TRAITEMENT DES COMPLICATIONS DE LA MYOPIE
Traitement des complications de la myopie.
Chez le plus grand nombre des myopes, on constate, autour de la papille du nerf optique, une tache blanche semi-lunaire ou annulaire et d'étendue variable et à laquelle on donne le nom de staphylome postérieur. Il s'agit d'une dépression de la sclérotique autour du nerf optique, dépression qui résulte d'un amincissement de cette membrane et qui s'accompagne d'une atrophie choroïdienne à ce niveau. Ce staphylome postérieur n'a pas de signification précise et on ne saurait conclure de son existence à la nature progressive de la myopie, car il peut parfaitement s'observer dans des myopies stationnaires. Il n'acquiert de l'importance que lorsqu'il atteint une certaine étendue et que des examens successifs en démontrent l'extension progressive. Dans ces cas, il est en général lié à d'autres lésions choriorétiniennes que l'on groupe sous le nom de choroïdite myopique et qui peuvent consister en hémorrhagies de la région maculaire, en foyers exsudatifs ou atrophiques de la choroïde avec ou sans flocons du corps vitré. Ces lésions choroïdiennes se compliquent souvent alors de décollement de la rétine ou d'opacification du cristallin. Dans quelques cas exceptionnels, la myopie élevée se complique de phénomènes glaucomateux affectant le caractère du glaucome simple.
Chez les myopes atteints de lésions choroïdiennes anciennes ou en voie d'évolution, il faudra, avant tout, réduire le travail visuel au minimum. Pendant les périodes actives de l'affection, il sera même souvent nécessaire d'exiger le repos complet et le séjour
VICES DE RÉFRACTION
dans une obscurité complète ou relative. On joindra à cela les instillations d'atropine (sauf dans les cas exceptionnels où il existe de l'excavation de papille glaucomateuse) répétées deux fois par jour, l'ingestion répétée tous les quatre ou cinq jours d'une eau laxative (xMontmirail, Carabana, Marienbad).
Les frictions mercurielles, l'iodure à haute dose sont très souvent d'une efficacité réelle. Quelques confrères ont obtenu, dans certains cas, des résultats satisfaisants des injections sous-conjonctivales de sublimé. Lorsque l'amélioration aura été obtenue par ces divers moyens, on surveillera avec soin l'acuité visuelle, on mesurera l'étendue des scotomes produits par les lésions clioroïdiennes et on ne permettra qu'un travail visuel modéré.
On interdira notamment la lecture le soir à la lumière. On conseillera au malade d'éviter toute cause de congestion céphalique, de recourir fréquemment aux pédiluves chauds sinapisés, de s'abstenir de boissons alcooliques et de faire un repas léger le soir. On lui prescrira aussi un exercice modéré.
Nous avons indiqué, à propos des affections de la rétine, le traitement à appliquer dans le cas de décollement de la rétine.
Quant à la cataracte qui se développe chez les myopes, elle est justiciable de l'extraction lorsqu'il n'existe pas de décollement de la rétine ou de lésions trop avancées de la choroïde ou du vitré. On s'en assurera par l'examen de la projection. Si la projection est normale pour les différentes directions, si la tension du globe oculaire n'est pas trop faible, on pourra sans inconvénient recourir à l'extraction.