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I. — INFLAMMATIONS ORBITAIRES

Les inflammations orbitaires spontanées peuvent résulter de la localisation dans le tissu cellulaire de l'orbite de l'agent infectieux au cours d'une affeclion générale. Dans le plus grand nombre des cas, cependant, l'origine de l'infection doit être recherchée à la surface de la muqueuse d'une des cavités avoisinantes (fosses nasales, sinus de la face), ou encore dans une inflammation oculaire ou palpébrale. Quant aux infections traumatiques, leur pathogénie est trop simple pour qu'il soit nécessaire d'insister.

L'inflammation suppurative peut se localiser en divers points de l'orbite ou de ses parois. Le point important à déterminer est celui de savoir si l'os participe au processus inflammatoire. On peut le prévoir dans un certain nombre de cas par les données cliniques et anamnestiques, mais ce n'est très souvent qu'au cours de l'intervention que l'on peut s'en assurer d'une manière précise. Nous envisagerons tout d'abord deux types d'inflammation, la ténonite et la thrombo-phlébite orbitaire, dont les caractères anatomo-cliniquessont nettement tranchés; puis nous envisagerons les inflammations suppuratives.

TÉNONITE

Xéiionîte.

La ténonite peut être considérée comme l'arthrite du globe oculaire. C'est non seulement, en effet, la bourse séreuse dans laquelle le globe se meut en arrière qui est le siège de l'inflammation, mais la ténonite se produit très souvent en même temps que des manifestations de même nature du côté des grandes articulations et reconnaît la même étiologie. On peut l'observer dans toutes les infections à localisations articulaires (blennorrhagie, rhumatisme articulaire aigu, streptococcie, pneumococcie, etc.). L'affection est presque toujours bilatérale. Son début, assez brusque, est caractérisé par des douleurs orbitaires, une gêne des mouvements du globe et un chémosis souvent considérable, sans sécrétion manifeste et atteignant en un ou deux jours son maximum de développement. Il y a souvent un très faible degré de protrusion oculaire. Malgré l'intensité apparente de la réaction, les troubles visuels sont nuls ou très peu marqués. L'affection évolue spontanément vers la guérison en une ou deul semaines, ne laissant aucun trouble à sa suite.

Le traitement consistera dans le repos au lit et dans une chambre obscure pour que les mouvements oculaires ne soient pas sollicités. On y joindra des applications de compresses chaudes contre les phénomènes douloureux, que l'on calmera aussi par l'antipyrine ou l'injection de morphine, si cela est nécessaire. Le salicylate de soude n'est utile que dans les cas où la ténonite est liée au rhumatisme articulaire aigu. S'il s'agit d'un goutteux, on prescrira

MALADIES DE l'ORBITE

le salicylate ou benzoate de lithine, les laxatifs et un régime général antigoutteux.

Xlii^ombo-plilébite orbitaîre.

La thrombo-phlébite orbitaire résulte d'une infection d'origine externe (érysipèle des paupières, de la face, lésions gangréneuse de l'amygdale, caries dentaires), se propageant par la voie veineuse. Ce qui en rend le pronostic absolument fatal, c'est la propagation aux sinus cérébraux. Les symptômes consistent dans l'exophtalmie, qui est d'abord unilatérale et dont la bilatéralité indique que le sinus a été atteint par Tinflammation thrombosante. La vision se perd très rapidement. Des troubles cérébraux très accusés marquent la propagation aux sinus et la mortsurvientle plus souvent peu de jours après l'apparition des premiers troubles.

Le traitement est absolument impuissant à enrayer la marche de la phlébite lorsque celle-ci a débuté. On la préviendra dans une certaine mesure chez les malades qui sont atteints de causes d'infection phlébitiques en soignant leurs lésions. On essaiera du sérum de Marmorek dans les cas d'érysipèle ou d'infection streptococcique.

Ostéo-périostîte suppura tive.

A côté des affections du sinus qui, autrefois, étaient souvent prises pour des ostéo-périostites, on rencontre encore des cas où la suppuration a une origine ostéo-périostique. C'est plus particulièrement sur la paroi externe ou au niveau du bord de l'orbite que s'observent ces inflammations, qui ren-

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