‹ Thérapeutique infantileChapitre 23 sur 39 · MALADIK.S OÉNKRALKS INl'IîCTIErSES · texte numérisé non relu

MALADIK.S OÉNKRALKS INl'IîCTIErSES

vomisscmenls. On donnera la liquenr de Van Swieten à raison d'une goulte dans une cuillerée à cale de lait, plusieurs fois dans la journée el jusqu'à concurrence de dix, quinze, vingt gouttes dans les 24 heures, ou bien, chez les enfants de 6 à 8 mois, une cuillerée à café de sirop de Giberl, en deux fois, dans la journée.

Si les lésions sont très accusées, on peut combiner le traitement interne et le traitement externe, en administrant la solution de Van Swieten, et en faisant chaque jour des frictions mercurielles, ou en donnant des bains de sublimé.

La bouche de l'enfant sera souvent lavée avec une solution d'acide borique à 3 0/U ou de chlorate de potasse à 2 0/0, bien que la stomatite mercurielle ne soit pas à redouter chez les enfants qui n'ont pas encore de dent; Baginsky prétend toutefois en avoir observé deux cas.

Le traitement général marchera de pair avec le traitement local : le coryza sera traité par les injections nasales boriquées ; on injectera, une fois chaque jour, dans les narines, quelques gouttes de liqueur de Van Swieten pure ; les syphilides seront recouvertes d'emplâtre de Vigo ou de pommade mercurielle.

La mère ou la nourrice continuera pour son propre compte à absorber des préparations anti-syphilitiques et fournira au nouveau-né un lait mercurialisé, dont l'efTet s'ajoutera à celui des médicaments qui lui seront administrés.

h) Suphilis héréditaire tardive. — Le spéclOque de la syphilis héréditaire tardive cstl'iodure de potassium, qu'il faudra administrer à haute dose, 1 à 4 grammes par jour, suivant l'âge du malade. Dans les cas graves on emploiera en même temps le mercure sous

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forme de frictions à l'onguent napolitain, ou en topiques appliqués au niveau des lésions cutanées. On pourra encore donner le mercure et l'iodure, en administrant le sirop de Gibert à la dose de 2 à 3 cuillerées à café par jour, il est des cas à l'occasion desquels il faudra agir avec rapidité et d'une manière intensive; ce sera le seul moyen d'arrêter l'évolution d'accidents dont quelques-uns entraînent à leur suite des désordres irréparables (perforation palatine.)

L'organisme sera tonifié par l'hmle de foie de morue donnée en hiver, et le sirop d'iodure de fer donné en été ; l'hydrothérapie et le grand air seront de puissants auxiliaires. Le séjour à la mer convient aux malades dont l'organisme est débilité, et chez lesquels on constate ces accidents cutanés ou ganglionnaires qui tiennent tout à la fois de la syphilis et, de la scrofule, et que Ricord avait dénommés scrofulate de vérole.

SyphiiiK acquise. — Nous ne uous étendrons pas longuement sur ce chapitre; car, la syphilis acquise ne présente rien de spécial à l'enfant. Elle parcourt les mêmes phases que chez l'adulte, et ne doit la gravité qu'elle peut présenter qu'à la faible résistance de l'organisme sur lequel elle évolue. Il n'est pas rare, en effet, dans la première enfance, de la voir se terminer par la mort.

Les causes de la contagion sont les caresses et surtout les baisers, l'allaitemenl et la vaccination.

Il faudra donc défendre les caresses des parents et des amis suspects. La nourrice sera examinée avec soin, avant de recevoir son nourrisson. La mère elle-inéuic ne pourra pas louji)urs allaiter son enfant : si. en effet, elle a contracté la syphilis dans les

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deux dernici-s mois de sa grossesse, son enfant peut naître indemne, mais ponrrait être contaminé ultérieurement par le sein maternel. Quoi qu'il en soit, on ne devra pas donner eet enfant à une nourrice saine, dans la crainte de voir surgir des accidents d'hérédosyphilis quelques semaines après la naissance : ici encore il faut adopter l'allaitement artificiel.

Enlin il faudra pratiquer la vaccination au moyen du vaccin pris sur une génisse, et répudier le vaccin humain; les exemples de syphilis vaccinale ne sont malheureusement pas exceptionnels.

Quant au traitement de la syphilis acquise de l'enfant, c'est celui de la syphilis héréditaire précoc.e pendant la période secondaire, et celui de la syphilis héréditaire tardive pendant la période tertiaire.

Grippe OIS Iiilluenza.

La grippe frappe l'enfant comme l'adulte ; le nourrisson lui-même n'en est pas à l'abri ; mais elle a, dans le jeune âge, une gravité moindre que chez l'adulte et chez le vieillard : ces différences de gravité tiennent probablement à ce que les organes des enfants sont plus sains, puisque la grippe est d'autant plus menaçante que l'individu est atteint d'une tare organique i)1lis accentuée.

Le début de cette affection est brusque; l'enfant est pris en pleine santé de céphalalgie frontale, parfois extrêmement vive, de douleurs lombaires rappelant la rachialgie de la variole, de courbature générale avec douleurs dans les jambes et les cuisses ; ses yeux sont souvent larmoyants, son noz présente du coryza ; l'innammalion gagne bientôt le pharynx,

GlUI'l'E OIT INKLUliiNZA

la trachée et les bronches. La langue est. saburrale, ranorex.ie complèLe, la constipation opiniâtre. Suivant que l'un de ces symptômes prédomine, on a allaire à la l'orme nerveuse, à la forme pulnuinaire, ou à la forme gastrique de la grippe : la première peut être d'une intensité telle que l'on croit être en présence d'une méningite ; la seconde peut se compliquer de broncliopneumonie ; la troisième peut s'accompagner de nausées et de vomissements incoercibles.

Quelle que soit la forme que revêt la grippe, elle s'accompagne toujours de lièvre. Dans les cas intenses, le thermomètre marque 39°, 5 et même 40» le soir ; le matin, la lièvre est ordinairement moins vive; dans les cas bénins, elle est à peine appréciable.

La durée de cette affection est très variable, 2 ou 3 jours; le plus souvent elle remplit un septénaire. La mort dans l'enfance est exceptionnelle, mais la convalescence est souvent très longue, même dans les cas bénins; l'enfant reste fatigué et anémié, pendant plusieurs semaines.

Les infections secondaires sont à redouter en raison de la débilitation de l'organisme.

Des complications assez nombreuses peuvent se produire et prolonger la maladie. Ce sont surtout les otites suppurées, uni ou l)ilatérales, les ophtalmies purulentes, les pleurésies purulentes, la bronchopneumonie, la méningite et la néphi'ile.

Dès le début, l'enfant sera gardé à la chambre, afin de prévenir les complications pulmonaires.

Il n'existe pasde traitementspécilique de la grippt;: la médication est essentiellement symptomatique. On a cependant regardé le sull'at(! de quinine et l'a-

l'J8 MALADIIlS GKNÉHALKS INFECTIEL'SliS

coniL comme les médicamenls spéeifi(|iies de celle aflection. Dans les cas bénins, il suffil de donner un purgalif pour voir disparaître les accidenls en présence desquels on se trouve : anorexie, constipalion, courbature, lièvre légère.

Dans les cas plus intenses, on combattra les symptômes dominants. Si la fièvre est vive, on administrera de 23 à' 73 centigrammes de sulfate de quinine suivant l'âge, en 2 ou 3 prises, d'heure en heure, dans l'après-midi. Si la céphalalgie est tenace, on associerai la quinine l'antipyrine, à la dose de 20 centigrammes à 1 gramme. Contre les phénomènes gastriques, on donnera un purgatif assez énergique : calomel 10 à 20 centigrammes en 2 ou 3 cachets, pris à 3 minutes d'intervalle, ou bien un verre d'une solution de sulfate de magnésie ou de soude. On prescrira la dièle : le malade ne prendra que du lait, du bouillon et des grogs. On ne redoutera pas de faire prendre chaque jour iO ou 50 graiumes de cognac ou de rhum à l'enfant, surtout si l'on est en présence d'une adynamie très prononcée. Contre les vomissements incoei'cibles, Le Gendre a employé avec succès 2 à 10 gouttes de teinture d'iode dans de l'eau sucrée glacée. Dans ces circonstances, l'antipyrine et la quinine seront donnés en lavement. On pourrait, croyons-nous, combattre ces vomissements en pratiquant le lavage de l'estomac, qui réussit si bien dans d'autres états également infectieux.

On recommandera les lavages de la bouche et les gargarismes boriqués, surtout lorsque les amygdales sont hypertrophiées et le pharynx d'un rouge vif. La bronchile sera traitée par l'application de ventouses, de cataplasmes sinapisés, de coton iodé ou

(iUiriM': ou INFLUKNZA

par dos badigeonnagos de teiiiLure d'iode. On fera prendre des tisanes chaudes ou du lait cliàud, qu'on édulcorera avec des sirops conLenanI, de la codéine el de ralcoolalure d'aconit :

Trois cuillerées à dessert chaque jour dans du lait chaud.

Avant deux ans on supprimera le sirop de codéine, et la ([uantité d'alcoolalure d'aconit sera diminuée. On peut y associer le sirop de belladone.

Si la broncho-pneumonie vient compliquer cette maladie, il faudra la traiter par l'application de ventouses, de cataplasmes sinapisés et par l'administration de stimulants, comme l'alcool, les vins généreux et l'acétate d'ammoniaque. On peut prescrire les bains sinapisés, les bains à 20°, si la température devient excessive ; mais il faut se garder d'administrer des vomitifs, ou d'appliquer des vésicatoires. Si des complications méningitiques se produisent, on donnera le calomel à dose purgative. Les otites et les ophtalmies seront traitées par les lavages antiseptiques et la pleurésie purulente par l'empyème. Si le collapsus devient menaçant, on prescrira du café, du thé et des injections de caféine ou d'élher.

Pendant la convalescence, on stimulera les fonctions digestives avec des préparations amères; on snrveillera l'alimentation, on insistera sur le lait, le jus de viande; et, si l'anémie est très prononcée on s'adressera aux préparations martiales. L'enfant sera gardé à la chambre si le temps est froid ou lui-

Sirop de Tolu. . .

— codéine

loO grammes

;iO — XX gouttes 0 grammes

Ali-oolature d'aconit..

Eau de laurier-cei'ise.

200 MALADtILS CK.NKHALIÎS liNKECTIEUSIiS

iilide. Si l'enfaiil rosic (lél)iliLr loiif-Uiiniis encore après sa giiérison, il l'audra le déplacer, le changer d'air, l'emmener à la caiiipagne ou mieux encore à la mer, el ordonner uu trailemeul, liydrolliérapi«iue mélliodique.

Clioléra asîatîtiiie.

Entempsd'épidémie, le choléra peut frapper les enfants comme lesadulLes. Le nourrisson à la mamelle ne craint rien, mais celui qui est élevé au biberon peut absorber avec le lait le bacille virgule et contracter ainsi cette afiTection; après le premier âge, les causes de contamination sont les mêmes que pour l'adulte; mais la gravité de la maladie est plutôt moindre que chez ce dernier.

Chez les jeunes enfants avant deux ans, les signes caractéristiques de la maladie ne dilTèrent pas de ceux qui définissent l'infection gastro-intestinale aiguë, décrite sous le nom de choléra infantile : la présence ou l'absence du bacille virgule dans les selles permettra d'atlirmer le diagnostic. D'ailleurs la cause seule est variable dans ces deux maladies : les symptômes sont les mêmes et le traitement est identique. Chez l'enfant plus âgé, après deux ans, les signes du choléra sont analogues à ceux qu'on rencontre chez l'adulte, et le traitement est également le même. Comme chez l'adulte, la diarrhée et les vomissements sont les symptômes du début: ils peuvent durer (Quelques heures, ou persister trois à sept jours dans les cas graves; puis, surviennent les crampes, l'annrie et l'algidité cholérique, tandis «pie faciès prend un aspect caractéristique. La guérison est plus fréquente que chez l'adulte; mais.

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pciulanl la période de réacLion, il convient de siuveiUei- les accidents pseudo-méningiliques décrits par Mesaet, et le plus souvent mortels.

Le traitement devra être énergique dès le début : il faudra tout d'abord, en cas de vomissements, faire le lavage de l'estomac; ce lavage se pratique très facUement chez les enfants, même chez les nourrissons : on emploiera une solution alcaline ou simplement de l'eau bouillie. Souvent un seul lavage suffit pour faire cesser ces vomissements. Contre la diarrhée on administrera l'acide lactique à la dose de 5 à 10 grammes par jour; cet acide préconisé par M. Hayem chez l'adulte, trouve aussi son indication chez l'enfant. On pourra faire utilement de grands lavages de l'intestin avec de l'eau bouillie : leur but est de nettoyer le gros intestin et aussi de faire absorber par le rectum une certaine quantité d'eau qui calmera la soif et compensera dans une certaine mesure la déperdition aqueuse occasionnée par les selles abondantes. Ces lavages, d'après Lesage et Dauriac, pourraient même remonter jusque dans l'intestin grêle. Comme boisson, on donnera du thé léger, mais la diète hydrique devra être absolue. Le lait et le bouillon seront rigoureusement interdits : on pourra joindre à cette diète hydrique des grogs légers.

Au début, il est rationnel d'administrer le calomel à dose purgative : ce sel déblaiera l'intestin et agira comme antiseptique sur les microbes du choléra.

donlre Valgiàitè, on conseillera les enveloi)pements ouatés, la couveuse si l'eni'ant est très jeune, les bains tièdes à :58°, qui récliaulferont le petit malade, et exciteront sa sécrétion iirinaire.

Lorsque le faciès cholérique apparaît, lorsque le

pouls devient faible, misérable, il faut, sans hésiter, avoir recours aux injections intraveineuses de sérum artiliciel recomnu^ndées par le professeur Hayem. Ces injections sont faites dans les veines du pli du coude ou dans celles du pied. Dans les cas où il faut agir vite et dans ceux où l'on ne peut trouver une veine suffisamment grosse pour permettre l'introduction du trocart, on pratiquera l'injection de sérum artificiel dans la cavité péritonéale. Le sérum, employé dans la transfusion intraveineuse, a la composition suivante :

Sulfate de soude 10 grammes

Chlorure de sodium j;

Eau distillée et stérilisée 1 litre

On pourra injecter de oOO grammes à un litre eu une seule fois; on renouvellera ces injections plusieurs jours de suite, s'il est nécessaire.

Dans le péritoine on peut injecter un ou deux litres d'un sérum spécial bien différent du précédent : il faut, en effet, supprimer le sulfate de soude qui a une action très irritante sur le péritoine et produirait la mort (Hayem). Ce sérum aura donc la composition suivante :

Ciilorure de sodium 3 grammes

Eau distillée \ Ulve

Quand l'algidité est peu prononcée, et surtout quand on n'a pas la possibilité de pratiquer ces injections intraveineuses ou péritonéales, on peut les emplacer par des injections de sérum artificiel stérilisé, faites dans le tissu cellulaire sous-cutanée ou dans les masses musculaires. On peut introduire sous lapeau 50 grammes de liquide, en une journée, et eu trois fois. Ces injections sous-cutanées ont

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