CATARACTE SÉNILE
être nécessaire. La crainte de la cataracte secondaire et de l'intervention qu'elle nécessite ne saurait en effet faire différer l'opération, d'autant que, chez les personnes qui ont dépassé la soixantaine, des cataractes non mûres peuvent s'extraire d'une manière très complète sans être suivies de cataractes secondaires et que, d'autre part, les cataractes arrivées à maturité peuvent être suivies de cataracte secondaire. Dans l'état actuel de nos connaissances, il nous est impossible de prévoir à coup sûr quand nous devons craindre le développement d'une cataracte secondaire. D'après la plupart des statistiques consciencieuses, cette cataracte secondaire se développe dans 30 ou 40 0/0 des malades opérés, et cela quelle que soit l'habileté de l'opérateur. Ce ne sont pas d'ailleurs les masses corticales non extraites, seules, qui soat le point de départ de la cataracte secondaire; car, dans bien des cas, c'est la capsule postérieure qui s'opacifie tardivement, rendant la discission nécessaire.
Lorsqu'on laisse la cataracte poursuivre son évolution, il arrive parfois que, par suite de la déshydratation du cristallin, celui-ci se divise en fragments et que la capsule se ratatine, ou que le noyau seul reste solide alors que les couches périphériques se liquéfient et constituent ainsi la variété de cataracte connue sous le nom de cataracte de Morgagni. Dans quelques cas plus rares encore, le cristallin peut devenir calcaire, la zonule peut se rompre et la cataracte perdant ses attaches zonulaires en devient trémulante. Cette évolution n'a cependant rien de constant et il est d'ailleurs assez rare maintenant qu'on ait l'occasion d'observer les cataractes à cette période. Les seuls inconvénients de ces cata-
MALADIES DU CRISTALLIN
racles supra-mûres résultent des difficultés de l'extraction dans un certain nombre de cas.
Traitement de la cataracte sénîle.
Nous avons déjà dit que l'intervention chirurgicale était le seul traitement de la cataracte et nous allons décrire les différents procédés opératoires le plus habituellement usités. Nous devons cependant indiquer quelques mesures utiles lorsque la cataracte est tout à fait au début et que, par son siège central, elle gêne considérablement la vision. Dans ces cas, les malades observent eux-mêmes que la vision est meilleure le soir ou à la nuit tombante qu'à la grande lumière. Cela tient aux diamètres pupillaires qui subissent des variations en rapport avec l'éclairage. Après s'être assuré qu'il n'y a aucun symptôme glaucomateux, on pourra chez ces malades conseiller l'instillation d'une goutte d'un collyre mydriatique (atropine ou duboisine) tous les deux jours. La mydriase légère qui en résulte pourra dans quelques cas améliorer la vision pendant quelques mois, mais ce n'est là qu'un palliatif dont l'efficacité est tout à fait passagère.
Quant au traitement proprement dit, il consiste dans fextraction du cristallin. Des procédés opératoires nombreux qui ont été décrits et préconisés, nous ne décrirons que les deux qui sont actuellement le plus souvent appliqués : Fextraction simple à lambeau cornéen et l'extraction à lambeau scléral combinée avec l'iridectomie.
L'extraction simple expose, dans un certain nombre de cas, à la hernie de l'iris. Cette membrane, venant s'interposer entre les lèvres de la plaie cornéenne,