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DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE

pale est que les cas de décollements rétiniens ne sont nullement comparables entre eux; l'étiologie de ce symptôme n'est souvent pas indiquée dans les observations, et, très fréquemment aussi, il n'est pas possible de la déterminer.

Dans ces conditions, faut-il s'abstenir d'intervenir en se basant sur l'incertitude des résultats et l'imprécision des indications? Nous ne le pensons pas, car nous croyons au contraire que l'on aurait tort de renoncer d'emblée à tout traitement. L'intervention qui nous paraît la plus rationnelle et qui, pratiquée avec les précautions nécessaires, s'est montrée absolument inoffensive, est l'évacuation du liquide sous-rétinien par la ponction sclérale répétée à intervalles plus ou moins éloignés à chaque fois que se reforme le liquide et que se reproduit le décollement. Cette méthode de traitement que nous avons vu souvent mettre en pratique par le D"" Parinaud et dont nous avons pu dans plusieurs cas observer les bons résultats, nous parait devoir être essayée dans tout décollement rétinien.

Voici comment se pratique la ponction : On détermine tout d'abord le siège du décollement par l'examen subjectif et objectif puis on procède à la toilette du sac conjonctival comme on doit le faire dans toute intervention chirurgicale. Les paupières sont maintenues écartées par un écarteur ou par un aide : le globe anesthésié par deux instillations de cocaïne est fixé avec la pince à dents de souris et attiré aussi loin que possible dans la direction opposée au siège du décollement. Avec un couteau de De Graefe à lame étroite, stérilisé, cela va sans dire, on ponctionne la sclérotique au travers de la conjonctive aussi loin que possible de la cornée et

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MALADIES DE LA RÉTINE

dans un des méridiens obliques de manière à passer entre les muscles droits. La pointe du couteau est enfoncée de quelques millimètres, puis en même temps qu'on la retire on lui fait exécuter un léger mouvement de rotation autour de son axe de manière à élargir la plaie sclérale ; puis, en retirant lentement le couteau, on voit la conjonctive se soulever par l'irruption d'un liquide citrin qui se répand dans le tissu épiscléral. On applique ensuite un pansement légèrement compressif et le malade garde le lit. Le lendemain de l'opération, la rétine est habituellement réappliquée et il est rare qu'il ne se produise pas une amélioration considérable de la vision.

Mais il est bon de prévenir le malade de la récidive possible et probable et de l'avertir que de nouvelles ponctions serontprobablement nécessaires. En effet, après une période de 10 à 30 jours, il n'est pas rare de voir le décollement se reproduire quoique souvent son étendue soit moins considérable qu'avant la ponction. On attendra quelques jours pour procéder à une nouvelle opération et l'on pourra ainsi, sans inconvénients pour l'œil, faire 3, 4 ou 5 ponctions dans l'espace de quelques mois, pendant lesquels le malade devra être astreint au repos le plus complet et au décubitus horizontal. Si l'on soupçonne la syphilis ou le rhumatisme, on fera bien, cela va sans dire, de joindre au traitement local le traitement général de ces deux affections.

Nous le répétons, il ne peut pas être question d'une intervention certaine dans ses effets et sûrement efficace; mais, ainsi que nous l'avons dit, on pourra presque toujours obtenir une amélioration sinon persistante, au moins passagère, et parfois même on aura des succès définitifs. En outre, faite

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