DÉSINFECTION DU CHAMP OPÉRATOIRE
rilisé nécessite un nouveau savonnage ou une nouvelle désinfection des mains.
Oé&inrectioii du champ opératoire.
Ce que nous venons de dire touchant la désinfection des mains s'applique en partie à la désinfection du champ opératoire. La question est cependant un peu plus compliquée, car la muqueuse oculaire ne supporte pas le contact de solutions antiseptiques aussi actives que celles que l'on emploie pour la désinfection des mains. En outre, les conditions de contamination sont un peu différentes.
Dansles culs-de-sac conjonctivaux d'un œil normal dont les voies lacrymales sont perméables, les microbes pathogènes ne se rencontrent qu'assez rarement : ce qui, dans une certaine mesure, nous explique les succès de la chirurgie oculaire avant l'antisepsie à une époque oti toutes les interventions chirurgicales étaient si fréquemment suivies de complications septiques. On y trouve, cela va sans dire, des organismes saprophytes, mais les microbes pyogènes ne s'y rencontrent qu'accidentellement par suite du mauvais milieu de culture que constitue la sécrétion lacrymale et aussi par suite du balayage mécanique exercé par cette sécrétion.
D'autre part, la muqueuse conjonctivale est en continuité de surface avec la muqueuse nasale par la muqueuse des voies lacrymales. Si à l'état normal l'ascension des microbes de la fosse nasale à la conjonctive ne se produit pas, il n'en est plus de même lorsqu'il existe une lésion des voies lacrymales.
Dans la désinfection du champ opératoire, nous avons donc à tenir compte d'une part de la présence
26 l'asepsie et l'antisepsie chirurgicales
possible de microbes pathogènes dans les culs-desac; d'autre part de l'ascension possible de microbes pathogènes des fosses nasales vers la conjonctive, si l'appareil lacrymal ne fonctionne pas d'une manière normale.
Avant toute intervention sur le globe oculaire, il est nécessaire de faire un examen attentif des paupières, de la conjonctive et des voies lacrymales. Si ces différents organes sont le siège d'une inflammation, la première indication sera de combattre cette inflammation par les moyens thérapeutiques appropriés. On se préoccupera surtout de l'état des fosses nasales et des voies lacrymales. Les inflammations de leur muqueuse sont habituellement causées par le streptocoque, quelquefois parle pneumocoque, et ces deux microbes sont ceux qu'il faut le plus redouter.
Il sera préférable de différer l'opération tant qu'il existera un état inflammatoire des voies lacrymales, et tant que l'écoulement normal des larmes n'aura pas été obtenu. La désinfection de la conjonctive permettrait d'éviter une infection opératoire. Mais il persisterait les risques d'une infection secondaire, aussi grave pour l'opéré.
On a conseillé de faire, avant toute intervention sur le globe un pansement d'épreuve, c'est-à-dire de faire l occlusion de l'œil pendant 12 heures, et de se baser sur l'absence ou la présence d'une sécrétion conjonctivale pour se rendre compte de l'état infectieux ou non des culs-de-sac. C'est là un procédé trompeur, d'autant que certaines conjonctives normales réagissent très vivement sous la seule influence de l'occlusion. Nous croyons que le danger vient surtout des voies lacrymales, et qu'il sera prudent,