RÉFLEXIONS SDR CETTE PREMIÈRE PARTIE
connaissent par l’aspect de la langue et d’autres signes l’état des organes cachés ; ils ont des ressources que vous ignorez; et s’ils se trompent parfois, ils rectifient bientôt l’hygiène du malade, ce que vous ne pourrez toujours faire avec le même succès. Cependant vous les dépasserez dans ces connaissances quand vous aurez produit des accès de somnambulisme. Dans ce cas, les médecins ont trouvé leur maître, car le somnambule sait parfaitement ce qui lui convient. Vous aurez donc à faire votre apprentissage ; vous vous garerez de t'enthousiasme à la vue de vos premiers succès, car l’enthousiasme ordinairement remplit d’illusions. Cependant l’enthousiasme est nécessaire en magnétisme, il échauffe l’esprit et développe les forces; mais il a son côté défavorable : en exaltant la puissance, il la dissémine; elle s’évanouit bientôt. Distraite de son cours naturel de circulation, elle forme une atmo- • sphère considérable autour du corps et échappe ainsi à toute direction. Il est rare que l’entraînement qu’éprouve l’esprit lorsqu’il aperçoit les effets du pouvoir immense que nous a départi la nature reste dans ses limites ordinaires. Ce brusque éveil des sentiments agit sur lui plus puissamment que l’amour ; il est d’un autre genre, il fait naître en nous des convoitises qui n’empruntent rien à la chair. Nous voulons connaître ce qui s’est révélé à nos sens; il est donc une initiation. Vous éprouverez dans cette occurrence ce que nous avons éprouvé nous-même, nul n’y échappera, excepté ces êtres incomplets, semblables h la brute, qui vivent sans sentir : on sent qu’on s’est
élevé dans une région inconnue. Ce que je vous signale peut devenir un écueil ; on perd de vue son point de départ, et quelquefois même on ne veut plus y revenir. On devient spiritualiste, on court devant soi cherchant cet inconnu qui se laisse voir un instant et fuit en vous laissant l’espoir. Toute vérité n’est utile que lorsqu’elle réalise un bien. Servez-vous du magnétisme pour soulager les misères humaines, et, au lieu de vous mirer dans cette eau, donnez-en à boire à ceux qui sont altérés; là est l’utilité de la découverte. Ne pas faire usage de ce présent du ciel, c’est manquer de charité envers son semblable, c’est quitter le connu, le positif pour courir après des satisfactions qui ne peuvent jamais être complètes. Ce que je dis ici, c’est pour vous rappeler à la thérapeutique, objet de ce livre et de mes observations.
Ne vous effrayez point des difficultés de cette pratique nouvelle. Il n’est aucun art qui ne se présente d’abord à l’esprit comme difficile à acquérir; mais l’intelligence et la persévérance assurent le succès de toute entreprise. N’avez-’ vous pas autour de vous ce qui doit stimuler votre zèle? Nul n’est sans amis ni sans affection, et il est bien rare que la souffrance ne soit pas la compagne obligée de la vie. Si vous êtes sensible aux douleurs d’autrui, devenez le médecin de celui que vous aimez. Faites plus encore, payez votre dette à l'humanité ; faites aux autres ce que vous vou driez que l’on vous fît, car la maladie viendra un jour vous assaillir; et si vous n’avez point pratiqué l’art que je vous enseigne, on sera en droit de vous en refuser les bienfaits.