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MALADIES DE LA NUTRITION

LympEtaliMine et Sei-ofiile.

liiilîesitious générales ilii Iraitciiicnl. — Nous réunissons dans un même chapitre le lympliaLismc et la scrofule, car ces deux termes répondent à la même maladie constitutionnelle. On peut objecter avec raison que le lympliatisnie n'est pas une maladie, mais une manière d'être de la constitution, une disposition héréditaire ; il n'en est pas moins avéré que le lymphatisme a sa physionomie propre, son individualité, et engendre des accidents cutanés et mu- (|ueux, qui définissent la scrofule. Oniuiit lymphatique et on devient facilement scrofuleux. Cet état lym[»hatique et ces manifestations de la scrofule ne sauraient être sé|)arés, car ils se com[)lèlent muluel- Iciiient. Et cependant, il est impossible de préciser ou finit le lympliatisme et oii commence la scrofule; nous avons d'un côté la disposition hérédilairc, la constitution lymphati(| ue , el d'un autre l'ôté, les accidents, les h'sions de la scrofule. Nous ue sommes arrêtés par aucune démarcation. Nous conservons ces dénominations, parce ([u'elles sont l'onsacrées par l'usage, i.orsque nous envisageons la scrofule de Ra/in, nous aboutissons ;ï cette conclusion qu(! le cadre de cette maladi(! constitutionnelle a été tro[) élargi. Les r(!mar(|uables travaux de Granrhcr et la (h'cou vei'te du bacilh; d(! Koch démontrent,

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jusqu'à l'évidence, que rensenihlc des ullcetious alli'ibuées à la scrol'iile relève de la tuberculose. Ainsi élaguée, la scrofule se trouve réduite à de simples proportions, et comprend, non en totalité, les deux premières périodes de la scrofule de Bazin. Nous avons donc à nous occuper du tempérament lymphatique et des affections du système tégumentaire qui lui restent subordonnées.

Le lymphatisme était i^egardé par Vidal comme un vice originel, imprimant son cachet spécial à toutes les aflfections qui se greflaienl sur lui : le vice originel, c'est le développement anormal du système lymphatique, c'est l'extrême impressionnabilité de ce système, se révélant par des lymphangites et des adénites; c'est la disposition aux processus ulcéreux, c'était la tendance aux suppurations abondantes et de longue durée. Le lymphatique a sa note caractéristique, avec des nuances variées; il s'impose à tout examen médical par le gonllement de sa lèvre supérieure, et parla conformation de son crâne, dont la partie postérieure est singulièrement développée, le front abaissé, les mâchoires larges et fortement accusées. Le visage est tantôt coloré, animé (beauté scrofuleuse), tantôt, et le plus souvent pâle, terne et mat; l'œil est vif ou morne, lan guissant. Les chairs, molles et flasques, accompagnent une véritable polysarcie, ou bien la peau blanche et rosée, terne ou brune, coïncide avec une maigreur exagérée. La chevelure elle-même peut être épaisse et luxuriante, ou rare et clairsemée. La température du corps est souvent et notablement abaissée, ainsi qu'en ténmignent les nuiins et les pieds froids, humides et violacés des lymphatiques. Kn un mot, la pliysionomie du lynqthatique varie

L>Mi'iJAïiSMi-: i:r bi.uui'ULic -UJ

à l'inlini, d'aulanl plus (luo sa ci-oissancc esl en travée dans son évolulion et qu'il existe un dél'aut iriuii-monie entre les ditlerentes parties du eorps. Dans tout, c'est un contraste frappant aussi bien au physique qu'au moral. Nous n'insisterons pas davantage.

En semblable occurrence, le médecin doit s elforcer de modifier la constitution lymphatique, ce terrain si favorable au bacille tuberculeux et si fertile en affections se localisant sur la peau et sur les muqueuses. Ces affections que Bazin a décrites avec un rare talent, peuvent être précoces et se montrer entre la première et la seconde dentition ou à une époque plus tardive.

L'éczéma et l'impétigo du cuir chevelu son t en général les premiers accidents de la scrofule primitive de Bazin et coexistent avec des engorgements gangbonnaires du cou, toujours sympathiques. A côté de ces affections cutanées superficielles ou scrofulides humides, se trouvent les scrofulides sèches, tels que l'éry- Ihème induré, le prurigo, le lichen polymorphe, etc. Les membranes muqueuses sont également susceplibles de subir un processus irritatif, inllammatoire, plus ou moins long et tenace, et appelant une médication spéciale. Nous signalerons le coryza, l'otori-hée, les blépharitcs, les ophtalmies, la stomatite, l'amygdalite hypertrophique, les bronchites répétées, lavulvite, la balanite, etc., etc.

Ainsi donc, le médecin doit se soucier de modifier, de fortifier une constitution lymphatique aussitôt f[u'il la reconnaît. Le lynqihatisme peut être soupçonné dès la naissance par la santé antérieure des parents, ou par ses premières nuinifeslations. L'allaitement constitue alors la principale préoccupa-

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(ioii (lu médecin. Il faul iiisislcr sur l'ullaileiucMil au st'iu el choisir une nourrice parlai lenienl saine. eKcmple de toute tare; il importe de surveiller i-igoureusement un semblable allaitement. A défaut de l'allaitement par le sein, il convient d'exiger l'allaitement avec un lait provenant d'une vache préalablement soumise à l'action de la tuberculine ou avec le lait stérilisé, afin de ne pas exposer un semblable enfant à contracter une tuberculose. Je n'insiste pas, car cette pratique est aujourd'hui admise par tout le monde. En outre, il importe de supprimer toutes les causes qui sont susceptibles de favoriser la production de la scrofule et d'appliquer iivec intelligence les lois de l'hygiène la plus élémentaire ; il faudra s'efforcer d'installer les enfants dans une chambre vaste, exposée au midi et suffisamment aérée ; il faudra veiller à ce que l'air soit pur et renouvelé souvent ; il faudra surveiller leur sevrage et ultérieurement exiger que leur nourriture soit toujours de bonne qualité. Ce traitement préservatif, lorsqu'il pourra être appliqué de bonne Iieure, est sans conteste la meilleure thérapeutique à opposer au lymphatisme et à ses manifestations. Au fur et à mesure que l'enfant lymphatique croît et se développe, les mêmes préoccupations s'imposent au médecin traitant ; rien n'est à négliger chezun lymphatique, ni son alimentation, ni son hygiène individuelle. Ne nous dissimulons pas que le lymphatisme peut se révéler à la suite d'une alimentation insufTisante, défectueuse, ou comme la conséquence d'une hygiène déplorabl(>.

Imi tlièse générale, presque absolue, il faul altendro que les enfants aient deux ans pour leur permcltre démanger de la viand(\ Plus tard, lors-

LViMI'IIATISMK KT SCKOKULE

qu'ils s'accusenl l\ nipliali([U('s, il l'aul, leur donner du paiu, plulùl ouil, des reufs, du ijoisson, de la viaude, du J)cuiTe, des fi,i'aisses de volaille, de la cliai'culerie, du fromage, des pommes de terre, des haricots, des pois, des lentilles, des confitures, etc., Comme on le voit, les amylacés, les aliments riches en albumine, les graisses et le sel doivent entrer dans l'alimentation journalière des enfants lymphatiques : leurs repas seront réglés et répétés, car les repas trop copieux engendreraient des accidents de rachitisme. 11 ne faut prescrire l'huile de foie de morue, les sirops amers, iodés, ferrugineux, et les préparations phosphatées, notamment le phosphate de chaux, que lorsque la croissance devient exagérée.

L'hygiène individuelle des lymphatiques implique le choix des vêtements de laine et de coton, et, ainsi ijue nous le disions plus haut, commande de les faire séjourner dans des chambres vastes, aérées et où [)énètrent la lumière et le soleil. Autant que possible, il faut rechercher l'air marin (Présailles, Sables d'Olonne, Royan, Arcachon, Biarritz, Saint- Jean-de-Luz, Menton, etc.) ou l'air de la montagne; mais tous les tempéraments lymphatiques ne sont pas également aptes à subir l'influence de l'air marin; les nerveux notamment préfèrent l'air vif des montagnes ou l'air marin sur une plage du Midi.

Les tempéramenls lymphatiques à allure torpide, au contraire, seront avantageusement inllueucés par un séjour prolongé au bord de la mer, de préférence sur une plage du Nord. Les baius de mer froids ou chauds leur conviennent également, tout eu tenant compte de la susceptibilité individuelle. Cette action salutaire de la mer est universellement admise. Au

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récoiiL couHTès de BouIo^'k', M- Calol la proclame souveraine pour assurer le Iraitemenl propliylaclique de la lulierculose cliez un sujet prédisposé. Néanmoins le traitement du lympliatisme et de la scrofule par un séjour prolongé au Jjord de la mer comporte une surveillance médicale et reste subordonné à unensemble déconsidérations individuelles. Les frictions stimulantes, l'hydrothérapie, ne sauraient être délaissées, car ces pratiques appartiennent à l'hygiène générale de toutes les constitutions débilitées. Nous avons exposé succinctement la conduite qu'il importe d'adopter, lorsque nous nous trouvons en présence d'une constitution lymphatique, indemne de toutes ces aflections cutanées et muqueuses qui révèlent la scrofule. En présence de ces accidents, notre thérapeutique doit être palliative ou curative et comporter une double médication externe et interne, que nous associerons le plus souvent à un traitement hydrominéral.

Avant d'aborder le traitement des affections scrofuleuses, nous devons nous demander, avec Bazin, si la thérapeutique dispose d'une médication .spécili([ue. Or le lympliatisme et la scrofule n'ont pas de remède spécihque. Les considérations générales dans (esquelles nous sommes entré le démontrent surabondamment. Et cependant un grand nombre d'agents ont été prônés comme spéciOques de la scrofule. Nous signalerons l'iode, si vanté par Lugol; les plantes aniiscorbutiques, le soufre, si recommandé par Bordeu (eaux sulfureuses de Barèges); le mercure, à une époque où on confondait la scrofule avec la syphilis; l'or, que préconisaient les médecins de Montpellier; le carbonate de potasse, les préparalions alcalines, le nuiriate de baryle, surtout employé

TlîAn'RME:NT DKS SCKOKULIDES CUTANÉES 213

(Ml Allemagno, l'iiuilo de foie de morue, le fer, l;i ciguë, l'eau de mer, etc., etc.

Quoi qu'il en soil, nous insisterons sur la valeur de ces agents, de ces médications diverses, en passant en revue les scrofulides cutanées et muqueuses ([uenous rencontrons aux divers âges.

Traitemcnl des scrofulides eulaiiécs. — Les scrofulides cutanées ont été divisées par Bazin en scrofulides superficielles, primitives ou bénignes, et en scrofulides profondes, secondaires ou malignes. Nous ne nous occupei'ons que des premières, car les scrofulides malignes (lupus) appartiennent aux tuberculoses locales.

Les scrofulides cutanées superficielles sont, le plus souvent, bénignes; elles persistent plus ou moins longtemps, sont sujettes à se répéter, peuvent aussi guérir rapidement, mais sont susceptibles de laisser des traces indélébiles de leur existence. Ces scrofulides cutanées sont érylliémateusesfengelure permanente, érythème induré, couperose scrofuleuse), boutonneuses (prurigo, strophulus, lichen, érythème papuleux, différentes formes de l'acné), exsudatives (eczémas impétigneux ou gourmes, scrofulide sébacée ou acné sebacea des auteurs). Toutes ces scrofulides comportent un traitement interne et un trailement externe. Si l'attention du médecin est particulièrement appelée sur ces diverses afTections, si sa tliérapeutif[ue est surtout locale, il ne doit jamais négliger le terrain spécial sur lequel elles évoluent.

Dès les premiers temps, l'or, le mercure, le soufre 1 antimoine, le fer, furent très employés dans le traitement général de la scrofule. Bazin préconisait le fi'r et l'iode, qu'il r(!gardait comme les meilleurs agents capables de giuM'ir ces aU'ectious et tie préve-

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iiii- leurs complicalioiis. Ces iiiédicainents doivoni ('■Ire dissous dans des sirops, pour pouvoir être adminislrés aux petits enfants. Le sirop anliscorbulique, dont les propriétés antiscrofuleuses paraissent tenir à l'iode que reiirernient les végétaux avec lesquels on le compose, le sirop de raifort iodé et le sirop d'iodure de fer, constituent les meilleures préparations sirupeuses dont nous disposions; elles se prescrivent à la dose de 15 à GO grammes par jour, suivant l'âge des malades. Les préparations phosphatées, simples ou associées à l'iode, sont également excellentes. La solution minérale iodopliosphatée et les sirops de lacto-phosphate de chaux du Codex sont très avantageusement prescrits dans les mêmes conditions. Tous ces sirops, notamment le sirop d'iodure de fer, constituent la médication interne de choix.

Quant à l'huile de foie de morue, elle convient moins au tempérament lymphatique et à ses manifestations dites scrofuleuses, qu'aux accidents graves décrits autrefois sous les dénominations de scrofulides malignes, de scrofulomes tuberculeux, de scrofulo-tuberculose ; néanmoins, elle ne saurait être délaissée.

On prescrira, comme boissons, les tisanes amères de houblon, de gentiane, de fumelerre, de pensée sauvage, les infusions avec la feuille de noyer, la garance, la scrofulaire aquatique, le gland de chêne, ou bien les eaux sulfureuses d'Enghien ou de Bonnes etc. Tous les cinci ou six jours, il est utile d'administrer un légei- laxatif, l'huile de ricin, la manne, l'eau de Sedlit/,, par exemple.

Ce traitement général marchera de pair avec un traitement local rationnel, car les craintes d'une

TKAITKMKNT UKS SCIÎOKULlItKS CUTA.NÉKS

ré|iercussion ceiilralc se soiil siiij'uliôi'enieiil. moditiéos avec le temps. Nous n'ignorons pas, en onlt-e, que les scrofulides sonl quelquefois d'une tenacilT' désespérante. Le traitemeul local ou externe se trouve décrit dans tous les traités de dermatologie, chaque atlection ayant ses indications propres. Les applications topiques varient, en elTet, suivant que nous sommes aux prises avec une afl'ection sécrétante ou sèche, aiguë ou ciironique. Si l'irritation locale est vive, nous devons prescrire les émoUients, les résolutifs et plusspécialement les lotions douces avec des décoctions émollientes ou légèrement styptiques ou antiseptiques : telles sont les décoctions de graines de lin, de pavot, de guimauve, d'orge et de miel, seules ou additionnées de lait. Si l'inflammalion locale est moins vive, nous préférerons une solution peu astringente et nous emploierons les mêmes décoctions, mais additionnées de miel rosat ou d'une infusion de cerfeuil, d'aigremoine, de racine de historié. Aujourd'hui nous employons communémeni les solutions alcalines de hicarbonate de soude, les .solutions faibles d'acide borique à 2 et 3 0/0, et nous pratiquons les lotions avec de la ouate hydrophile stérilisée. Tous les jours, tous les deux jours, on donnera un bain de son, un bain d'amidon oude gélatine, il la condition qu'ils soient bien supportés. En outre, les parties afTectées seront essuyées avec douceur et saupoudrées avec de la fécule de pomme de terre, avec de la poudre d'amidon, avec de la farine de riz ou avec de la poudre de talc. Si l'éruption, quelhî qu'elle soit, s'accompagne de croûtes, de placards croùteux, on doit s'etl'orcer de les détacher au préalable à l'aide de cataplasmes d(^ fécule de pomme de terre, de fécub! d'amidon, ou enudoptant

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l'appUcalioa Je la Utile de (•aoulchouc vulcanisr.

Lorsque l'iatlammalion est calmée, Bazin recommande l'emploi de l'huile de cade, qu'il rej^ardail comme le modificateur par excellence de toutes les éruptions scrofuleuses. L'huile de cade pure et vrair' (oleum a Junipero)est d'une couleur brunrougeâlre, d'une odeur pénétrante; elle doit être employée absolument pure contre les scrofulides, à l'aide d'un pinceau. Les scrofulides boutonneuses, les gourmes chroniques, nécessitent même des frictions avec l'huile de cade. Si l'éruption siège sur une région velue, il ne fautpas hésiter à faire couper les cheveux avant d'appliquer le topique, surtout si le sujet est âgé de moins de quinze ans. Bien plus, dans cette variété de scrofulide exsudative, l'acné sébacée du cuir chevelu, il est plus prudent de raser la lète. Lorsque toute sécrétion, toute trace de rougeur ont disparu, on devra cesser les applications d'huile dn cade, et les remplacer, dans les cas d'eczéma ou d'eczéma impétigineux du cuir chevelu, par les onctions avec les pommades decalomel,de calamine, d'oxyde de zinc, d'acide borique, d'acide salicyliquc. de dermatol, d'alumnol, de résorcine, et, dans les cas d'acné sébacée, par les lotions de glycérine ouïes glycérolés d'ammoniaque, de carbonate ou de chlorate de soude. On peut remplacer les bains d'amidon de gélatine, par les bains gélatino-sulfureux, les bains d'eaux sulfureuses ou artillcielles mitigées d'abord, pures ensuite. Les scrofulides exsudatives, siégeant sur le tronc et les membres, seront traitées de la mômemanière. Les alïections papulcuses aiguës sont modiliées avaulageusement avec les bains émtillients et gélatineux, et ultérieurement avec les frictions cadiques, les bains sulfureux, alcalins, les bains

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