‹ Thérapeutique magnétique règles de l'application du magnétisme a l'expérimentation pure et au traitement des malades par m. le baron Du PotetChapitre 8 sur 62 · DES CAUSES DES MALADIES · texte numérisé non relu

DES CAUSES DES MALADIES

C’est en vain qu’on s’est complu à faire la nomenclature des maladies et de leurs causes, elles sont tellement nombreuses, tellement variées qu’un volume ne suffirait point pour les mentionner.

Vivant dans un milieu dont tous les agents qui le composent attaquent sans cesse la vie, l’être humain se voit affecté de milliers de manières. Le froid, le chaud, le sec, l’humide, le plus ou moins d’électricité, les lieux qu’il habite, les eaux, les montagnes, les mines souterraines, tout ceci n’est rien encore, les aliments dont se nourrit l’homme, ses habitudes vicieuses, ses penchants, ses passions, tous ses vices, ses plaisirs même et dans certains cas jusqu’à sa vertu, tout peut pour lui devenir cause de maladie et le faire succomber.

La lutte entre les causes qui conservent et celles qui détruisent ne se balance qu’en de très-courts instants et dure jusqu’à la fin de la vie : ce sont deux ennemis qui se poursuivent et s’attaquent sans cesse, ayant des droits égaux, mais des armes dissemblables. Le triomphe final appartient aux agents qui, nés de la matière, ont mission de chasser les agents de la vie et de les faire remonter

d’où ils sont descendus, le domaine terrestre ne leur

appartenant point.' '

Chez celui qui mange gloutonnement, et qui n’a pas le choix des aliments, aussi bien que chez le riche dont le cuisinier est un chimiste, on peut reconnaître l’influence du régime sur la santé. La veille prolongée, comme un trop long sommeil, exerce sur nos organes une influence fâcheuse. La privation de la lumière, comme son exubérance, attaque nos sens et en pervertit le jeu. Notre vie dépend souvent d’une piqûre de mouche ou d’un atome imperceptible qui a pénétré dans nos organes.

Comme si ce n’était point assez de cette fragilité, nous recevons de nos parents un mélange de germes malfaisants que la vie féconde et fait éclore, et qui produisent en nous des maladies dont la source étant inconnue exerce en vain la sagacité du médecin. Notre peau, comme l’écorce des arbres, est perforée constamment par des myriades d’insectes et certains de nos organes en hébergent sans cesse plusieurs familles.

La nature semble se complaire à jeter sur notre route des pierres d’achoppement; mais, dans son ignorance, la médecine en augmente le nombre par ses médicaments, qui tous exercent une action délétère sur nos tissus. Là ne s’arrêtent pas les causes de nos maux, notre esprit travaille sans cesse à les multiplier et à leur donner une activité dévorante. L’homme vit cependant, mais dans la douleur et l’ennui : succombant à mi-chemin, s’en allant souvent par lambeaux, voyant disparaître tantôt un sens,

MALADIES

tantôt un autre, prenant connaissancg encore de la putridité de ses humeurs, de la dégénérescence de son enveloppe, il maudit ses médecins et blasphème contre Dieu ou la nature.

Enfants, amusez-vous, soyez joyeux avant que le limon qui vous constitue ne fermente et n’acquière de l’âcreté ; vivez dans l’ignorance des vives douleurs qui vous attendent, avant que le fer, le soufre, le phosphore, la chaux et les mille ingrédients qui sont en vous ne cherchent à se désagréger des étreintes de la vie. Mais déjà en sortant de la coquille humaine, vos antennes sont blessées, que sera-ce donc plus tard, — heureux vous serez si le sein de votre nourrice n’apporte point dans vos humeurs un nouveau ferment de discorde et si, en liberté, on laisse vos organes obéir à la loi d’un développement régulier. Puisse-t-on aux soins maternels que votre enfance réclame joindre l’action de ce bienfaisant magnétisme, afin que par cet aide inespéré la nature repousse l’ennemi puissant qui tentera bientôt de vous assaillir.

Combien peu de mères sont capables de donner de bon lait à leurs enfants, combien naissent contrefaits, sortant d’un moule altéré dans sa structure; combien naissent avec un rudiment de vie insuffisant, semblables alors à ces semences jetées dans de mauvais terrains qui germent cependant et s’étiolent aux premières ardeurs du soleil ! Mais pourquoi peindre un aussi triste tableau? Tout me dit cependant de poursuivre ; car cherchant à guérir les maux, je dois en faire connaître l’origine et montrer par là les

difficultés de l’art actyel, son inanité et ses dangers. Ah ! si je voulais effrayer mes lecteurs, je les conduirais dans un de ces hôpitaux ouvertsà l’infortune, ou dans ces cabinets d’anatomie où sont rassemblées ces pièces monstrueuses qui représentent aux yeux les cas pathologiques qui les ont fait mouler et dont la vue glace d’épouvante les plus fermes esprits ; je les conduirais également dans une maison d’aliénés, mais il n’est pas certain qu’ils sortissent sains de corps et de pensée, à l’aspect de toutes les misères que renferme ce lieu !

Maintenant voici la douleur.

Page 1