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ft0'2 THÉRAPEUTIQUE MAGNÉTIQUE.
mais le moment arrive où l’instrument du bien peut devenir victime de son humanité : c’est lorsque la desquamation se fait et que les matières putrides sont mises en expansion. Le magnétiseur, obligé de rester quelque temps dans cette atmosphère, s’en sature par la respiration et l’absorption ; et comme sa force magnétique a diminué par la dépense forcée qu’il en a faite, il ne se trouve plus dans les conditions ordinaires; plus qu’un autre il s’inoculera la maladie. Ici la Providence est en défaut; celui qui a fait le bien peut être victime de son dévouement. Cependant des moyens existent pour parer à cet inconvénient ; on peut se débarrasser soi-même des effluves meurtrières qui ont pénétré dans le sang, par une magnétisation à grands courants et de huit à dix minutes de durée : cela suffit pour chasser au dehors ce qui n’est point encore fixé en nous, ce qui est mobile. Dans tous les cas, la main du premier venu peut être plus favorable ; il faut seulement y songer et ne point négliger cette simple opération. Si je me cite pour exemple, c’est que j’ai senti bien souvent en moi un rudiment malsain me venant d’autrui ; quelquefois même, par curiosité ou par désir d’apprendre, j'ai laissé commencer le développement d’une action morbide. Bien certain alors de mon fait, je pratiquais sur moi des passes à grands courants, et je balayais bientôt tout ce qui ne m’était point personnel. Depuis ces épreuves, je n’ai jamais refusé de magnétiser un malade affecté de maladie contagieuse, l'expérience m’ayant appris que rien ne résiste aux courants que j’établissais ainsi, car ils purgent et net-
toient ; mais encore faut-il que ce précepte magnétique soit suivi, sinon séance tenante, du moins dans l’heure qui s’écoule après la magnétisation des malades. Cela est un avertissement propre à faire cesser la peur des hommes forts et à donner du courage aux faibles.
Les sceptiques se sont moqués des signes de croix, qui consistent, comme chacun sait, à porter la main à la base du crüne, à celle de la poitrine, puis sur la région du cœur et sur le foie. Il y a dans cette pratique un fait de magnétisme qui nous a toujours frappé, seulement ce signe est sans valeur lorsqu’il est mécanique; mais sa valeur est réelle lorsqu’on connaît les lois du magnétisme, il n’est efficace qu’en raison de l’agent qui envoie la pensée. On peut croire que dans le principe il n’a pas été indiqué seulement comme une chose de religion, mais bien comme un précepte d’hygiène et un préservatif.
Traitement. — Ces affections sont variables; en général, des complications existent ; la petite vérole, par exemple, peut affecter, non pas seulement les surfaces visibles, mais tous les tissus intérieurs, et surtout ceux qui tapissent les intestins. Dans ce cas, votre action doit être profonde et doit s’allier avec la médecine, qui, par ses boissons et quelques-uns de ses remèdes, sait tempérer l’ardeur des inflammations. Après avoir magnétisé généralement, on place sa main sur l’abdomen ou à une très-petite distance ; puis au bout de quinze à vingt minutes en reprend les passes à grands courants. Je ne dirai rien des accidents consécutifs qui peuvent apparaître; on doit suivre attentivement la rna-
ladie, cherchant toujours à diviser, à éparpiller les matériaux d’irritation. Pour que le magnétisme soit efficace dans l’érysipèle, il faut l’attaquer dès qu’il se montre, et ne pas attendre qu’il ait altéré les tissus. Il est facile de reconnaître les symptômes de cette maladie. Au premier signe de rougeur et d’inflammation, qui est ordinairement circonscrite, on applique les procédés magnétiques suivants : d’abord, magnétisation générale de quelques instants, et lorsque l’on a obtenu une surélévation de chaleur, ce qui ne manque jamais d’arriver, on localise le magnétisme sur le propre siège de l’érysipèle, et l’on obtient ainsi une sorte de résolution des matériaux d’irritation, qui sont alors rejetés dans le torrent de la circulation : des transpirations et souvent des garde-robes emportent avec elles ce qui serait devenu un danger.
Les affections plus légères de la peau sont aussi plus faciles à faire disparaître: quelques légères m agnétisations suffisent. On sait d’ailleurs que ces affections disparaissent d’elles-mêmes et sans médicament; mais plusieurs d’entre elles laissent quelque chose dans le sang , ce qui peut donner plus tard naissance à des boutons, à des clous. On évitera ces inconvénients en aidant la nature dans son travail ; elle ne laissera alors aucune trace d’un désordre qui, pour n’être que passager, n’en indique pas moins que la machine humaine n’a pointsubi entièrement son épurement.
Je ne puis indiquer un traitement spécial à plusieurs centaines d’autres affections de la peau ; il est probable que les procédés magnétiques généraux y seraient appli-
cables, car j’ai vu trois cas bien singuliers d’une affection que je ne croyais pas curable, et qu’on désigne sous le nom d 'Appendices cornés , disparaître pendant des traitements magnétiques faits en vue d'un autre objet. 11 m’a été impossible de surprendre ici la nature, mais il n’en est pas moins vrai que cette matière, si solide qu’une lame de canif n’aurait pu l’entamer, s’est détachée de sa base en laissant' la peau unie. Je répète que je ne croyais point le fait possible : les savants qui ne nous accordaient que l’imagination, lorsqu’ils voulaient bien nous concéder quelque chose, comme cause des phénomènes magnétiques et des guérisons, ont donc montré leur faiblesse et leur impuissance. Pour qu’ils restent savants aux yeux du monde, ils ont besoin qu’on leur laisse manipuler la matière et qu’on ne les prenne point pour juges des phénomènes appartenant à l’ordre moral ou métaphysique, où ils montrent une grande ignorance.
Dans ce chapitre, je ne me suis point appesanti sur les causes des affections de la peau ; les rechercher serait pour le monde pour lequel j’écris un travail stérile; il faut laisser venir le temps où l’action du magnétisme, plus spécialement étudiée par des hommes compétents, éclairera le mystère de la vie ; on révélera alors une grande partie des agents que l’œil n’aperçoit point, et qui pourtant nous constituent. Aujourd’hui ce qu’on me demande, c’est l’application des vertus connues du magnétisme au traitement des maladies, et je dis ce que j’cn sais. Abandonner les
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causes, voir le fait seulement, et donner les moyens de le combattre, c’est indiquer au magnétiste un commencement de science dont l’humanité profitera de suite.