, non seulement comme antilliermiques. mais aussi comme antiseptiques; il les donne par fractions de 50 centigrammes, de demi-heure eu demi-heure.
Albert Robin donne le sulfate de quinine, à petites doses fractionnées ; d'Espine et Picot réservent les doses massives aux cas malins, el préfèrent la voie rectale.
Un certain nombre de médecins préconisent le chlorhydrate de quinine (Le Gendre). L'antipyrine a été prescrit dans quelques cas ; quant au salicylale de soude, autrefois si vanlé. il est aujourd'hui complètement délaissé.
D'ailleurs nous devons avouer que l'emploi des substances antithermiques est tombé en dé.suétude. depuis que nous possédons les deux méthodes réputées spéciliques. Lorsqu'elles sont associées, elles peuvent engendrer les meilleurs résultats: on favorisera, par exemple, l'évacuation du tubo digestif, et on assurera son asepsie, ])endant que les bains froids agiront sur l'Ii ypvrl iuM-rnie et les phénomènes
CIKVUli TVI'llliÏDIi
^(•iK'raux. Les l'oiros du nialadi! seront soulenuos au iiiiiyeii tic boiiilluii eL de lail, d'alcool, de vins vieux. La bouche, les dénis, la gor^c seront nettoyés avec lieaucoup de soin, chaque joni- ; eL toute complica- I ion pulmonaire sera avantagenseinent influencée par la balnéatton l'roide.
S'il survient, dans le cours ou à lalin de la maladie, lies hémorragies intestinales, doit-on cesser les bains, et faire sur l'abdomen des applications de glace? Si les hémorragies sont très abondantes, doit-on pratiquer l'injeclion intraveineuse de sérum aiiiliciel, d'après la métiiode de M. Hayem, ou l'injeclion sous-cutanée d'une solution saline de 7 grammes de chlorure de sodium pour 1 000 grammes d'eau stérilisée? Nous sommes d'avis que la balnéalion ne doit jamais être interrompue, carelle n'exerce aucune action sur la répétition des hémorragies; pai- contre, au moment où les hémorragies se produisent', nous recommandons de suspendre l'usage des lavements froids. La péritonite par perforation est une contre-indication absolue à la pratique de la balnéation frf)ide; elle sera traitée par la i;,lace, intus et extra, et par l'opium administré sous lafoi-mc pilulaire ou |)ar la voie hypodermique.
La convalescence de la lièvre typhoïde doit, chez l'enfant comme chez l'adulle, être l'objet de soins spéciaux. On évitera les rechutes en ne permettant pas l'alimentation solide trop hâtivement : on commi'iicera par donner des œufs peu cuits, puis du blanc de poulet, des cervelles frites. Il faudra songer aux complications qui peuvent survenir à cette ])ériode. Redoutez les infections secondaires; soignez la |)eau de vos petits malatles et veillez à ce que li'ur bouche et l(!ur pharynx soient lavés frérjuem-
160 MALADIES Gli.N'ÉUALlLS IN1-"FXTIEUS1ÎS
ineiil. Si la liùvre apparaît de nouveau, il laudru i-ccliercher avec soin quelle peut en être la cause; s"il s'agit d'un abcès ou d'un phlegmon, il faudra se hâter de l'inciser. On se rappellera enfin que l'ostéomyélite peut survenir comme complication de la dothiénentérie, plusieurs semaines, plusieurs mois après la guérison : nous n'insisterons pas sur le traitement de cette complication qui ressortit à la chirurgie.
Zona.
En présence d'un zona, il faut s'abstenir de toutes les médications locales susceptibles de provoquer une irritation et d'occasionner des ulcérations consécutives. 11 importe de saupoudrer toutes les vésicules, largement, avec de la poudre d'amidon, de talc, ou avec de la fécule de pomme de terre, puis de recouvrir toute l'éruption avec du coton hydrophile, afin de prévenir le moindre frottement.
Avant la rupture des vésicules, Thibierge conseille d'appliquer un enduit de coUodion élastique ou de pellicule à l'acétone, dans le but de proléger la peau contre les irritations extérieures.
On pourra hâter la chute des croûtes avec de hi vaseline boriquée.
Les douleurs névralgiques, exceptionnelles, peuvent nécessiter l'emploi de la quinine, de l'anlipyrine, l'usage interne du chloral, quelquefois même les injections hypodermiques de morphine.
Knj'sspèle.
Chez le nourrisson et chez l'enfant du premier âge, I erysipèhî est moins grave que celui que nous avons
ÉRYSIPÈLli 161
signalé clicz roiil'ant iiouveaLi-né : landisque, chez celui-ci, la luoi'L est presque l'alale, chez ceux-là celle affectiou se leniiine le plus souvent par la guéi-ison. On peut distinguer, chezl'enfant, deux variétés d'érysipèle ; l'un, analogue à celui qu'on rencontre chez l'adulte, l'autre sujet à récidives, ou érysipèle des enfants scrofuleux. Ce dernier survient à la suite d'une vaccination ou d'une excoriation cutanée c|uelconque; mais, il a le plus souvent, comme point de départ, les lésions eczémateuses du nez ou du cuir chevelu, si fréquentes chez les enfants scrofuleux. C'est un érysipèle blanc dont la durée est très courte, et chez lequel la réaction de l'organisme est très peu prononcée ; c'est l'érysipéloïde, essentiellement hé-, nin, mais sujet à récidives.
Contre cet érysipèle strumeux, il faudra recourir aux applications locales antiseptiques, aux compresses d'eau boriquée chaude, appliquées en permanence : un traitement énergique n'est jamais indiqué; toutefois, on pourra éviter les récidives, en pansant avec soin les excoriations qui seront observées sur le tégument externe, en pratiquant des injections antiseptiques fréquentes dans les narines, si on constate de l'eczéma impétigineux du nez, et en appliquant un traitement général approprié : bains salés, huile de foie de morue, sirop d'iodure de fer.
Chez les autres enfants non scrofuleux, l'érysipèle a des allures moins torpides ; la réaction générale (!st plus intense. Dans certains cas la fièvre peut être très vive, et nécessiter l'usage de bains froids dans lesquels on ajoutera une suJ)slance antiseptique (acide borique, sublimé). Localement on appliquera un des lo|)iques, ffue nous avons recommandés
MALADIICS CKNIÎHALKS INKEi/lliaSKS
conlro l'érysipèlo (les aoiivciiii-iiùs : coni presses an lisepliques, pulvérisaLions avec une solution de sublimé dans l'élliei-, vaseline boriquée ou salolée.
De la sèrothéra])ioda7is l'éri/sipele. — M. Clianlemesse ju'éconise l'usage du sérum anlislreplococcique de Marmorek dans l'érysipèle. Se basant sur les résullals obtenus lorsqu'on applique le li-ailement symptomatique (3,45 0/0 de mortalité),, le bain froid systématique (3.91 0/0 de mortalité), ou la sérothérapie (1,70 0/0 de mortalité avec un sérum d'une force préventive de 1 pour 7000; 5,54 0/0, avec un sérum faible d'une force préventive de 1 pour 2000; 1.03 0/0 avec un sérum d'une force préventive de 1 pour 30000), Chantemesse conclut en faveur de la sérothérapie. D'après lui, lui efl'els du sérum se feraient sentir sur la dermite érysipélateuse et sur l'état général du malade; ces effets se produiraient localement, au bout de 24 heures, de 2 ou 3 jours, et seraient presque immédiats sur l'état général. La dose de sérum antistreptococcique à employer serait variable (20 fi 40 centimètres cubesi. Après l'injection, la fièvre s'abaisserait en quelques heures, ou cesserait au bout de 48 heures, de 3 jours même. Enfin la gravité de la maladie, sa durée, seraient notablement diminuées.
I*iii*purî«.
Au point de vue nosograpliique. le |)urpura est un symptôme qui, tantôt se manifeste dans le cours d'une affection bien déterminée, et dont il n'est (ju'un épiphénomène, tantôt se montre d'emblée et avec une intensité telle qu'il semble constituer une entité morbide, alors qu'il n'est encore <|ue l'un des