I. — MALADIES DE LA GLANDE LACRYMALE
Les maladies des glandes lacrymales sont, en somme, assez rares; on observe des inflammations aiguës ou dacryoadénites analogues à la parotidite des oreillons, des inflammations chroniques, notamment la tuberculose. Elles peuvent être le siège de néoplasies. Enfin, on observe parfois des troubles fonctionnels tels que l'hypersécrétion.
l>£ici*yoaclénite aiguë.
La dacryoadénite aiguë, qui s'observe au cours des oreillons ou de certaines pyrexies (fièvre typhoïde, rougeole, influenza), ne nécessite pas de traitement local. Elle évolue spontanément vers la guérison. S'il se produit une collection suppurée, la seule indication sera de l'inciser profondément dès qu'on l'aura reconnue. Si le siège du foyer purulent le permet, on incisera de préférence par la conjonctive à la partie externe du cul-de-sac supérieur.
Daci-yoadénîte diroaique.
Les lésions syphilitiques de la glande lacrymale ne sont pas connues ; par contre, on a décrit un certain nombre de cas de tuberculose de la glande
100 MALADIES DE l'aPPAREIL LACRYMAL
lacrymale orbitaire. Lorsque, par son volume, la glande détermine des troubles oculaires, on est en droit d'en pratiquer l'extirpation, d'autant que son absence ne paraît pas modifier le fonctionnement régulier de l'appareil visuel. On aura aussi recours à l'extirpation dans certaines hypertrophies de la glande, dont la nature n'est pas encore connue et qui sont habituellement symétriques.
Extirpation de la glande lacrymale orbitaire — L'extirpation de la glande orbitaire est une opération simple qui, pratiquée dans les conditions d'asepsie nécessaires à toute intervention chirurgicale, est exempte de danger. Pour découvrir la glande, on incise la peau au-dessous du sourcil et à la partie supéro-externe du bord orbitaire. On rencontre un tissu cellulaire peu vasculaire, puis une aponévrose, le ligament large de l'orbite. En l'incisant au voisinage du bord orbitaire, on tombe sur le bord antérieur de la glande qu'il est facile d'énucléer. Les lèvres delà plaie seront suturées avec des crins de Florence, et si l'opération a été conduite aseptiquement, on aura une réunion par première intention, et une cicatrice linéaire, très peu apparente.
Grenouîllette lacrymale.
On observe parfois des kystes par rétention développés dans les conduits principaux ou accessoires des glandes lacrymales. Ces kystes font saillie dans le cul-de-sac supérieur. Il suffit de faire l'excision d'une partie du kyste avec les ciseaux par la face conjonctivale, pour obtenir la guérison de cette petite affection sans gravité.
MALADIES DES VOIES d'eXCRÉTION
Hypersécrétion lacrymale.
L'hypersécrétion lacrymale est le plus souvent un trouble névropathique et s'observe dans le tabès et dans l'hystérie. On l'observe encore en dehors de ces affections nerveuses, et c'est dans ces cas que l'on peut combattre la gêne qui en résulte en faisant l'extirpation de la glande lacrymale accessoire.
Extirpation de la glande lacrymale accessoire. — Voici comment de De Wecker conseille de procéder : à l'aide de l'écarteur, on relève la partie externe de la paupière supérieure, en invitant le malade à regarder en bas et en dedans. Si on tend la commissure externe, la glande fait saillie sous la forme d'un bourrelet, ayant l'aspect d'une fève aplatie. On incise la conjonctive suivant le grand axe de la glande, et on la dissèque avec des ciseaux courbes. On isole l'extrémité interne par la face profonde et on termine par l'extrémité externe. Il n'est pas nécessaire de mettre des points de suture. L'opération peut se faire à la cocaïne appliquée en instillations.
n. — MALADIES DES VOIES D'EXCRÉTION DE L'APPAREIL LACRYMAL
Gonsidéi^ations générales.
L'étiologie des maladies des voies lacrymales est encore peu avancée, et l'on se contente de confondre, sous une même désignation, des affections dont l'origine est fort différente. On n'envisage habituellement que le rétrécissement plus ou moins accusé du canal lacrymo-nasal, et les complications aux-
102 MALADIES DE l'APPAREIL LACRYMAL
quelles ce trouble peut donner lieu. Il y aurait lieu de rechercher la cause de l'inflammation primitive, dont ce rétrécissement n'est que la conséquence, d'autant que cette inflammation persiste souvent encore lorsqu'on entreprend le traitement. Ce sont, avant tout, les inflammations de la muqueuse nasale qui, en se propageant au canal nasal, créent l'obstacle à l'écoulement des larmes. Quelques-unes nous sont connues, telles sont : l'ozène, le lupus, la syphilis ; mais le plus grand nombre sont confondues sous la désignation vague de rhinite chronique.
La grande majorité des rétrécissements des voies lacrymales sont des rétrécissements membraneux. Les rétrécissements par lésions osseuses résultant de traumatismes (fractures du nez) ou d'inflammations syphilitiques ou tuberculeuses sont certainement les moins fréquents. Nous envisagerons tout d'abord, au point de vue thérapeutique, le rétrécissement simple, puis le rétrécissement inflammatoire et enfin les différentes complications inflammatoires ou non qui peuvent se développer au cours des affections des voies lacrymales.
Mais, avant d'envisager la question au point de vue thérapeutique, il est nécessaire de nous arrêter un instant aux procédés qui nous permettent de reconnaître la sténose lacrymale.
L'existence d'un larmoiement accusé parle malade n'est pas suffisant pour porter le diagnostic de rétrécissement. Il faut constater par l'injection, par le cathétérisme, la sténose; il faut chercher à en fixer le siège, la nature et l'étendue.
Il faut s'assurer tout d'abord que l'obstacle à l'écoulement des larmes ne tient pas à une éversion
MALADIES DES VOIES d'eXCRÉTION
du point lacrymal par hypertrophie de la caroncule ou par lésion cicatricielle.
Fig, 28. — Seringue d'Anel, modèle stérilisable à piston de Roux.
Voici comment nous procédons : nous instillons tout d'abord une goutte de cocaïne pour insensibiser la conjonctive ; si le point lacrymal inférieur est peu visible, nous le dilatons légèrement en intro-
Fig. 29. — Stjlets et sondes pour le cathétérisme des voies lacrymales.
duisant le stylet ou une épingle stérilisée. La fine canule de la seringue d'Anel (modèle stérilisable) est introduit dans le canalicule pendant que l'index de la main gauche tend la commissure interne, le malade regardant en haut; on pousse alors douce-