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TUMEURS DE LA RÉTINE

avec les précautions nécessaires, cette intervention ne sera jamais préjudiciable au malade.

Xumeurs de la rétine.

La seule tumeur rétinienne primitive est le gliome de la rétine qui ne s'observe que chez les jeunes sujets, de la naissance à l'âge de 9 ans. Il se caractérise par la présence d'un reflet blanchâtre caractétéristique de la pupille ; la confusion n'a été faite qu'avec des lésions choriorétiniennes d'origine inflammatoire et encore dans un très petit nombre de faits.

L'énucléation, faite dès le début de l'apparition des symptômes, est le seul traitement applicable ; mais lors même que la tumeur n'a pas franchi le globe oculaire, la guérison définitive est exceptionnelle.

MALADIES DU NERF OPTIQUE

Le nerf optique peut être atteint par différents processus pathogènes qu'il est très utile de bien différencier au point de vue du pronostic et du traitement.

Certains processus infectieux aigus dont le siège et la nature exacte ne sont pas encore bien établis, mais qui se traduisent par le syndrome clinique bien défini de la névrite rétro-bulbaire aiguë, comportent d'une manière générale un pronostic relativement moins redoutable que ne pourraient le faire croire les troubles fonctionnels graves par lesquels ils se traduisent. Ces névrites rétrobulbaires succèdent surtout à des infections d'origine naso-pharyngée : influenza, érysypèle, etc.

Parmi les processus infectieux chroniques, c'est la syphilis qui joue le principal rôle : elle peut atteindre le nerf optique par deux mécanism^es distincts comme pronostic et comme évolution ; par des lésions inflammatoires, par une infiltration gommeuse sur laquelle le traitement antisyphilitique a souvent une efficacité complète, ou par des lésions dégénératives atrophiques atteignant d'emblée la fibre nerveuse et se traduisant par l'atrophie papillaire avec ou sans symptômes tabétiques des autres appareils. Cette atrophie du nerf optique comporte un pronostic des plus sombres et le traitement n'a

NÉVRITE RÉTROBULBAIRE AIGUË

aucune action sur son évolution plus ou moins rapide suivant les cas.

Certaines intoxications, comme l'intoxication nicotino-alcoolique déterminent fréquemment des lésions circonscrites à certaines parties du nerf optique, et peuvent guérir par la suppression de l'intoxication. Le nerf optique peut encore être atteint par des lésions néoplasiques développées dans son épaisseur ou siégeant dans son voisinage immédiat.

Enfin, certaines affections du système nerveux central, comme la sclérose en plaques, peuvent s'accompagner de lésions du nerf optique et les néoplasies intracrâniennes peuvent produire du côté du nerf optique des troubles graves.

Nous passerons en revue les indications thérapeutiques spéciales à ces différentes affections.

IVévrîte rétrobulbaîre £iiguë.

. Cette névrite aiguë qui se traduit par des troubles fonctionnels graves pouvant aller jusqu'à la cécité alors que les lésions ophtalmoscopiques de lapapille sont à peine marquées, a le plus souvent une évolution beaucoup plus bénigne que ne le ferait croire la brusquerie de son début et l'intensité du trouble visuel. Comme dans toute inflammation aiguë, les lésions peuvent être plus ou moins profondes et l'altération des fibres visuelles peut être assez marquée pour que la réparation ne se produise pas d'une manière complète; mais ce qu'il importe de savoir, c'est que d'une manière générale le pronostic est favorable et qu'après une période de 8 à 15 jours les troubles visuels s'atténuent et que l'amélioration

258 MALADIES DU NERF OPTIQUE

s'accentue à mesure que Ton s'éloigne du début de l'afTection.

Cette évolution spontanée vers la guérison a été mise le plus souvent sur le compte de la thérapeutique employée ; mais si l'on envisage que, d'une part, les cas ou, à défaut de toute intervention thérapeutique, la guérison complète ne s'en est pas moins produite, et, d'autre part, les cas traités l'ont été avec le même succès par les moyens les plus divers, on est tenté de conclure à l'inutilité du traitement.

Il nous paraît, en tous cas, inutile de recourir à une thérapeutique locale douloureuse comme celle des injections sous-conjonctivalesde sublimé, et, tout au plus, admettons-nous l'opportunité d'une thérapeutique dirigée contre l'état général.

Le repos au lit est indiqué. Les douleurs quelquefois assez vives provoquées par les mouvements oculaires seront atténuées par l'emploi de l'antipyrine ou de la phénacétine et surtout par le séjour dans une chambre obscure où le regard ne sera pas sollicité. On a préconisé aussi les mercuriaux à l'intérieur, notamment le calomel à petites doses.

Les sangsues appliquées à la tempe ou sur la région mastoïdienne nous paraissent d'une utilité douteuse.

Dans certains cas exceptionnels, ces accidents aigus du côté du nerf optique paraissent liés à une sinusite aiguë du sinus sphénoïdal, ethmoïdal ou maxillaire. Il sera toujours indiqué de pratiquer un examen attentif de ces cavités et d'évacuer le pus si elles sont le siège d'une collection suppurée.

ATROPHIE PRIMITIVE DU NERF OPTIQUE 259 l^évrîte optique syphilitique.

La névrite optique syphilitique est d'un pronostic relativement bénin quant à son évolution immédiate, mais il comporte néanmoins une certaine gravité, par suite des récidives fréquentes ; il n'est pas à comparer, cependant, avec l'atrophie de papille qui, elle, a toujours une évolution progressive et entraîne toujours la perte de la vision.

Le traitement sera, cela va sans dire, un traitement antisyphilitique énergique avec les injections intramusculaires et l'iodure de potassium à haute dose. Ce n'est guère qu'après trois semaines à un mois que Ton peut juger de l'efficacité thérapeutique. Le traitement sera continué pendant plusieurs mois et il est absolument nécessaire que le malade soit examiné de temps à autre au point de vue de son acuité visuelle et de l'état de sa papille.

On fera suspendre tout travail et on cherchera à mettre le malade dans les meilleures conditions générales possibles.

Atrophie primitive du nerf optique.

Dans l'atrophie primitive du nerf optique (non consécutive à une lésion traumatique ou à une névrite aiguë ou chronique du nerf optique), c'est encore la syphilis qui est en cause. Cette atrophie primitive peut exister seule ou peut s'accompagner de symptômes de paralysie générale ou de tabès. Ce qui permet, dans la plupart des cas, de la diagnostiquer et d'en établir le pronostic dès le début, c'est l'existence de troubles dans les réflexes pupillaires

MALADIES DU NERF OPTIQUE

(absence complète ou dissociation : signe d'Argyl Robertson).

Cette forme de lésion du nerf optique a une évolution plus ou moins rapide vers la dégénérescence totale des fibres optiques et la cécité complète. Son pronostic est partant des plus sombres et nul traitement jusqu'à ce jour n'a permis d'enrayer ou même de retarder l'évolution de l'atrophie. Le traitement antisyphilitique pourra toujours, au début, être tenté, d'autant plus que des lésions syphilitiques du chiasma peuvent, dans certains cas rares, il est vrai, se traduire par une atrophie de papille et que, sur ces lésions, le traitement peut être efficace; mais, nous le répétons, dans les cas typiques, le traitement est sans effet. Faut-il, pour cela, s'abstenir de toute thérapeutique? L'état moral du malade ne le permet pas le plus souvent, et c'est ainsi que se trouvent justifiés tous les traitements qui ont été tour à tour préconisés; injections de strychnine, pointes de feu, révulsifs sur la nuque, électrisation, etc., etc. Il est cependant utile pour le médecin de savoir qu'il n'a rien à en attendre au point de vue thérapeutique.

i%.tropliie secondaire du nerf optique.

L'atrophie du nerf optique secondaire aux lésions inflammatoires du nerf optique ou de l'orbite, aux fractures de l'orbite, comporte un pronostic moins fâcheux que l'atrophie primitive, et l'on peut surtout, lorsqu'elle succède à un processus névritique aigu, compter sur une amélioration progressive pendant plusieurs mois et même quelques années.

Le traitement classique consiste dans les injections

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