KÉRATITES INFECTIEUSES PROPREMENT DITES
B. — Kératites infectieuses proprement dites»
Les kératites proprement dites comprennentd'une part certaines infections cornéennes dont les caractères ciiniquesetétiologiques très netspermettent de les décrire isolément : ce sont l'ulcère serpigineux, la kératomalacie et la kératomycose. En dehors de ces types cliniques on groupe sous le nom de kératite à hypopion atypique tous les cas qui s'en écartent et qui sont causées par des infections diverses. Ici comme pour les affections conjonctivales le diagnostic étiologique a une importance thérapeutique, et l'examen microscopique du pus de l'ulcère pourra très souventdonner des indications utiles pour le malade. Certains kératites à hypopion, dues au streptocoque par exemple, guérissent souvent par les simples lavages, l'instillation d'atropine et l'occlusion. Dans ces cas, l'interventionaveclegalvanocautèredoit être rigoureusement écartée, puisque cette intervention entraînerait ultérieurement la production de leucomesfortgênantspour la vision. Par contre, l'ulcère serpigineux qui résulte d'une infection superficielle par le pneumocoque est une des affectionscornéennes les plus graves et les plus rebelles au traitement. Si l'examen microscopique fait reconnaître la présence du pneumocoque dans une petite ulcération superficielle de début récent, on sera autorisé à se servir du galvanocautère (Uhthoff Axenfeld) et à cautériser les bords de l'ulcère. Les leucomesqui en seront la conséquence seront toujours moins graves que ceux qui résulteraient de l'extension fatale de l'inflammation cornéenne. C'est parce que l'on n'a
THÉRAPEUTIQUE OCULAIRE il
MALADIES DE LA CORNÉE
pas tenu compte de la nature des différentes infections cornéennes que leur thérapeutique est si vague et souvent si peu certaine dans ses résultats.
Ulcère serpîgîneux de la cornée.
On réserve le nom d'ulcère serpigineux aune ulcération se propageant surtout en surface. L'ulcération se développe à la suite d'une blessure légère, d'une érosion superficielle , d'un corps étranger, parfois même sans lésion traumatique appréciable du globe oculaire. Elle s'observe de préférence chez les personnes atteintes d'une affection des voies lacrymales (rétrécissement, dacryocystite). Au début, l'ulcération ne forme qu'une petite tache grisâtre dont un . des bords cependant présente une infiltration plus marquée. L'examen microscopique du pus de l'ulcère, même à cette période, montre une véritable purée de pneumocoque et cette constatation permet de pronostiquer une affection grave et de mettre en oeuvre un traitement énergique.
L'ulcération a une forme semilunaire, et l'infil- tration purulente desbords estsurtout marquée d'un côté. C'est de ce côté que se fait la propagation, tandis que la partie primitivement atteinte se répare. Pendant toute l'évolution du processus on constate l'existence d'une quantité plus ou moins considérable de pus dans l'angle inférieur delà chambre an térieure . La perforation de la cornée ne se produit que lorsque l'ulcération a envahi une grande surface de cette membrane. Dès que l'ulcère a acquis une certaine étendue, aux phénomènes douloureux périoculaires s'ajoutent . bien souvent de l'insomnie et de l'inappétence. Dans certains cas, l'infection cornéenne se -