‹ Thérapeutique magnétique règles de l'application du magnétisme a l'expérimentation pure et au traitement des malades par m. le baron Du PotetChapitre 50 sur 62 · DURÉE DES SÉANCES MAGNÉTIQUES · texte numérisé non relu

DURÉE DES SÉANCES MAGNÉTIQUES

Il est difficile de fixer la durée des magnétisations ; cela tient au degré de sensibilité, bien différent chez les êtres.

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Quelques-uns voiont déborder le magnétisme au bout de quelques instants; chez d’autres, au contraire, la saturation ne semble jamais complète. Les résultats sont pourtant les mêmes, et sans qu’on puisse voir comment le magnétisme a procédé. Cette disposition absorbante refroidit le magnétiseur et diminue la confiance du malade, car il n’a rien senti.

11 est des cas en petit nombre où il faut procéder par de courtes magnétisations, dans ceux surtout où elles font naître une sensibilité exagérée; il faut donner le temps au patient de digérer l’agent, et ne reprendre que lorsque le système nerveux est tranquille, ce qui sirive en un quart d’heure ou vingt minutes. L’opération doit donc être divisée, séparée par un intervalle ; elle est alors très-efficace. Pour ceux des malades qui semblent ne rien sentir, on doit prolonger la magnétisation pendant trente-cinq à quarante minutes, quelquefois plus encore. Quand on est praticien, on aperçoit ce que le magnétisé ne voit point, car il y a toujours des symptômes d’action ; mais s’il semble parfois que l’agent magnétique entre dans la ouate et non pas dans les chairs, le pouls néanmoins s’émeut un peu, les yeux acquièrent un peu plus de vivacité : cela suffit, comme nous l’avons indiqué et comme nous le montrerons, pour obtenir les plus grands résultats. Quelquefois la sensibilité arrive tout à coup après une longue attente, au moment où on ne la désirait plus, où on ne la croyait pas possible; on diminue alors la durée de son action. Une autre remarque bien importante, c’est que chez quelques magné-

DURÉE DES SÉANCES MAGNÉTIQUES. ft31 listes , l’énergie est plus considérable, les émissions de fluide plus abondantes, plus puissantes. En me prenant pour lerme de comparaison, je dirai qu’il ne me fallait que cinq minutes pour reconnaître le degré de sensibilité; il est clair cependant qu’il faut un temps plus long lorsqu’une magnétisation se fait d’une manière insolite, en parlant, en excitant son malade ù répondre à des questions qui exigent le travail de son esprit : l’action, dans ce cas, est lâche, molle, la nature ne sait pus trop ce qu’on lui demande, l'être n’est pas saisi, lié. L’opération est d’autant plus parfaite que l’entendement, la volonté, le désir, qui sont le point de départ du magnétisme, se trouvent plus en jeu et unis; quelques instants alors suffisent pour implanter en autrui cette suprême vertu que Dieu nous a donnée : les hommes bien convaincus ne faisaient que toucher, et la cure devait se faire ; dans ce cas, rien n’était sophistiqué, l’arbre bon donnait de bons fruits. Il n’y a donc pas de mesure absolue ; mais ayez pour principe de sagesse de vous arrêter quand l’état convulsif commence ; et chez ceux des magnétisés qui ne présentent point ces symptômes, ne soyez assuré que la magnétisation est bonne que lorsqu’une douce chaleur et do la moiteur se montrent aux extrémités.

il est des malades qui se saturent tellement de magnétisme, que vous pouvez hardiment ne pratiquer cette opération que tous les deux jours : je parle de la chronicité des maux seulement. Vous reconnaîtrez l’action manifeste du magnétisme dans les sécrétions, dont l’activité devra être

notablement modifiée. Dans les affections aiguës, la conduite doit être différente; plusieurs magnétisations dans un jour sont nécessaires; la dépense est rapide, et le temps n’est point pour vous ; la nature ici est prodigue, mais elle vous donne des forces que vous ne vous connaissiez point, car elle sait surexciter le dévouement et enflammer l’esprit ; la fatigue et l’épuisement ne se feront sentir qu’après l’œuvre achevée : un soldat, tout épuisé qu’il soit, trouve dans l’ardeur du combat des forces nouvelles; le magnétiseur de même : c’est un combat qu'il livre, c’est une lutte où la guérison est le prix de sa victoire.

Lorsque l’on veut traiter plusieurs malades en commun, et que le temps manque pour les traiter individuellement, on les place sur une ligne, comme l’indique la gravure.

et l’on prolonge la magnétisation, en ayant soin de faire sortir successivement de cette rangée les malades qui éprouvent des effets trop prononcés ; on les remplace, s’il y a

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lieu, par d’autres malades. Le magnétisme se communique de l’un à l’autre avec une promptitude remarquable, sans cesser d’être efficace. J’ai particulièrement employé ce procédé à Montpellier, où j'étais tellement accablé de malades, qu’il m’eût été tout à fait impossible de les magnétiser isolément un temps convenable. Pourune chaîne ainsi formée par dix malades, je consacrais ordinairement cinquante minutes, et ce temps suffisait pour qu’ils se trouvassent bien. Je n’ai point insisté sur le magnétisme par insufflation : je regarde cette méthode comme trop fatigante et ne donnant point de résultats plus’satisfaisants.

Les magnétistes emploient généralement l’eau magnétisée; je n’y attache pas l’importance qu’ils lui attribuent. Tous les malades ne peuvent pas boire de cette eau, quoique magnétisée : l’état de leurs organes s’y refuse parfois. Elle est utile seulement lorsque par empêchement on ne peut employer la magnétisation directe: l’effet de cette eau est salutaire, mais en tant seulement que l’estomac la supporte.

Il est encore des magnétistes qui pratiquent des insufflations sur cette eau; je n’admets point cela. Il faut seulement prendre entre ses deux mains le vase qui contient le liquide, y appliquer toutes ses pensées; l’épaisseur des parois du vase n’empêche nullement la transmission. S’il présente une large ouverture, l’on promène les doigts à une petite distance de la surface du liquide ; trois on quatre minutes suffisent pour magnétiser un litre d’eau. Cette eau acquiert bientôt une qualité qui la rend dissemblable h

elle-même ; parfois cette eau purge et fait transpirer; elle est distinguée par les malades, et dans certains cas il serait difficile de les tromper. Je signale cette pratique, à laquelle, je le répète, je n’attribue qu'une vertu temporaire. Il en est de même encore de l’usage des frictions et du massage, qui ne doivent être regardés que comme une pratique accessoire. Il faut qu’elles soient employées seulement ù la fin des séances magnétiques; elles favorisent la circulation, réveillent la sensibilité, et c'est toujours avec la volonté et le désir de faire le bien qu’on doit s’en servir. Le massage et les frictions furent recommandés par les médecins de l’antiquité. Hippocrate avait fait un corps de doctrine sur ce moyen de guérir, et j’ai publié dans le Journal du Magnétisme, tomes X et suivants, une suite de recherches extrêmement curieuses faites par M. le docteur Perrier concernant ces antiques procédés. Ils sont à nos yeux une dégénérescence du magnétisme, un moyen mployé par les prêtres de ces temps pour cacher le véritable principe agissant, ce magnétisme dont nous venons de dévoiler les mystères.

AUTOM AGNÉTIS ATION.

AUTOMAGNÉTISATION.

Nous avons dit et répété plusieurs fois dans cet ouvrage que la nature était notre institutrice, et que c’était en suivant ses leçons que nous développions notre entendement et que la science se faisait. L’automagnétisation, c’est-à-dire l’application des principes et des procédés qui servent à faire naître en autrui une série de phénomènes aujourd’hui bien connus, celte même application pratiquée sur soi jouit également ,dc propriétés efficaces, mais dans certaine mesure. D’abord, l’action est plus faible, car on enrichit momentanément une partie en puisant dans un réservoir qui n’est pas plein, on découvre saint Pierre pour couvrir saint Paul; je me sers de cette figure, parce qu’elle rend sensible le fait que je cherche à décrire ; puis il est des cas, trop nombreux, où la force nous est ravie tout d’un coup, où la fièvre, s’emparant de nous, nous ôte notre liberté d’agir : dans les maladies aiguës, par exemple, nous ne pouvons que bien peu pour nous-mêmes: néanmoins, malgré tous ces désavantages, il nous est laissé encore un vaste champ où le magnétisme s’offre à nous avec ses propriétés bienfaisantes ; nous pouvons agir sur tous les maux h leur début, et empêcher parfois des accidents graves de survenir. Dans les affections chroniques et. douloureuses et

qui pourtant n’enlèvent point nos forces, nous pouvons diminuer les douleurs, rendre notre vie supportable, là où tous les remèdes se sont usés sans succès. Dans tous les petits maux qui peuvent se produire à chaque instant, tels que des embarras d’intestins, des maux d’estomac, des crampes, des migraines, des douleurs vagues, etc., l’automagnétisation employée rendra d’immenses services, et nous connaissons une infinité de personnes qui se sont parfaitement bien trouvées de ces préceptes simples et naturels.

Nous engageons cependant à ne pas trop avancer dans cette pratique, car elle a des dangers de plus d’un genre; elle peut provoquer des hallucinations, un somnambulisme déréglé et une sorte d’extase que nous ne sommes plus aptes à conduire ni à faire cesser. 11 faut s'en tenir simplement à de purs phénomènes physiques et ne chercher sur soi-même que l’apaisement des troubles intérieurs, ou sans cela l’on imiterait les fakirs de l’Inde, et il pourrait arriver que, contrariant les voies de la nature, l’agent de la vie changeât sa direction normale. Le fanatisme comme la folie n’ont souvent pas d’autre cause qu’une perturbation dans la circulation de l’agent nerveux, dues à de trop fortes contentions d’esprit, tandis que, pratiquée avec sagesse, l’automagnétisation peut prolonger la vie.

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