DURÉE DES TRAITEMENTS MAGNÉTIQUES
Il y a de grandes difficultés à fournir des indications précises sur la durée des traitements magnétiques. Il est des maladies qui, malgré leur ancienneté, des symptômes graves et les appréciations défavorables du magnétiseur, disparaissent à la suite d’une seule magnétisation : on peut croire que là les sens n’avaient point fourni les éléments d’une appréciation saine, et que l’équilibre ne demandait qu’une forte impulsion dans la circulation des fluides pour se rétablir. En général, les choses se passent autrement , et les traitements peuvent avoir une durée qui pourra paraître exagérée, mais que le raisonnement et l’expérience justifieront, car cette durée varie en raison même des causes de maladie que nous avons spécifiées, des altérations et des dégénérescences de tissus; enfin, elle tient également à l’exactitude des rapports magnétiques et au sérieux de l’application : néanmoins, la sensibilité au magnétisme, même exagérée, n’est point un indice d’une guérison prompte. Tous les malades, dans leur impatience, voudraient guérir subitement, bien que la plupart aient laissé pendant des années user sur eux les vertus des remèdes, et, si l’on remarque quelque constance, c’est surtout en homéopathie. Nous en connaissons qui, pendant
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cinq ans, dix ans, quinze ans même, ont pris les globules homéopathiques sans varier dans leur foi. En magnétisme, cela est différent. Comment donc ? mais on doit guérir de suite, et, si à la seconde ou à la troisième opération magnétique on ne se trouve pas beaucoup mieux, on abandonne ce traitement en parlant bien haut de son ineflïcanité. Nous avons fourni de suffisants renseignements à tout lecteur attentif pour qu’il ait une idée plus nette, plus saine des choses, et si nous insistons encore, c’est parce que le fait que nous signalons est grave autant pour les malades que pour les magnétiseurs. A nos yeux, une affection chronique qu’on parvient à guérir est un travail philosophique plutôt que médical, travail qui ne peut se faire par des remèdes et qui demande une sorte de constance et de sagesse chez le malade et chez celui qui guérit ; c’est un retour à la vie, une lutte contre la douleur et la mort. La mort ! mais souvent on court après croyant la fuir ; communément, les malades ne le croient point, une sorte de fatalité les domine, et, quittant le chemin qui pouvait les conduire au port, ils retournent boire à la source empoisonnée, ils retournent aux remèdes inefficaces dont ils ont tant usé, plutôt que de continuer à chercher si la nature n’a pas d’autres voies. Le magnétisme demande certaines clartés de l’ànie, des principes rigides chez celui qui embrasse cette vérité et qui veut se rendre utile. 11 y aura de fausses vocations et souvent l’ignorance et l’industrie s’annonceront, comme en médecine, comme possédant à fond le nouvel art de guérir. Je ne puis rien à cela ;
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depuis que le monde existe le mensonge suit de près la vérité, il en simule les œuvres et ce mélange existe en tout.
Une chose peut tout sauver, il faut que le magnétisme descende dans la famille. Il semble que la nature ait créé cet agent pour ce but, car il en resserre les liens, il se trouve à la portée de tous, et les difficultés que présentent sa pratique ne sont presque rien en regard de celles qu’offre la médecine des écoles. Ce n’est pas que l’on doive dédaigner les secours étrangers; le magnétisme est devenu aujourd’hui une profession, un art où plusieurs commencent à montrer une habileté que donnent seules l’observation et la pratique journalière.' Les médecins devraient être les premiers sur les rangs pour exercer cet art, mais on aura une peine infinie à les y amener; les causes en sont diverses et multiples ; je n’ai pas besoin ici de les signaler. Quoiqu’il advienne, mon devoir est rempli ; j’ai livré la clé des œuvres magnétiques; c’est h ceux qui voudront la saisir et pénétrer dans le sanctuaire secret de la nature où tout est grand et magnifique et où Dieu a montré la sublimité de ses créations, c’est h ceux que la douleur émeut et qui veulent faire le bien que mon ouvrage s’adresse. Qu’ils ne s’arrêtent point aux discours des Renan et autres savants d’une égale importance qui font entendre qu’en dehors de ce qu’ils savent, il n’y a plus rien que mensonge et illusion : c’est un orgueil qui cache un grand fond d’ignorance sur la vraie nature et sur les lois morales. Qu’ils ne s’arrêtent point aux discours d’un Trousseau qui a osé nous accuser d’imposture et égarer la jeunesse, espoir
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de l’avenir: ces oppositions cachent le dépit qu’on éprouve de connaissances incertaines; il est cruel de penser que, croyant avoir saisi la vérité, on n’en a saisi que l’ombre, que, croyant connaître l’homme, on ne sait bien que la forme du squelette. Voulez-vous juger du mérite réel de ces grands savants? Magnétisez quelques personnes, et votre opinion sera formée. Voulez -vous juger du mérite réel des écrivains de nos jours, qui ont publié sur les sciences occultes les restes mutilés de l’histoire, comme l’ont fait les Figuier, les Maury ? Étudiez quelque peu ce magnétisme humain et vous sourirez bientôt en apprenant que les œuvres tronquées et sans valeur de ces écrivains leur valurent la réputation d’hommes instruits. Et ne croyez point que ce soit chez nous un parti pris de dénigrer les savants, mais c’est parce que nous ne voulons point mentir à la vérité, ni souffrir qu’on la cache, ni qu’on la salisse que nous nous en établissons le vengeur et que nous devançons ainsi le jugement de la postérité. Ne vous formalisez point de notre excès de zèle ni de notre emportement, il est motivé sur ce que les antagonistes du magnétisme semblent n'avoir écrit sous l’empire d’une froide raison que pour mieux surprendre celle d’autrui : ce n’est qu’œuvre de style, rien de plus, qui satisfera sans doute tous ceux que la réalité effraie et qui veulent vivre dans le domaine rétréci des sciences vulgaires; nul d’entre eux ne s’est livré à l’étude du magnétisme, mais tous ont conspiré contre lui. Vains efforts ! si le magnétisme, qui n’est encore qu’un fait, trouble déjà la science officielle, qu’arrivera t-il lorsque,
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déployant ses ailes, il apparaîtra à tous comme un divin messager entre le ciel et la terre pouvant seul aider à déchiffrer l’énigme de la vie et expliquer le principe et l’antiquité des religions ?
J’ai souvent attaqué les médecins, et je le fais encore vivement, non que je sois pris d’une sorte de manie ou que cette guerre me soit profitable, elle est au contraire toute contre mes intérêts; tous les avantages me seraient échus en gardant le silence, mais la vérité l’a emporté sur toute considération, et la justice exigeait de moi cette conduite. Elle est d’ailleurs pleinement justifiée, car je n’ai jamais pu faire un pas en avant sans rencontrer un médecin disposé à me barrer le passage, et j’ai trouvé chez eux plus d’entêtement, plus d’opiniâtreté que chez les prêtres qui ne passent pas, il faut le dire, pour être ni très-tolérants ni très-accommodants. Cette lutte désespérante et propre à décourager le plus résolu, moi, faible, je l’ai soutenue sans jamais désespérer du gain de la cause que je défendais. J’avais d’abord courbé la tête, mais je la redressai bientôt après avoir considéré de près ces ennemis du magnétisme : j’avais pu voir que la mauvaise foi était dans le plus grand nombre; que le dédain, l’ignorance et l’outrecuidance étaient le partage desplus animés. Avec cette connaissance, je marchai résolûment à la rencontre de ccs faux braves et dévoilai la misérable source de leur opposition ; je le fis vivement, et cependant la haine n’est point mon fait, on en aurait la preuve le jour où le magnétisme serait reconnu et enseigné dans les écoles; jusques à ce moment, je conti-
nuerai & dévoiler les embûches, les pièges tendus 4 notre bonne foi par nos adversaires, à signaler les moyens peu loyaux qu’ils ont employés et qu’ils emploient encore pour empêcher les progrès du magnétisme, et je le ferai en rappelant leurs discours et leurs conversations dans l’intérieur des familles; mais avant nous allons exprimer ce que nous pensons de la médecine en général.
La profession des médecins est délicate (1), leur vie devrait être une suite continuelle d’alarmes; le doute, la crainte, le repentir devraient sans cesse agiter leur esprit: mais, blasés sur la douleur comme sur leurs fautes, ils ne sentent plus rien, le malade pour eux est une chose morte, un bloc qu’il s’agit de tailler, c’est une bête souffrante qui sait montrer la langue et donner la patte, bonne à mettre à la diète et qui prend sans sourciller l’eau panée, une ou plusieurs de ces compositions dont le poison est la base. — La bête va-t-elle mieux, le remède était souverain; meurtelle, le remède était encore souverain, mais il n’a point
agi, et, dans ce cas, le médecin s’en lave les mains et
passe à un autre malade.
Mais les hommes de cœur dans la profession de médecin!... Nous convenons sans peine qu’il s’en trouve et ce sont ceux qui ont une âme compatissante, une organi-
(t) Pythagore a dit : « que la médecine est le plus divin des arts. Si la médecine est l’art le plus divin, il faut que le médecin s’occupe de l’ânie en même temps que du corps. Comment un être serait-il sain quand la partie la plus importante de lui-même serait malade? » Apollonius.