FIÈVRES
Je commence par un des dérangements de la santé les plus fréquents, dérangement dont les degrés sont saisissables, et qui parfois produit les désordres les plus graves, je veux parler des fièvres en général dont je donnerai tout à l’heure une nomenclature officielle.
Il est certain pour nous que le magnétisme, dans une infinité de cas, provoque l'éclosion de la fièvre lors même que l’on magnétise des gens à l’état froid, c’est-a-dire bien portants. Si nous avons bien observé, il résulterait de ce fait une explication toute nouvelle de l’état fébrile, et pour les magnétistes cette explication serait une lumière pour l’application de leur agent aux affections où la fièvre se montre, quel qu’en soit le caractère ; mais ce que nous pourrions ajouter serait une anticipation sur le traitement. Parlons d’abord des données que possède la science sur la cause des fièvres et leur traitement.
Les mots fièvres (fervere, bouillir), pyrexie (mjp, feu), ou état fébrile servent à désigner un état morbide, constitué spécialement par une chaleur contre nature de la peau, par l’accélération du pouls et par des troubles divers de plusieurs fonctions.
Si vous ne voulez pas vous contenter de cette simple explication du mot, il faut entrer dans le domaine de la médecine classique et consentir à perdre son temps dans de vaines définitions accumulées par milliers, car chaque médecin a la sienne propre et bien plus exacte que celle de son confrère. Si nous voulions seulement constater la variété infinie qu’offre dans ses symptômes et dans ses allures ce qu’on appelle la fièvre, il faudrait agrandir démesurément notre cadre. Mais, laissant de côté pour un instant celles des fièvres qui sont graves et meurtrières, et ne nous occupant seulement que de ce qu’on constate chaque jour sur soi-même ou sur d’autres, -on verra que chacun a eu la fièvre en partage. Elle survient dans la pousse des dents, dans les moindres incommodités compagnes de l’enfance ; elle existe quand on se forme ou se déforme, quand on a faim ou trop mangé, quand on joue ou qu’on discute et surtout dans les feux de l’amour. Elle existe lorsque le pouls monte et qu’il y a chaleur, et souvent même sans être générale, certaines régions, certains organes peuvent en faire constater l’existence en nous. On voit de suite combien il est difficile de les diviser et de leur donner un caractère propre à chacune d’elles. Il en est de bénignes, de nécessaires au développement, et dont le
principe peut être méconnu. Il en est d’éphémères qui viennent, on ne sait comment, d’autres qui sont engendrées par le voisinage des lieux habités, par la température, par le trop d’électricité, par la bile, les nerfs, par tant de causes diverses enfin, qu’on serait impuissant à en faire la nomenclature : aussi s’occupe-t-on peu de trouver les causes. On constate l’état fébrile et on tâche d’v trouver un remède.
Tant que la fièvre ne prend pas un caractère d’exacerbation, que la chaleur est modérée, quoique grande pourtant, qu’elle a succédé au frisson et qu’elle est suivie de sueurs, on ne se montre point alarmé ; mais lorsque la chaleur devient intense dans certaines régions, lorsqu’un brasier ardent semble s’être allumé en nous, lorsque des vomissements et le délire apparaissent, quand la peau du ventre devient douloureuse et qu’enfin la maison semble brûler, le médecin perd alors son latin, il est débordé , il ne sait plus comment agir, il craint, il s’inquiète, car les désordres les plus graves peuvent se produire en quelques heures, et dans tous les cas même la vie est menacée. Qu’a-t-il à son service pour pourvoir aux besoins du moment? Nous allons le faire connaître.
Prenons par exemple la fièvre typhoïde, connue anciennement sous les noms divers de fièvre pestilente, maligne,
putride, bilieuse, muqueuse, ataxique, adynamique, etc
Cette fièvre débute ordinairement sans symptômes précurseurs, au milieu d’une santé parfaite. On éprouve seulement, au moment de l’invasion, des douleurs de tête plus
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ou moins vives, des saignements de nez; on sent ses forces chanceler. Voici le médecin et sa méthode, car ici encore chacun a la sienne : les uns saignent à outrance, d’autres purgent abondamment, d’autres encore prescrivent une médication tonique et stimulante, puis enfin il y en a qui font de la médecine expectante, rationnelle, etc....
Malades, vous avez donc les saignées coup sur coup de M. Bouillaud qui va, lui, jusqu’à cinq ou six saignées de trois à quatre palettes, — c’est une méthode que nous ne voulons point juger ni analyser, tant elle nous glace d’effroi. Aimez-vous mieux les purgatifs, l’usage répété des émétiques, ou bien le quinquina en teinture vineuse ou en infusion, ou bien encore la liqueur d’Hoffmann, l’acétate d’ammoniaque, les frictions camphrées sur tout le corps, les sinapismes et les vésicatoires? Non, vous aimerez mieux, médecin pour médecin, celui qui a' recours au vin
de Madère, de Malaga, d’Alicante, de Bordeaux, etc
Cela ne vaut pas mieux, mais au goût est meilleur. Dans tous les cas, le sulfate de quinine a la préférence. On donne encore les acides en boisson lorsque la bouche est sèche, la soif vive.
Mais je m’aperçois que je me laisse entraîner moi-même dans cet amas d’incohérences scientifiques, où chaque médecin voit sa raison l’abandonner lorsqu’il s’agit de choisir un remède. On reste confondu de tgnt d’impuissance, et l’on se demande si vraiment la médecine est une science. Ah ! qu’on ne m’accuse pas de faire un crime aux médecins de leur peu de certitude, tout est si varié
dans nos maladies et souvent si compliqué qu’il faut être devin pour se tirer d’affaire.
Voyons donc si le magnétisme peut jeter quelque lumière sur ces obscurités, et si ses propriétés curatives peuvent exercer une heureuse influence dans le traitement des fièvres.
Je vais parler, non pas comme médecin, mais comme magnétiseur. Abandonnant tous les remèdes matériels, sans en contester la puissance dans certains cas, je me fais cette question : puis-je faire cesser l’état fébrile d’un malade par le seul effet de mon action magnétique et rétablir l’équilibre là où il y a mouvement désordonné? Cette question serait bientôt résolue si toutes les fièvres étaient simples. Mais souvent elles résultent d’un trouble profond des humeurs, et sont le produit de levains empestés qui fermentent en nous et que la nature ne sait comment extraire.
Un médecin prudent et qui ne veut pas faire courir le risque de la vie à son malade attend que la maladie se montre sous une forme très-saisissable. Jusque-là il se borne à prescrire au malade des boissons tantôt légèrement acides, tempérantes ou adoucissantes. Un médecin sage sait encore que dans les fièvres d’un mauvais caractère on guérit tout autant de malades, si ce n’est plus, en les abandonnant complètement à la nature et ne donnant pour toute boisson que de l’eau claire. Si le médecin sort de ce régime en présence de la gravité du mal, c’est pour employer seulement les cataplasmes, les sinapismes et les compresses d’eau froide.
Je suppose maintenant qu’un magnétiseur se trouve en présence de telles éventualités, que devrait-il faire?
S’il connaît les propriétés de l’agent magnétique, il n’hésitera pas à développer la fièvre ni à développer les symptômes qui semblent se faire attendre. Il ne s’alarmera donc point de l’augmentation de la chaleur, du développement du pouls, car il saura que tous ces phénomènes perdront tout à l’heure de leur intensité et que le calme reviendra. Son action devra être dirigée sur les intestins, en partant du creux de l’estomac jusqu’au bassin. Il devra tâcher de déterminer des mouvements d’intestins et des coliques. Qu’il ne s’effraye pas davantage de l’apparition de douleurs nouvelles , elles seront le résultat forcé des efforts qui se feront pour la guérison.
Qu’il magnétise avec les doigts en pointe, et à petite distance pourtant, plutôt qu’avec la main appliquée topi— quement, car ce dernier procédé, très-bon d’ailleurs pour des maux locaux ordinairement indolents, est quelquefois trop actif dans les affections aiguës : ceci semble en contradiction avec ce que j’ai dit ailleurs; mais ce que j’ai dit précédemment se rapportait spécialement aux affections chroniques. Dans le cas qui nous occupe, il ne faut point chercher à influencer plutôt un organe qu’un autre, et il faut attendre pour cela que les humeurs se soient fixées dans une région ou un organe. Touslesprocédés qui peuvent déloger l’ennemi sont alors très-bons; mais jusque-là il fautse borner à un état magnétique général en laissant à la nature le soin de choisir l’émonctoire qui doit servir de voie d’expulsion.
Secondez les sécrétions quelles qu’elles soient; si vous y avez aidé en quelque manière, le malade sera sauvé : la nature secourue trouvera sa voie. Abandonnée à ellemême, son travail aurait pu cesser ; soutenue par le magnétisme, elle le conduira à bien.
11 ne faut point se borner à une seule application du magnétisme dans un jour, mais les multiplier et les terminer par une sorte de massage doux, pratiqué jusqu’aux extrémités inférieures. Ceci non-seulement soulage le malade immédiatement, détruit la dureté du pouls, et porte aussi à la transpiration et au repos. Ainsi, ont échappé à la mort des gens qui ne se croyaient point en danger et qui présentaient les symptômes des fièvres pernicieuses. Le magnétiseur même n’en soupçonna pas souvent la gravité, et la rapidité de la guérison ne servait qu’à le confirmer dans cette pensée, qu’il avait eu simplement à faire à une fièvre ordinaire. Mais il est démontré pour moi que, dans ces maladies qui débutent avec des symptômes alarmants, on change à l’instant leur allure et leur aspect, souvent par une seule magnétisation. Que se passe-t-il alors? nul ne le sait, mais la maladie s’est arrêtée.
Il est naturel de conclure que plus on attend pour donner ses soins à un malade, plus le mal s’enracine et devient meurtrier ; le sang peut se corrompre, les tissus s’altérer ainsi que nous le voyons lorsque les cantharides ou la moutarde séjournent quelques heures sur nos tissus externes. L’àcreté des humeurs, leur causticité peut, à l’intérieur, déterminer les mêmes phénomènes de brûlure et d’érosion,
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et, comme un mal en appelle un autre, l’inflammation viendra, des sérosités de diverse nature apporteront leur concours à l’œuvre de destruction, et le médecin alors ne pourra plus rien ; lemagnétiste lui-même n’aura plus qu’une faible chance, celle d’arriver à localiser le mal et n déterger les tissus ou la partie souffrante des humeurs qui s’y sont accumulées: lorsque la gangrène a pénétré dans les chairs, qu’elle en a détruit la contexture, toute action magnétique est superflue, si ce n’est pour faire vivre un peu plus le malade et lui donner une force artificielle qui peut l’empêcher jusqu’au dernier moment de voir sa situation réelle.
Lorsque la nature est parvenue à surmonter le mal, soit avec le concours des remèdes, soit abandonnée à ellemême, fe convalescence est toujours très-longue, et souvent il reste en nous de nouveaux germes de maladie : le magnétisme a cette propriété singulière, c’est qu’il abrège considérablement le temps de la convalescence et qu’il purifie entièrement les organes.
Un magnétiseur doit, dans tous les cas, essayer la puissance de son remède. Il est toujours certain de venir en aide aux forces médicatrices et de faire du bien, mais trop de responsabilité lui incomberait s’il se privait du concours du médecin ; l'état des croyances ne le permet point encore ; on l’accuserait d’avoir laissé périr son malade « que des médicaments , ne manquerait-on pas de dire , auraient peut-être sauvé, * et cette accusation, probablement toute gratuite, l’exposerait soit à des critiques soit à des réprobations injustes.
J’ai borné volontairement la description des symptômes de la fièvre typhoïde, car ils sont généralement incertains et souvent trompeurs. Il y a une foule d’indications que la nature fournit au médecin : l’état du pouls, la physionomie, l’aspect général ; mais tout ceci ne s’apprend qu’avec de longues études. Les ma gnétiseurs perdent donc beaucoup de n’être pas médecins, ils ne guériraient pas mieux l’étant, mais ils apprécieraient avec infiniment plus de justesse la gravité ou la bénignité du mal. Dans cette situation, tout magnétiseur qui se trouvera en présence d’une fièvre s’annonçant par des douleurs de tâte assez violentes, par la rougeur de la face et le brillant des yeux, une fatigue inaccoutumée et accompagnée de sécheresse de la langue, ne doit pas attendre d’autres symptômes pour appliquer le magnétisme. S’il s’est trompé sur la gravité du mal, le malade lui devra toujours un grand adoucissement à son accablement, un prompt retour à la santé; si, au contraire, il a bien vu, bien jugé, il aura prévenu la maladie, dérangé la circulation des matériaux qui tout à l’heure devaient jouer un rôle dans l’organisme, donné une direction naturelle au fluide et augmenté les forces médicatrices. Devenu ainsi maître du terrain, il guérira son malade sans avoir besoin de recourir aux médicaments énergiques. De légères boissons, s’il est parvenu à produire des garderobes, devront suffire ; dans le cas contraire, des purgatifs seront nécessaires et son maladeen devinera l’opportunité.
Je n’ai envisagé qu’une des faces de l’état fébrile, celh qui offre le plus de danger, à cause des complications
instantanées qui peuvent survenir. Je vais parler maintenant des fièvres intermittentes, et celles-ci seront un jour le triomphe du magnétisme, car d’un assez grand nombre que j'ai traitées je n’en ai vu aucune longtemps rebelle au traitement magnétique, tandis que tous les remèdes avaient échoué.
Lorsque le temps sera venu où le magnétisme sera entré dans le domaine de la médecine officielle, tous les traités de médecine renfermeront des indications, non-seulement générales sur le parti qu’on peut tirer du magnétisme comme moyen de guérir, mais sur le rôle particulier qu’il joue dans chacune des affections.
Il est certain pour moi aujourd’hui que dans presque toutes les fièvres le magnétisme dispensera de la quinine, car il relève les forces sans fatiguer l’estomac. Dans les fièvres intermittentes surtout, appliqué entre deux accès, il provoque l’apparition de la fièvre, et par conséquent dérange la marche accoutumée des accès. C’est ainsi que des fièvres d’Afrique, qui avaient pendant plusieurs années résisté à tous Içs traitements, ont été guéries à la suite de quelques applications magnétiques; des fièvres du Berry l’ont été de même. Le magnétisme sera donc l’antidote de la fièvre et nous allons indiquer comment on doit l’appliquer et quels sont les phénomènes que son action détermine.
fout est intermittent dans la vie d’un être humain ; tout varie chez lui d’un instant à l'autre, ses forces physiques comme ses forces morales: il ne peut donc répondre
du lendemain. Ses digestions, ses sécrétions ne sont jamais identiques et elles offrent matière à des observations sans fin. 11 suffit d’un mot ou d’une pensée pour tout troubler dans sa nature; enfin tout est intermittence.
Lorsque des matériaux d’irritation entrent dans l’organisme par l’absorption ou y sont retenus par défaut d’écoulement, la fièvre commence, non pas qu’il y ait toujours inflammation ou phlogose, comme disent les médecins, mais il y a trouble.
Si celui-ci est léger, on n’y fait aucune attention parce que ce trouble est presque permanent et la suite inévitable des impressions produites sur le système nerveux en raison de sa sensibilité.
On a prétendu par des remèdes corriger ce résultat de notre propre essence, et cette erreur n’est venue que parce qu’on avait méconnu les lois de la vie.
Mais, sans vouloir entrer dans le domaine de la physiologie et nous bornant au sujet que nous traitons, nous dirons que, grâce au magnétisme, à cet agent béni, nous pourvoyons au défaut de la science médicale et nous savons, lorsque l’aiguille aimantée a subi une altération et qu’elle ne trouve plus son pôle, nous savons la rétablir dans son état primitif et lui faire reprendre sa direction normale.
Le magnétisme, par les courants qu’il détermine, en augmentant les forces médicatrices, chasse, enlève tout ce qui est léger ou superflu et rétablit bientôt cette sorte d’équilibre d’un moment qu’on appelle la santé.
Mais lorsque la fièvre s’est établie, que pendant quelque
temps elle a régné en maîtresse, le calme ne revient point en un instant. Le tumulte de la circulation, les longues vibrations des nerfs ont dilaté et resserré alternativement les tissus ; les sécrétions ont été activées ou ralenties, et le corps n’est plus le même, quoi qu’il le paraisse.
Lorsqu’un accès a cessé, il reste de la courbature, de la nonchalance, les malades sont pris de bâillements et d’envie de dormir, et ces symptômes sont justement les mêmes que ceux que produit le magnétisme lorsque son action commence ; souvent la fièvre elle-même les offre à son début. Retenez donc bien ce que nous avons dit : le magnétisme n’est point un médicament matériel seulement, il n’agit pas comme la quinine, il s’assimile de lui-même aux forces existantes et va ainsi frapper aux centres nerveux, qui le reçoivent et le font circuler.
Il lave les impuretés du vase humain, tandis que tous les médicaments y laissent quelquefois des traces ineffaçables : il n’est pas rare de voir des malades magnétisés exhaler, par la transpiration et par les voies respiratoires, des senteurs qui par leur force rappellent les médicaments odorants comme l’opium, le musc, le camphre dont ils avaient fait usage dans le temps.
Le magnétisme produisant une sorte de fièvre intermittente dans les affections chroniques, nous fournit une précieuse indication. Il semble démontrer que la nature a besoin de ces oscillations et que, loin d’agir selon les convenances de notre raison, qui cherche une sorte de régularité en tout, la nature s’arrête pour reprendre : c’est ici
DES MALADIES BT DE LEUR TRAITEMENT. 191 que l’étude est bien nécessaire pour se rendre compte de ses divines opérations, et pour ne pas la contrarier dans ses ouvrages, mais la seconder seulement.
Traitement. Différant des médecins d’école, vous n’avez pas besoin de connaître exactement le caractère de la fièvre : qu’elle soit éphémère, miliaire, rhumatismale, quotidienne, tierce, quarte, rémittente, etc... qu’importe?
Vous n’avez pas besoin non plus de donner des drogues ni d’en calculer l'action, l’agent magnétique est une puissance bien autrement curative, dont l’effet dans les fièvres ne se fait point attendre; la seule précaution que vous ayez à prendre, c’est de magnétiser votre malade dans les intermittences de la fièvre, lorsqu’il est calme et tranquille.
11 faut que vous surexcitiez la sensibilité, que vous produisiez l’élévation du pouls et l’augmentation de la chaleur. Loin d’être surpris par le dérangement que vous aurez provoqué, soyez-en au contraire joyeux. Cette crise artificielle va déranger à coup sûr la marche anormale qui s’était établie, faire voyager les matériaux de la fièvre qui paraissaient en repos, mais qui ne s’en préparaient pas moins chimiquement cependant à jouer leur rôle d’excitant.
Si vous arrivez jusqu’à produire de la transpiration ou des garde-robes, vous pouvez annoncer hardiment que l’accès attendu ne viendra pas dans son temps ordinaire , mais plus tard seulement. Et si, répétant l’application de vos procédés le lendemain à l’heure où vous aviez opéré
la veille, vous obtenez encore un dérangement quel qu’il soit, vous êtes maître absolu de la maladie, la fièvre ne viendra plus que faiblement, pour disparaître bientôt tout à fait.
Il y aurait sur les caractères de la maladie bien des nuances à indiquer, car, comme nous l’avons dit et répété, il n’y a pas deux affections identiques n^ sur lesquelles le magnétisme détermine absolument les mêmes phénomènes.
Vous provoquerez de la rougeur, de la démangeaison, des émissions d’urines plus abondantes, quelquefois des saignements de nez ; mais ne voyez dans tous ces cas qu’un jeu secret des forces qui poussent du dedans au dehors tout ce qui faisait obstacle au rétablissement de l’équilibre.
Voici comment il faut procéder :
Vous vous placez en face de votre malade; vous l’actionnez généralement, en tenant vos doigts en pointe et les promenant?! une très-petite distance, lentement. Si quelque, douleur se manifeste dans les membres, ou s’il s’y manifeste simplement quelque phénomène nerveux, vous suivrez avec la main le trajet qu’il parcourt en descendant jusqu’aux extrémités ; puis, pour terminer, vous pratiquez une sorte de doux massage.
La séance doit durer de trente à quarante minutes.
Lorsque le malade est couché, il y a un peu plus de gêne pour le magnétiseur, car les procédés doivent être les mêmes; mais la magnétisation sera plus efficace à cause de la transpiration qui aura lieu plus facilement, plus abondamment et d’une façon plus continue.
Comme auxiliaire, les boissons les plus simples sont les meilleures; le régime doit être modéré.
S’il existait quelque trouble dans la région de l’estomac, on devrait y appliquer ia main en topique jusqu'à ce que l’on sente que des déplacements de gaz s’opèrent sous la main ; il est bien rare que la digestion ne soit point accélérée par ce simple procédé.
Comme on l’a vu, nous n’hésitons pas à présenter le magnétisme comme un remède général. S’il ne peut guérir tous les malades, il compte des succès dans toutes les maladies, car il en influence ou en contrarie la marche : il devait en être ainsi, ou le magnétisme n'eût point existé.
Aussi , voyons-nous chez les enfants le magnétisme déterminer l’éclosion presque soudaine de la rougeole, de
la variole, de toutes ces légères fièvres éruptives qui existent en germe, n’attendant pour paraître qu’un mouvement de chaleur ou une fermentation plus grande des humeurs, tout ce que le régime ou des causes atmosphériques, ou bien encore le seul progrès de la croissance devait nécessairement produire.
AFFECTIONS NERVEUSES (névroses).
A quoi aboutirais-je en plaçant sous vos yeux un extrait de toutes les thèses soutenues sur les affections nerveuses, et de tous les remèdes préconisés pour les guérir? J’arriverais à jeter dans vos esprits la confusion qui existe dans les livres des médecins, je rendrais mon œuvre semblable à la leur.
Les difficultés les plus grandes surgissent lorsque, quittant le domaine des faits, on veut arriver à les expliquer. Ici, par exemple, les causes des affections nerveuses sont souvent tellement cachées, qu’il faudrait pénétrer pour les découvrir dans le domaine de l’âme, ou remonter jusqu’au moment où l’être a été conçu. Et lors même qu’on en pénétrerait les causes, quel serait l’agent propre à les guérir?... Où le trouver?