‹ Thérapeutique oculaireChapitre 85 sur 130 · CATARACTE SÉNILE · texte numérisé non relu

CATARACTE SÉNILE

simple inspection à l'œil nu fait reconnaître. Lorsque l'opacité du cristallin est un peu avancée, elle ne rétrocède jamais ou tout au moins si exceptionnellement qu'au point de vue thérapeutique, on peut négliger complètement cette guérison spontanée dont la littérature ophtalmologique ne renferme que quelques faits indiscutables.

Le traitement de la cataracte est purement chirurgical. Il consiste à extraire le cristallin opaque, et nous n'avons à envisager que l'opportunité de l'intervention et la technique opératoire.

Au point de vue de l'opportunité de l'intervention, deux questions se posent : Faut-il opérer? et quand faut-il intervenir?

l"* Toute cataracte sénile peut être opérée et l'âge du malade ni son état général ne sauraient créer une contre-indication absolue et prolongée. Nous supposons, bien entendu, qu'il ne s'agit pas d'une cataracte compliquée (voir plus loin) et que l'on s'est assuré au moyen d'une bougie de la persistance de la sensibilité visuelle (par la réaction pupillaire et par la projection lumineuse exacte dans les différentes directions). On aura soin de faire l'examen des urines au point de vue de la glycosurie et de l'albuminurie dont l'opacité cristallinienne peut être parfois un signe révélateur. Si ces affections existent, on prescrira au malade le régime qu'elles comportent, mais en aucun cas elles ne contre-indiqueront l'intervention.

En effet, l'albuminurie ou le diabète n'agissent d'une manière défavorable qu'en affaiblissant la résistance du sujet vis-à-vis de l'infection. Nous avons dit au commencement de ce volume quelles étaient les précautions à prendre pour éviter les

MALADIES DU ^CRISTALLIN

complications infectieuses opératoires. Nous n'avons par conséquent pas à y revenir.

La seule contre-indication sérieuse est déterminée par la présence d'un état inflammatoire aigu ou chronique de la conjonctive ou des paupières et surtout par l'existence d'une inflammation du sac ou des voies lacrymales. Il sera de toute nécessité de la traiter avant toute intervention et de difl'érer celle-ci tant que l'on ne juge pas la guérison satisfaisante.

2*" Quant à l'époque à laquelle l'intervention doit être pratiquée, il est de tradition d'attendre que la cataracte soit arrivée à la maturité. On dit qu'une cataracte est mûre, lorsque la totalité des fibres cristalliniennes est opacifiée, ce qui se reconnaît facilement à l'éclairage oblique par la disparition de l'ombre portée qui existait encore lorsque l'opacification n'atteignait que les couches centrales. La raison pour laquelle on a l'habitude d'attendre la maturité de la cataracte est qu'à ce moment la déhiscence du cristallin hors de sa capsule est plus complète et que les chances d'une cataracte secondaire sont moins grandes.

Néanmoins cette règle comporte de nombreuses exceptions et il faudra beaucoup plus se guider sur les conditions visuelles du patient que sur la maturité plus ou moins complète de sa cataracte.

Lorsque l'opacification est limitée à un œil, que la vision de l'autre œil est normale, l'intervention n'étant nullement urgente, on attendra la maturité de la cataracte pour l'opérer. Mais si l'opacification a atteint les deux yeux, si la vision ne s'exécute plus qu'incomplètement, on sera autorisé à intervenir avant la maturité. Il suffira de prévenir les malades qu'une opération secondaire (discission) sera peut-

Page 1