GLAUCOME INFLAMMATOIRE AIGU OU SUBAIGU
une hémorrhagie intra-oculaire. Cet inconvénient n'existe pas avec la sclérotomie antérieure. Mais la sclérotomie ne devra en aucun cas être considérée comme l'opération définitive et thérapeutique, même si sous l'influence de cette seule intervention la poussée glaucomateuse prenait fin.
La sclérotomie pratiquée ainsi, par nécessité, devra être suivie après quelques jours ou même plus rapidement si l'hypertonie se reproduisait, d'une large iridectomie faite ainsi que nous le dirons plus loin. Il y aura presque toujours intérêt, surtout si l'œil est douloureux, de recourir à l'anesthésie générale par le chloroforme. Chez certains de nos confrères anglais, l'anesthésie générale est de règle pour l'iridectomie antiglaucomateuse,etnousestimons que c'est là une mesure aussi utile pour l'opéré que pour l'opérateur. En effet, lorsqu'il existe de l'hypertonie, l'action anesthésique de la cocaïne est très incomplète; l'intervention est presque toujours douloureuse. Le malade fait des efforts de contraction des paupières qui gênent l'opérateur et peuvent même produire la luxation du cristallin ou l'hémorrhagie rétro-choroïdienne.
Lorsque, sous l'influence de cette iridectomie, la tension est revenue à l'état normal, on s'abstiendra de tout traitement en indiquant aux malades les précautions hygiéniques que nécessitent leurs conditions visuelles. Il est avant tout nécessaire qu'ils se soumettent à une surveillance médicale continue. Même en l'absence de tout phénomène douloureux ou de toutafl"aiblissement visuel, il sera de toute importance que trois ou quatre fois par an on détermine exactement l'acuité visuelle et que l'on mesure le champ visuel de tout malade iridectomisé pour glau-
MALADIES DU GLOBE OCULAIRE
corne et que l'on s'assure de la tension intra-oculaire.
Haab insiste même sur la nécessité d'examiner la tension intra-oculaire non seulement pendant le jour, mais aussi pendant le sommeil. Certains malades ne présentent jamais d'hypertonie à l'état de veille, mais en présentent, au contraire, durant le sommeil. Il va sans dire que cet examen nocturne n'est indiqué que dans les cas où l'on constate un affaiblissement visuel avec rétrécissement du champ visuel en l'absence d'hypertonie manifeste.
Dans ces conditions-là, il y aura avantage à recourir à l'instillation continue des myotiques. On pourra prescrire le collyre suivant :
Eau distillée 10 gr.
Chlorhydate de pilocarpine 0,05 centigr.
Sulfate d'ésérine 0,03 —
Ou encore un collyre de pilocarpine à 10 centigrammes pour 10 grammes, dont on instillera une goutte matin et soir.
Si, malgré l'instillation du collyre myotique, il se produisait de temps à autre de petites poussées d'hypertonie, on pourra les combattre par des sclérotomies antérieures répétées.
Quant au traitement général, il peut avoir une certaine importance, mais on devra toujours donner plus de poids au traitement local. On étudiera avec soin les antécédents du malade, on recherchera la syphilis, le diabète, l'albuminurie, l'artério-sclérose, la goutte, toutes les affections susceptibles de déterminer des troubles vasculaires, et on tiendra compte du résultat de cet examen pour la prescription du régime hygiénique. On recommandera au malade d'éviter les fatigues, les émotions, de ne demander à ses yeux qu'un travail visuel modéré, et on aura