‹ Thérapeutique infantileChapitre 24 sur 39 · RAGE · texte numérisé non relu

RAGE

non seulement la propriété de diluer le san^-, mais encore d'agir sur les neri's périphériques, de stimuler l'organisme et de faciliter l'élimination du poison cholérique (Thiercelin). Leur action diurétique est très évidente.

La prophylaxie du choléra se confond avec celle du choléra des adultes.

Rage.

Au moment oii un enfant a été mordu par un chien enragé ou suspect de la rage, il faut lui conseiller de pratiquer la succion de la région mordue, puis s'efforcer de faire saigner la plaie et la laver avec une solution antiseptique. Gela fait, on cautérisera immédiatement la morsure, soit avec de l'acide sulfurique, de l'acide nitrique, du beurre d'antimoine, soit avec le thermo-cautère.

Toutes ces précautions prises, il ne faut pas hésiter à conduire l'enfanta l'Institut Pasteur où il subira la vaccination antirabique.

Nous n'avons pas à rappeler dans ce chapitre la remarquable découverte de MM. Pasteur et Roux, ni à insister sur les résultats merveilleux qu'ils ont obtenus de l'expérimentation avant d'appliquer la méthode nouvelle à l'homme. Ce traitement antirabique nécessite une technique spéciale et des soins minutieux: il consiste dans l'injection, sous la peau, au niveau de la région de l'hypocondre, de dilutions de moelle de lapin rabique, ayant subi plus ou moins longtemps l'action de l'air sec; on commence par injecter les moelles les plus anciennes pour arriver graduellement aux moelles qui n'ont subi qu'un jour ou deux l'action atténuante de l'air sec.

204 MALADIES fJÉNÉKALES INFECTIEUSES

Plus la morsure est grave, plus le traileinenl doil être prolongé. Sa durée varie ainsi de 15 à 22 jours. L'uliliLé du trailenienl est démontrée par les résultats. La méthode est exempte de danger, ainsi que l'attestent des milliers de personnes qui ont subi la vaccination antirabique.

Avant la vaccination pastorienne, M. Leblanc mentionne que 16 0/0 des morsures étaient suivies de mort. . .

Du novembre 188o au 31 décembre 1888, grâce au vaccin pastorien, la mortalité n'a pas dépassé 10/0. Depuis, le chiffre de la mortalité s'est encore abaissé, Elle a été de 0.38 en 1889.0.32 en 1890.0.25 en 1891, 0.22 en 1892,0.36 en 1893,0.50 en 1894, 0.13 en 1895.

De 1887 à 1889, dans le département de la Seine, le très regretté Dujardin-Beaumetz a montré que la mortalité a été 11 fois plus grande chez lespersonnes qui n'ont pas suivi le traitement que chez celles qui s'y sont soumises.

En conséquence, lorsqu'un enfant a été mordu par un chien enragé, il ne faut pas hésiter à le soumettre au traitement pastorien.

Que l'on n'ait pas eu recours au traitement ou que le traitement ait été exceptionnellement impuissant à prévenir la rage, nous restons désarmés le jour où se révèlent les premiers symptômes de cetle cruelle maladie. Toutes les médications ont été employées sans le moindre résultat. Nous ne pouvons ([ue soulager nos malades, en prescrivant le chloral. en potions eten lavements, ou la morphine en potions eten injections sous-cutanées. Mais si nous réussissons à atlénuor leurs cruelles soiiITrances, nous n'avons aucune chance d'enrayer ou même de relarder l'évo- UUion de la lerriljle maladie.

TVFnUS EXANTllÉMAïIQUE

Xyplms exantUématique.

Celle afTection de naluve infectieuse, mais donl l9 germe patliogène n'est pas encore connu, est heureusement rare dans nos climats : depuis quelques années, elle sévit dans les grands centres d'une l'açon endémique, et elle peut frapper l'enfant aussi bien que l'adulte. Elle frappe tout d'abord les adultes ou les vieillards avant de s'attaquer aux enfants; ce sont, en effet, les vagabonds qui sont les premiers atteints et qui disséminent la maladie.

Au-dessous de 20 ans, elle est d'ailleurs beaucoup moins grave, puisque la mortalité est, d'après Thoinot :

Elle est caractérisée par une infection profonde, se traduisant par des éruptions diverses pétéchiales et même purpuriques, une lièvre très vive et des phénomènes typhiques très intenses; elle s'accompagne fréquemment de complications cardiaques, cérébrales, pulmonaires et rénales. La guérison est la règle cliez l'enfant, et survient après une convales- <"ence très rapide.

Le traitement ne pouvant s'attaquer à l'agent infectieux, encore inconnu, est essentiellement symptdmatique. On luliera contre chacun des symptômes prédominants cl contre chacune des complications qui pourraient a])paraitre.

. Les phénomènes typhiques seront traités par l'usage de l'alcool, des vins généreux, de l'acétate d'ammoniaque ; ol , quand la température menacera

TlIliltAPEUTlnUE IM ANTILE. — T. I. 12

lie 1 an à ii ans.

2Ur. MAI.AUIICS UKM';U.\Lt;S I.M-KCTIia'SES

de devenir Irop élevée, on aura recours aux bains froids, comme dans la doLhiénenlérie el les maladies infecùeuses en j^énéral ; les compUcaLions cardiaques seront combattues par la caféine, la digitale: la broncbo-pneumonie par les ventouses scarifiées. On cherchera aussi à éviter les infections secondaires, qui surviennent ordinairement dans la convalescence des fièvres graves, par des lavages antiseptiques de la gorge, du nez et du revêtement cutané.

Quant'au traitement prophylactique, il consistera dans la pratique de l'isolement et de la désinfection.

Page 1