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TECHNIQUE DE L'EXAMEN BACTÉRIOSCOPIQUE

contenus n'exige que quelques instants, et on acquiert très rapidement l'expérience suffisante pour différencier les différents microbes et constater leur présence ou leur absence.

Cet examen se fait le plus commodément avec un microscope muni d'un objectif à immersion et d'un oculaire 3. On aura, en outre, un fil de platine aplati à son extrémité, de l'huile à immersion et des lames porte-objets. Les liquides ou solution colorantes sont les suivantes : une solution phéniquée de fuchsine de Ziehl, une solution phéniquée de violet de gentiane, une solution iodo-iodurée deLugol, un flacon d'alcool absolu.

A l'aide du fil de platine, préalablement flambé, on recueille un peu de la sécrétion conjonctivale dans le cul-de-sac inférieur, si la sécrétion est abondante, ou au niveau de la caroncule si elle est en faible quantité. S'il s'agit d'un exsudât pseudo-membraneux, on en grattera légèrement la surface avec l'extrémité du fil de platine. La sécrétion est étalée en couche mince en deux points sur une lame porteobjet ; on laisse sécher, et on fixe en passant la lame dans la flamme trois à quatre fois. On procède alors à la coloration.

Deux méthodes de coloration suffisent amplement pour le diagnostic : la coloration simple par la fuchsine de Ziehl diluée, et la coloration par la méthode de Gram.

Dans tous les cas, on aura d'abord recours à la coloration simple ; voici comment elle se pratique :

On verse dix gouttes de solution phéniquée de fuchsine de Ziehl dans 10 centimètres cubes d'eau : c'est cette dilution qui servira à colorer. On en verse quelques gouttes sur la partie de la lame recouverte

MALADIES DE LA CONJONCTIVE

de Fexsudat à examiner, on laisse agir une minute, on lave à l'eau et on sèche. La préparation sèche est prête à être examinée. Il suffit de mettre une goutte d'huile de cèdre directement sur la préparation (sans interposition de lamelle) et de la placer sur le microscope.

Dans certains cas, sur lesquels nous reviendrons plus loin, il est nécessaire après avoir fait une coloration simple de faire une seconde préparation que Ton traite par la méthode de Gram. C'est pour cela que nous conseillons de faire toujours deux préparations sur la même lame. La seconde est recouverte de quelques gouttes de la solution phéniquée de violet de gentiane (non étendue d'eau). On laisse agir une demi-minute, on chasse le colorant que l'on remplace par la solution iodo-iodurée qui doit agir pendant un temps égal ; on lave à l'eau, puis on décolore avec l'alcool absolu en renouvelant l'alcool jusqu'à ce que la préparation paraisse complètement décolorée. On sèche et on examine, après avoir mis une goutte d'huile de cèdre sur la préparation.

La coloration simple seule permet de reconnaître : Le dacille de Weeks : petit bacille très fln qu'il faut rechercher dans le protoplasma des leucocytes ou entre les cellules. Il existe toujours en très grande abondance.

Le diplobacille : gros bacille, trois à quatre fois plus épais que le précédent, formé par deux éléments trapus, séparés par un espace clair. Les extrémités de chaque élément sont légèrement renflées et arrondies. Le plus grand nombre des diplobacilles est libre entre les cellules; quelques-uns sont inclus dans leur protoplasma ou sont groupés en amas sur les cellules épithéliales.

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Le pneumocoque : diplocoque formé de deux éléments arrondis, ovalaires ou lancéolés, souvent entouré d'un espace clair incolore (capsule). Il est intra ou extra-cellulaire.

Le gonocoque : diplocoque formé de deux éléments plus ou moins aplatis. Il forme de gros amas dans les cellules.

Le iacille diphtérique : bâtonnet plus ou moins long présentant souvent une extrémité renflée en massue.

Pour les deux premières espèces microbiennes, il est inutile de procéder à une coloration par la méthode de Gram. Les caractères de ces organismes sont suffisamment distincts des autres pour les faire reconnaître.

Pour le gonocoque, le pneumocoque et le bacille diphtérique, il sera utile de faire une deuxième préparation traitée par la méthode de Gram.

Sur les préparations faites de cette manière le gonocoque se décolore complètement; le pneumocoque reste au contraire nettement coloré en violet sombre. Le bacille diphtérique est aussi coloré par la méthode de Gram, et, comme le fond devient incolore, comme le bacille diphtérique se trouve souvent en petit nombre, cette manière de colorer permettra de mieux le reconnaître.

A côté de ces micro-organismes on peut encore rencontrer le streptocoque : dans la sécrétion conjonctivale il affecte la forme de diplocoque ou se dispose en chaînettes de plusieurs éléments.

Le staphylocoque forme, dans les cellules, des amas en grappe de raisin ; il se différencie aisément du gonocoque, par le fait que la méthode de Gram le

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On trouve constamment dans la sécrétion conjonctivale un bâtonnet à formes irrégulières souvent massives et qui n'est qu'un saprophyte banal rentrant dans le groupe des bacilles pseudo-diphtériques.

La sécrétion de certaines conjonctivites ne renferme pas de microbes décelables par les procédés de coloration : leur microbe spécifique est encore inconnu. Ce sont :

La conjonctivite granuleuse;

La conjonctivite infectieuse ;

La conjonctivite vaccinale.

Dans la tuberculose conjonctivale, il est exceptionnel de constater au microscope des bacilles tuberculeux. On aura recours, pour les déceler, à l'inoculation d'un fragment de l'ulcération au lapin ou au cobaye.

Enfin, à l'infection primitive peut se surajouter une infection secondaire. C'est ce qui arrive le plus souvent dans la conjonctivite diphtérique: le bacille diphtérique vient compliquer une conjonctivite à pneumocoque ou à streptocoque. Dans ce cas, les deux organismes existent simultanément dans la sécrétion conjonctivale et peuvent être reconnus par l'examen microscopique.

IL — INFLAMMATIONS CONJONCTIVALES

Conjonctivite aiguë contagieuse.

La conjonctivite aiguë contagieuse s'observe à l'état endémique dans la plupart des grandes villes. C'est de toutes les inflammations conjonctivales celle qui se dissémine le plus facilement, et qui, dans

CONJONCllVITE AIGUË CONTAGIEUSE

une famille ou dans une école, atteint le plus grand nombre de personnes.

Cette affection est causée par un petit bacille très fin que l'on retrouve en abondance dans la sécrétion conjonctivale.

L'inflammation qu'il détermine est des plus variables dans son intensité, ce qui fait que, si l'on voulait s'en tenir à l'ancienne division des conjonctivites, il faudrait faire rentrer cette maladie à la fois dans la conjonctivite catarrhale, purulente et même pseudo-membraneuse.

D'une manière générale on peut dire que l'affec tion est plus bénigne chez les enfants que chez les adultes. Chez ceux-ci les phénomènes douloureux sont souvent très intenses, et il peut même se produire des lésions cornéennes.

Les deux yeux sont atteints successivement à un ou deux jours de distance. La conjonctivite bulbaire et tarsienne est le siège d'une vive injection; les extravasations sanguines sous-conjonctivales ne sont pas rares. La sécrétion est plus ou moins abondante et forme, dans l'angle interne, une petite concrétion d'un jaune vif. Les paupières peuvent se tuméfier, et l'ouverture spontanée en est fréquemment impossible pendant les premiers jours de l'inflammation.

Les douleurs sont assez vives, sauf dans les formes très bénignes, qui atteignent surtout les jeunes enfants. C'est une sensation de cuisson et une sensibilité très vive de la région orbitaire au contact ou à la pression.

Chez les enfants, faffection peut, d'emblée ou après une poussée aiguë de quelques jours, prendre une allure subaiguë et persister pendant plusieurs mois. Ce sont ces cas qui sont la cause du plus grand

MALADIES DE LA CONJONCTIVE

nombre de contagions, et qu'il est de toute nécessite de soigner, bien que les parents des malades n'y attachent habituellement aucune importance.

Chez l'adulte, la conjonctivite aiguë contagieuse a une évolution plus rapide, mais sa durée peut être notablement raccourcie par le traitement. Celui-ci est d'autant plus efficace que l'affection est traitée de bonne heure.

Le traitement comprendra d'une part des instillations quotidiennes de nitrate d'argent faites parle médecin lui-même^ et des applications et des lotions tièdes répétées plusieurs fois par jour.

L'instillation de nitrate d'argent (on se servira d'un collyre au 1/40) se fera avec le compte-gouttes, les paupières étant simplement écartées et non retournées,puis on neutralise l'excès avec une solution de chlorure de sodium. Chez les personnes sensibles, on peut atténuer la cuisson causée par le nitrate d'argent, en instillant deux minutes auparavant, une goutte de collyre de cocaïne au 1 /20.

Le ûollyre au sulfate de zinc

Eau distillée 10 gr.

Sulfate de zinc 0,25 centigr.

peut être substitué au nitrate d'argent lorsque la conjonctivite est peu intense et que le malade est éloigné du médecin.

Le protargol en solution au 1/5

Eau distillée Protargol. . .

instillé 3 fois par jour dans les yeux par le malade lui-même parait donner d'assez bons résultats dans la conjonctivite aiguë contagieuse. Son instillation inoffensive est en général peu douloureuse.

10 gr.

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Le malade fera en outre, deux à trois fois par jour, des lotions tièdes avec de l'eau salée à 1 0/0. On le préviendra du danger de contagion ; on lui recommandera de se savonner les mains aussi fréquemment que possible et d'éviter de porter les doigts à ses yeux. C'est en effet surtout par les mains que se fait la transmission de l'élément contagieux.

On recommandera au malade de ne pas appliquer de bandeau sur les yeux, mais on lui conseillera le jour des verres coquilles teinte fumée, n*' 3, qui le soulageront en diminuant la photophobie. Si la douleur est très intense, on prescrira des frictions sur le front et les tempes avec une pommade de morphine.

Lanoline 10 gr.

Chlorhydrate de morphine 0,50 centigr.

S'il existe des lésions cornéennes,on n'en fera pas moins les instillations de nitrate d'argent, mais on y adjoindra les instillations d'un collyre faible d'atropine répétées trois fois par jour.

Eau distillée 10 gr.

Sulfate d'atropine 0,03 centigr.

On ne cessera le traitement que lorsque l'agglutinement des paupières au réveil et la sécrétion conjonctivale auront complètement disparu. C'est alors seulement que le malade peut être considéré comme guéri et qu'il n'y a plus aucun danger de contamination.

La durée du traitement est des plus variables; nombre de cas guérissent après cinq ou six instillations. Chez d'autres, la guérison nécessite parfois un traitement de plusieurs semaines.

MALADIES DE LA CONJONCTIVE

Conjonctivite blennorrliagiqne.

La conjonctivite blennorrhagique résulte du transport sur la muqueuse oculaire du virus blennorrhagique, c'est-à-dire du gonocoque, que ce virus provienne d'une autre muqueuse enflammée du malade (comme c'est le cas habituel dans la conjonctivite blennorrhagique de l'adulte) ou de la muqueuse génitale de la mère, ainsi que cela s'observe toujours dans l'ophtalmie des nouveau-nés. Au point de vue clinique, on peut observer certaines différences dans l'intensité de la réaction, depuis les formes les plus bénignes jusqu'aux formes les plus graves et les plus destructives. D'une manière générale, on peut dire que la conjonctivite blennorrhagique est plus grave chez l'adulte que chez le nouveau-né.

L'examen microscopique du pus montrera toujours dans ces cas-là la présence du gonocoque. En l'absence de cet examen, on aura soin, lorsqu'on est en présence d'une conjonctivite purulente et qu'il ne s'agit pas d'un nouveau-né, de faire l'examen des muqueuses génitales. L'existence d'un vulvo-vaginite chez une jeune fîUe ou d'un écoulement uréthral ou vaginal chez les adultes, jointe aux symptômes cliniques, permettra, dans le plus grand nombre des cas, de préciser le diagnostic. Nous étudierons successivement la conjonctivite blennorrhagique chez le nouveau-né et chez l'adulte.

Ophtalmie blennoi^rtiaglque des nouveau-nés.

L'ophtalmie blennorrhagique du nouveau-né se développe dans les huit jours qui suivent l'accouche-

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