‹ Thérapeutique magnétique règles de l'application du magnétisme a l'expérimentation pure et au traitement des malades par m. le baron Du PotetChapitre 24 sur 62 · CHORÉE. — TREMBLEMENT. — CONVULSIONS · texte numérisé non relu

CHORÉE. — TREMBLEMENT. — CONVULSIONS

prennent leur point de départ d’endroits déjà très-douloureux où machinalement nous portons nos mains, sentantfort bien que nous diminuons ainsi l’intensité de nos souffrances. Et ces crampes opiniâtres qui troublent notre sommeil et nous forcent souvent à sortir du lit, trouvent -elles au moins un remède dans la médecine? Non, les médecins partagent le sort des autres mortels; ils ne savent point se guérir des maux nerveux ; ils ordonnent au hasard un remède, le premier qui vient dans leur pensée, sans avoir jamais une certitude de son action bienfaisante. Aussi a-t-on cessé presque généralement de les consulter sur la plupart des désordres du système nerveux. On vit avec son ennemi, il est maître en nous, il agit quand il veut, s’en va quand il lui plaît ; l’avis qu’il nous donne de temps à autre de sa présence nous arrive aussi rapidement que le son à notre oreille. Mais tout ceci est peu de chose encore, car si l’ennemi quitte la région des membres et qu’il se porte aü cerveau, à la face ou aux mâchoires, les douleurs redoublent d’intensité ; nous crions ou pleurons ; les plus endurcis blasphèment ou maudissent. On en a vu certains qui se sont suicidés pour se soustraire aux étreintes de la douleur ; mais en l’absence de toute douleur, certaines maladies n’en sont pas moins incommodes et nous font souvent détester la vie. Mieux vaudrait des douleurs intermittentes qu’une gêne incessante comme celle qu’occasionnent les tremblements nerveux.

Traitement de la Chorée et des Tremblements. — Dans les tremblements nerveux qui ne présentent ordinairement

aucune douleur, l’action magnétique doit être dirigée vers le cerveau. Il ne s’agit point ici de suivre la méthode excitante, elle ne réussirait point; il faut au contraire calmer au lieu d’irriter. Le fluide nerveux du malade ne se trouve pas retenu, ainsi que nous l’avons vu dans les maladies que nous avons précédemment passées en revue ; il circule, au contraire, avec trop de rapidité et d’abondance ; son expansion est sans limites. Il est bien probable que l’enveloppe des nerfs, n’isolant plus l’agent nerveux, celui-ci passe à travers le tissu chargé de l’endiguer ; de là l’impuissance de la volonté à maîtriser les mouvements et le développement de ceux-ci à la moindre émotion. On conçoit l’inutilité des remèdes dans des cas pareils, et la difficulté de faire rentrer dans ses canaux naturels ce fluide qui a débordé. Le magnétisme lui-même peut aussi être impuissant. On cite des guérisons, mais je dois avouer qu’aucune ne m’est personnelle. J’ai, dans certains cas, rendu la vie supportable au malade ; j’ai diminué sensiblement l’intensité des mouvements; c’est tout ce que j’ai pu obtenir. Plus le malade approchait du sommeil magnétique, moins il tremblait; mais je n’ai pu en endormir complètement aucun.

C’est donc vers la région du crâne que doivent être dirigés les efforts du magnétiseur. Sa main doit être appliquée sur le front avec l’intention de développer le sommeil ; il doit continuer par des passes sur les membres en pressant mollement les muscles. On obtient ainsi un repos momentané. Ce temps d’arrêt dans les contractions

CHORÉE. —*TRBMBLEMBNT. — CONVULSIONS. 247 est déjà un bienfait; mais il est des cas malheureux où tous les efforts viennent échouer. La force ne manque point au malade, c’est parfois pour en avoir reçu trop en partage que cette maladie s’est déclarée. La sénilité que l’on rencontre chez quelques-uns n’est venue que par la durée trop prolongée des désordres existants.

Le régime doit être doux ; aucune liqueur forte, point de café, peu de viandes noires, et surtout l’éloignement des excitations physiques et morales. La magnétisation doit être pratiquée dans les moments de la journée où les nerfs sont le plus tranquilles. J’ai obtenu un bon résultat de l’application de ma main sur les vertèbres cervicales; le calme s’est prolongé davantage et le malade se croyait guéri. Ce moyen a fini par perdre de son efficacité.

Je regarde ces affections comme des plus rebelles au traitement magnétique.

Traitement, des Convulsions. — Bien qu’en apparence ces phénomènes nerveux paraissent plus graves, leur traitement est cependant plus facile, le succès plus certain, et c’est ici surtout qu’on peut juger de l’action du magnétisme; car plus il y a d’intensité dans les crises, plus prompte en est la guérison .

J’ai été appelé plusieurs fois dans ma vie pour calmer des crises convulsives effrayantes, où les malades, l’écume à la bouche, les cheveux en désordre, criaient, jetaient de tels cris que les voisins en étaient assourdis et impressionnés. Dès que ma main était dirigée vers leur cerveau, une détente avait lieu, cette tempête cessait, le calme et

2f|8 THÉ R APEDTIQUE MAGNÉTIQUE.

la raison reparaissaient. Qu’on ne dise point ici que l’imagination jouait un rôle, car plusieurs de ces êtres ignoraient jusqu’au nom même du magnétisme, et nul ne les avait prévenus de mon arrivée; leurs yeux d’ailleurs étaient étrangement convulsés et la paupière souvent abaissée.

Vous voyez comment le magnétisme agit. Il chasse devant lui, il refoule les agents fluidiques qui oppriment la vie, les précipite vers les organes d’où ils s’étaient élancés.

La réalité de ces fluides n’est point imaginaire non plus, les malades les sentent faire leur ascension.

Il reste certainement à trouver la cause de ces désordres, car les convulsions ne sont qu’un symptôme, et à diriger le magnétisme vers la région où se trouve le siège de la maladie réelle. On y parviendra, lorsque le malade sera calme, en promenant la main, les doigts en pointe, à une petite distance , soit de l’épigastre ou de quelque autre partie de l’abdomen. Cette espèce de sondage fera naître, quand on arrivera à toucher mystiquement le véritable point de départ des crises, une émotion dans tout l’être, un commencement de crise ; et, ceci obtenu, l’on a le moyen de guérir, car on peut produire artificiellement les phénomènes offerts par les crises naturelles ; on modifie par ce procédé la sensibilité de ce point de départ en chassant les matériaux des crises avant que leur accumulation ait rompu l’équilibre, \insi, l’on voit que pour ces maladies, comme pour l’hystérie et l’épi-

NEVRALGIES, NEVRITE, MIGRAINE, ETC. 249

lepsie, la marche du traitement est la même ; l’on a à combattre les mêmes agents, dont la manifestation seule est différente.

' Nous ne nous étendrons pas sur la multiplicité ni sur la variété des maladies convulsives ; ces détails, sans doute, seraient très-instructifs, mais ils intéressent plus le médecin que les magnétistes, pour lesquels nous écrivons ; car ceux-ci, quoique ignorant les causes variées qui ont déterminé les dérangements que je signale, arriveront à les faire disparaître sans cette connaissance.

NÉVRALGIES (tic douloureux, etc.), NÉVRITE, MIGRAINE, CLOU HYSTÉRIQUE.

Caractères des Névralgies. — Tous les nerfs, jusque dans leurs plus petites ramifications, sont susceptibles de névralgie. Le malade ressent, par intervalles variables, des élancements violents, et avec des sensations qui diffèrent selon les individus : l’un se plaindra de frissons, l’autre de chaleurs brûlantes, d’autres de tiraillements, etc. Le tic douloureux (névralgie sous-orbitaire) est une névralgie qui donne lieu à des mouvements convulsifs de la paupière inférieure, des joues et de la lèvre supérieure.

250 THÉRAPBUTIQUB MAGNÉTIQUB.

La chaleur, ainsi que la pression parfois, détermine une souffrance plus vive. Les névralgies donnent lieu à des convulsions des muscles qu’elles atteignent ; à ces convulsions succèdent la paralysie et l’atrophie des parties. Quand la douleur est très-vive, il s’opère une congestion dans la partie affectée, de là rougeur de cette partie. Toutes les sécrétions sont profondément troublées, la nutrition ne se fait d’ailleurs qu’ imparfaitement. Les névralgies revêtent en général la forme intermittente ; leur durée est variable et les récidives fréquentes.

Caractères de la Névrite. — Douleur intense, continue, exaspérée par la pression, le mouvement ; inflammation locale très-prononcée.

Caractères de la Migraine. — On la rencontre à tous les âges, elle se présente parfois sous une forme périodique. Dans l’intervalle des accès la santé n’est aucunement altérée. En général, les accès s’annoncent par des frissons, des éblouissements, des rapports aigres. La douleur, qui n’affecte le plus souvent qu’un seul côté de la tête, se fait sentir brusquement ou n’arrive que peu à peu à son plus haut degré d’intensité. Les malades réclament généralement le repos, la solitude, le silence et l’obscurité. Mais aucun de ces caractères n’est constant, ils varient avec les individus, et l’on en peut dire autant de ceux qui annoncent la fin des accès dont la durée varie de deux à trente heures et plus. La migraine, abandonnée à elle-même, disparait à certains âges pour reparaître quelquefois plus tard.

Page 1