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TROUBLES CÉRÉBRAUX DE LA VISION

Ce chapitre comprendra les troubles survenant soit à la suite de lésions de l'appareil visuel central (lésions du lobe occipital, de la capsule, des bandelettes optiques, etc.), soit à la suite des troubles fonctionnels de ce même centre.

Les troubles visuels, provenant de lésions organiques, ne donnent guère lieu à des indications thérapeutiques importantes, ets'il est toujours nécessaire de remonter le moral du patient et de lui prescrire un traitement, on ne saurait cependant s'illusionner sur l'efficacité de cette thérapeutique, sauf dans les cas où l'affection reconnaît une étiologie syphilitique; mais là encore il n'est pas rare de voir le traitement le mieux conduit échouer complètement.

Il n'en est pas de même pour les troubles visuels migraineux, hystériques ou neurasthéniques que l'on considère comme résultant d'une simple altération fonctionnelle des centres cérébraux et sur lesquels nous nous étendrons un peu plus longuement. Nous envisagerons tout d'abord la migraine ophtalmique, la migraine ophtalmoplégique, puis l'hystérie oculaire et ses modalités multiples, et enfin les troubles oculaires de la neurasthénie.

Migraine ophtalmique. Scotome scintiliant.

La migraine ophtalmique est un trouble très fréquent et qui préoccupe vivement les malades, notamment lors des premiers accès ou lorsque quelque trouble cérébral l'accompagne.

TROUBLES OCULO-MOTEURS

Le trouble visuel qui précède la céphalalgie ou qui même souvent existe seul, est excessivement variable dans ses modalités : vibrations, brouillard, étincelles de feu, sensations colorées, disposées comme des fortifications à la Vauban, hémiopie, cécité. Le trouble se développe graduellement en quelques minutes. Sa durée variable dépasse rarement quelques heures. Très souvent il se produit une céphalalgie intense sous forme d'hémicranie : des nausées, des vomissements, de la pâleur peuvent s'y adjoindre, puis l'accès se termine après une durée de douze à vingt-quatre heures. Quelquefois avant, pendant ou après l'accès, se produisent des troubles cérébraux tels que parésie des membres inférieurs, hémiparésie, troubles de la parole, etc., toujours passagers.

Les accès sont souvent provoqués par une fatigue, un trouble digestif, un travail prolongé- La thérapeutique de l'accès en lui-même est rarement efficace : cependant on essaiera du décubitus horizontal, de l'antipyrine ou de la phénacétine ; quand les accès sont très espacés, il est rare que les malades se résignent à un traitement général ou à des mesures hygiéniques. Par contre, lorsque les accès se répètent fréquemment, on aura recours à la médication bromurée.

Sirop d'écorces d'oranges Bromure de potassium . . .

— de sodium

— d'ammonium . . .

Le malade prendra trois, quatre, puis cinq cuillerées de la solution bromurée par jour si l'on veut obtenir un effet réel. On y adjoindra le repos, l'hydrothérapie et un régime alimentaire reconstituant.

300 gr.

ââ 5 gr.

MIGRAINE OPHTALMOPLÉGIQUE 397

Il faudra avoir soin de rechercher la syphilis dans les antécédents des malades atteints de migraine ophtalmique, car ce syndrome peut être, dans certains cas, réalisé par une lésion gommeuse. Dans ce cas, les symptômes ophtalmiques sont souvent précédés d'une aura dans le membre supérieur. Ces faits ne font plus partie, il est vrai, de la migraine ophtalmique et rentrent dans l'épilepsie sensorielle ; mais la confusion est si facile, si Ton n'y pense pas, que nous croyons devoir attirer l'attention sur eux.

Migraine optitalmoplégicfiie.

On donne le nom de migraine ophlalmoplégique à un syndrome encore mal connu dans sa nature et carçLctérisé par une hémicrànie avec accompagnement nécessaire d'une paralysie totale d'un des nerfs oculo-moteurs commun. L'affection débute dans le jeune âge ou la puberté. Son étiologie est inconnue. La céphalée est en général localisée à un côté, elle est diffuse, sourde avec des exacerbations. Elle revient par accès se compliquant de malaise, de nausées ou même de vomissements. La paralysie oculaire survient toujours après la douleur. Entre le début de la douleur et l'apparition de la paralysie il peut s'écouler quelques heures, quelques jours ou quelques semaines. La paralysie est totale, unilatérale et complète. Elle s'étend à tous les muscles innervés par la 3^ paire et l'impuissance motrice est absolue au moins dans un grand nombre de cas. Enfin un des caractères particuliers de cette affection consiste dans la tendance aux récidives et à la périodicité. Les récidives peuvent être heb-

TROUBLES OCULO-MOTEURS

domadaires, mensuelles, ou bisannuelles et la durée de la paralysie également variable peut s'étendre à quelques heures ou quelques mois. En dehors de l'accès les troubles disparaissent complètement. Avec le temps les phases de paralysie deviennent plus longues et plus tenaces et la maladie tend à devenir continue avec des exacerbations périodiques.

L'affection n'a paru s'améliorer que dans un très petit nombre de cas. C'est dire que les indications thérapeutiques ne sont guère précises. On a conseillé l'emploi de doses fortes et progressives de bromure de potassium, comme dans la migraine ophtalmique. On essaiera de l'iodure de potassium, de l'électricité, etc.

manifestations oculaires hystériques.

Les manifestations oculaires de l'hystérie peuvent atteindre l'appareil moteur des globes oculaires (paralysies ou contractures), l'appareil accommodatif (contracture), ou enfin l'appareil sensoriel (rétrécissement du champ visuel, amaurose). Dans quelques cas très rares, on a noté des troubles pupillaires- (mydriase) ; mais il faut néanmoins considérer l'absence de troubles du côté de la pupille comme un des caractères importants des manifestations oculaires de l'hystérie.

Troubles ocalo-motears hystériques.

Le trouble de la motilité peut être limité ou généralisé à toute la musculature externe du globe oculaire ; mais ce qui le caractérise plus particuliè-

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