‹ Thérapeutique magnétique règles de l'application du magnétisme a l'expérimentation pure et au traitement des malades par m. le baron Du PotetChapitre 30 sur 62 · AFFECTIONS DO PANCRÉAS, DO FOIE, ETC · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DO PANCRÉAS, DO FOIE, ETC

Caractères de ï Hypertrophie de la rate. — Santé générale peu affectée; sentiment de malaise dans l’hvpocondre gauche, augmenté par le mouvement ; si l’hypertrophie est considérable, le ventre se déforme, une tumeur plus ou moins apparente existe au côté gauche, à moins qu’il n’y ait ascite, ce qui se .présente fréquemment. On sait que la rate est constamment et rapidement affectée dans les fièvres; cette rapidité sert è distinguer ces congestions passagères de l’hypertrophie qui se forme lentement. L’hématémèse se produit assez fréquemment.

Tous ces détails, que nous donnons brièvement, seront peu utiles aux magnétistcs en général, car ils examinent peu ou point la nature des symptômes et ne veulent voir qu’un point douloureux ou une maladie dont se plaint le malade, et ils pensent tous que le magnétisme saura parfaitement guérir le mal quel qu’il soit. Les choses étant ainsi, nous ne pouvons étaler des connaissances médicales qui seraient superflues dans ce moment; mais l’on doit regretter plus que jamais que les médecins n’aient point pratiqué le magnétisme, ni enseigné aux élèves des écoles, à qui devrait incomber la pratique magnétique, les résultats obtenus dans les maladies par l’emploi de cet agent. Leurs observations auraient une grande valeur scientifique; mais peut-être n’eussent-iis point rempli le but que nous nous proposons, celui de faire pénétrer le magnétisme dans les familles.

Dans les affections que nous venons de décrire, l’action du magnétisme est obscure, mais générale. L’on voit que

la nature fait des efforts, sans qu’on puisse bien indiquer, comme on le peut dans d’autres cas de maladie, les phénomènes qui se montreront. C’est surtout dans ces cas que le somnambulisme est utile; il faut chercher à l’obtenir et se servir de ses lumières. J’ai magnétisé avec beaucoup de soin des malades atteints de maladies de foie sans que mon action ait été bien ressentie. Une seule fois seulement, je suis parvenu à obtenir des contractions, que j’étais loin d’attendre de cet organe peu contractile de sa nature, et le malade s’en trouva bien.

Dans l’ictère, le magnétisme agit plus puissamment; il favorise singulièrement les fonctions de la peau et des vaisseaux absorbants. On s’en aperçoit bientôt à la coloration différente de la peau et des urines.

Nous avons dit notre pensée sur les affections calculeuses. Il est clair qu’en faisant cesser les spasmes des organes il peut favoriser la circulation des calculs, souvent retenus soit par l’étal contractile, soit par l’inflammation qu’ils déterminent dans la route qu’ils suivent. J’ai souvent soulagé des personnes cruellement affectées par les douleurs occasionnées par la présence de calculs dans les uretères, et qui s’obstinaient à ne pas vouloir descendre. Sous ma main, les malades sentaient la douleur changer de place ; par ce seul fait les crises étaient moins longues, et la chute des calculs, rapide.

Dans les affections de la rate, dont on ne connaît pas encore bien le rôle, il est certain que si son gonflement est dû à la fièvre, le magnétisme ne manquera pas d’y

AFFECTIONS DU PANCRÉAS, DU FOIE, ETC. 317 réagir; mais il y a peu d’observations qui constatent son action, car les magnétistes ne se sont jamais attachés à connaître les procédés de la science médicale qui sait mesurer le volume exact de la rate en santé et en maladie.

Traitement Je la Pancréatite. — Après avoir magnétisé généralement pendant quinze à, vingt minutes, on doit appliquer la main à plat, les deux mains même, si l’on peut soutenir la fatigue qui en résulte, sur la région de l’estomac. Il n’est pas nécessaire de presser la partie que l’on touche, l’imposition simple suffit : les vêtements n’empêchent point le magnétisme de pénétrer.

Traitement de l’Hépatite et de l’Ictère. — Dans ces maladies du foie, l’ori emploie encore les procédés généraux; puis, on se place vis-à-vis le côté du malade et l’on dirige les doigts en pointe sur le foie pour localiser ainsi son action. INous avons dit que l’action magnétique était lente dans ces cas, et que l’on n’était averti en général du changement qui s’opérait que par les aveux du malade, bien * qu’il y eût une foule de légers symptômes déterminés par le magnétisme, mais difficiles ù décrire en raison même de leur nombre et de leur peu de développement.

Traitement des Calculs du foie. — Dans les affections calculeuses, les procédés diffèrent un peu. J’ai tiré un trèsbon parti de cette pratique variée. Après avoir magnétisé généralement, je faisais pivoter les malades, c’est-à-dire que je les plaçais à cheval sur leur siège, et je leur magnétisais la colonne vertébrale, en y joignant une sorte de massage que je terminais vers les dernières vertèbres.

Lorsque la douleur n’empêchait point une pression assez forte, j’allais résolûment en serrant de mes mains toutes les parties avoisinantes.

Traitement de l’Hypertrophie de la rate. — S’il est vrai que le rire ait son point de départ dans la rate, ce qu'en mon particulier je ne crois point, j’incline plutôt à croire qu’elle entre en action sous l’empire des phénomènes généraux que détermine le rire. Quoi qu’il en soit, j’ai obtenu celui-ci quelquefois en magnétisant le diaphragme ; parfois les magnétisés ont été pris d’un rire nerveux qui semblait ne pas devoir cesser et devenait inquiétant. Si donc il était vrai que le rire eût son point de départ dans la rate, la production du phénomène dont je viens de parler pourrait n’être pas sans utilité dans le traitement des affections de cet organe. C’est un moyen à essayer.

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