‹ Thérapeutique oculaireChapitre 45 sur 130 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

che de tous côtés à préciser le diagnostic, à se rendre un compte plus exact de la nature et de Tétiologie des maladies, pour en combattre plus sûrement les effets, qu'il est permis de s'en tenir à un diagnostic basé sur l'aspect catarrhal, purulent ou pseudomembraneux d'une inflammation. Il est certain que plusieurs de ces conjonctivites, étiologiquementdifférentes, bénéficient d'un même traitement, que le collyre au nitrate d'argent rendra les mêmes services dans la conjonctivite aiguë contagieuse et dans la conjonctivite blennorrhagique. Dans la diphtérie oculaire, au contraire, le sérum antidiphtérique donne des résultats merveilleux ; il s'agit d'un médicament spécifique qui n'agit que sur les lésions causées par le bacille diphtérique ou sa toxine. Le sérum n'a d'efficacité que dans les inflammations pseudo-membraneuses oîi le bacille diphtérique joue un rôle. Si l'on confond dans une même dénomination de conjonctivite diphtérique toutes les ophtalmies pseudo-membraneuses, on sera surpris de voir que le sérum, efficace dans les unes, est sans effet sur les autres. C'est que toutes les ophlhalmies pseudo-membraneuses ne sont pas causées par le bacille diphtérique, et que des microbes différents, le gonocoque, le bacille de Weeks, peuvent causer une inflammation anatomiquement semblable à celle du bacille diphtérique. Sur celle-ci le sérum antidiphtérique ne provoquera ni amélioration, ni aggravation, mais une thérapeutique locale pourra être très utile. On voit, par conséquent, que dans les ophtalmies à pseudo-membranes, le diagnostic étiologique a sa consécration pratique par la thérapeutique. Nul doute qu'il n'en soit un jour de même pour les autres variétés de conjonctivites.

MALADIES DE LA CONJONCTIVE

Ainsi donc, au double point de vue prophylactique et thérapeutique, il y a un intérêt pratique à considérer les inflammations conjonctivales dans leur étiologie et non dans leurs réactions anatomiques, en d'autres termes à distinguer des maladies différentes dans leur évolution, leur contagiosité, leur traitement. Cette manière de voir n'est pas celle de tous les auteurs, et on la trouve à peine indiquée dans les traités les plus récents. Mais nous sommes fermement convaincus de son importance pratique, et nous sommes persuadés qu'elle sera adoptée par tous les praticiens soucieux d'un diagnostic exact et d'une intervention utile au malade.

Dans le premier groupe des inflammations conjonctivales dues à une infection externe, nous rangerons :

La conjonctivite aiguë contagieuse ;

La conjonctivite subaiguë;

La conjonctivite à pneumocoques;

La conjonctivite blennorrhagique ;

La conjonctivite diphtérique ;

La conjonctivite granuleuse ;

La conjonctivite infectieuse ;

La conjonctivite vaccinale;

La tuberculose conjonctivale ;

Avant d'aborder l'étude spéciale de ces différentes formes de conjonctivite, nous donnerons quelques indications sommaires sur la manière de procéder au diagnostic bactérioscopique.

Technique de l'examen bactérioscopique.

L'examen microscopique de la sécrétion conjonctivale au point de vue des micro-organismes qui y sont

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