TRAITEMENT ORTHOPTIQUE DU STRABISME
de faire porter les verres correcteurs et d'engager le malade à faire des exercices de fusion avec le stéréoscope.
D'après ce que nous avons dit au début de ce chapitre, lorsque l'acuité visuelle de l'œil strabique sera considérablement affaiblie, on ne devra pas s'arrêter à ces exercices orthoptiques et l'on ne comptera que sur l'effet opératoire.
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Nous donnerons, d'après lespublications mêmes de Javal, les indications qui se rattachent à la pratique des exercices orthoptiques. On peut théoriquement partager le traitement en trois périodes :
Â, La première, consacrée à faire réapparaître la diplopie ;
B. La seconde, à corriger la déviation et à obtenir la fusion des images ;
C. La troisième, pendant laquelle on consolide le résultat obtenu en rétablissant les rapports nouveaux entre la convergence et l'accommodation.
Production de la diplopie. — Pour faire réapparaître la diplopie, il faudra d'une part corriger exactement l'amétropie des deux yeux, puis forcer le sujet à se servir de l'œil dévié. Dans ce but, on couvrira l'œil sain avec un bandeau ou avec une louchette. Cette louchette n'est autre chose qu'une coquille non percée et opaque que l'on choisira aussi légère que possible. Javal conseille de faire porter la louchette en permanence, sauf pendant le sommeil. Quand les yeux sont très inégaux, on pratique d'abord pendant des mois l'occlusion de l'œil le meil-
TROUBLES OCULO-MOTEURS
leur. Lorsque les yeux sont égaux ou que l'acuité visuelle de l'œil dévié, primitivement faible, est devenue égale à celle de l'œil sain, on partagera entre les deux yeux le port de la louchette. Lorsque le strabisme est pris dès le début et qu'il existe de la diplopie, il est inutile de recourir à ces procédés.
Fusion des images doubles. — Sitôt la diplopie produite, on commencera les exercices avec le stéréoscope. Il existe plusieurs modèles de cet appareil, les uns très perfectionnés, mais malheureusement très coûteux comme ceux de Javal et Bull et celui de Parinaud, d'autres plus simples et de prix modiques qui sont habituellement employés : c'est le stéréoscope Holmes, aussi appelé stéréoscope mexicain.
Pour obtenir la fusion des deux images, on emploie des cartons blancs sur lesquels se trouvent placés à des distances variables des points noirs, ou encore on se sert d'une planchette portant deux petits disques noirs qui peuvent glisser dans une rainure horizontale, ce qui permet de les rapprocher ou de les écarter. S'il s'agit d'un strabisme convergent, on cherche pour commencer un carton dont l'écartement des points noirs soit assez faible pour que le sujet puisse les fusionner en une seule image. Il n'est pas rare que le sujet ne réussisse pas le fusionnement au début, puisque sous l'influence de l'effort le fusionnement se produise. Pour s'assurer que les deux images sont fusionnées et que l'image vue simple est bien le résultat de la fusion et non le fait de la vision d'un seul œil, on a coutume de placer à la partie inférieure ou supérieure du disque ou du point une petite saillie ou flèche.
La perception des deux flèches et d'un seul point sera la preuve que- la fusionnement se produit