OPÉRATIONS SECONDAIRES
pratiquée avec toutes les règles de la propreté chirurgicale, que lorsque le malade juge son acuité insuffisante, nous n'hésitons pas à la conseiller.
Les opérations destinées à combattre la cataracte secondaire se réduisent, en somme, à deux procédés : dans l'un, qui peut être utile lorsqu'il reste des masses corticales abondantes ou une cataracte secondaire épaisse, on fait une incision cornéenne linéaire avec le couteau triangulaire, puis on saisit la capsule avec une pince capsulaire, et on l'extrait par la plaie cornéenne (Panas). Mais ce procédé, assez brutal, par suite des tractions qu'il nécessite et qui peuvent créer des désordres dans la région ciliaire, doit rester un procédé d'exception.
Nous donnons la préférence à la discission capsulaire à l'aide du couteau de De Graefe introduit par la cornée (discission antérieure), ou par la sclérotique (discission postérieure), et nous nous en tiendrons à la description de ces deux procédés.
Discission antérieure. — L'éclairage focal aumoyen d'une petite lampe électrique rend de grands services, mais n'est pas indispensable. La pupille est dilatée au maximum par l'instillation d'atropine, et l'on procède aux mêmes précautions de désinfection que dans l'opération de la cataracte elle-même.
Les seuls instruments nécessaires sont : le blépharostat, la pince à fixation et un couteau de De Graefe mince et très étroit. L'œil fixé au-dessous de lacornée est dirigé en bas. La pointe du couteau pénètre au niveau du limbe, la lame dirigée dans le plan antéropostérieur et le tranchant dirigé en arrière. La pointe pénètre dans la chambre antérieure jusqu'au voisinage du contour pupillaire inférieur. A ce moment on abaisse un peu le manche du couteau pourtrans-
MALADIES DU CRISTALLIN
fixer la cataracte secondaire ; puis, par un léger mouvement de scie et sans exercer de traction trop forte sur la membrane capsulaire, on la sectionne verticalement de manière à créer une fente verticale. 11 faut avoir soin, pendant cette manoeuvre, de ne pas agrandir notablement la plaie cornéenne. Le couteau est retiré et l'on procède au pansement. L'occlusion des deux yeux pendant deux jours est suffisante et, dès le quatrième ou cinquième jour, l'opéré peut reprendre ses occupations.
Discission postérieure. — Dans la discission postérieure au couteau de De Graefe (Gama Pinto), la technique opératoire ne diffère que par le point de pénétration du couteau qui est placé dans la sclérotique à 6 à 8 millimètres du rebord cornéen.
En raison des saillies orbitaires et nasales, on est forcé de placer le point de pénétration dans la partie temporale du globe oculaire, de préférence dans les méridiens obliques inférieurs ou supérieurs.
La pince à fixation étant placée au point opposé au lieu de pénétration du couteau, la pointe du couteau est dirigée vers le centre du globe, la lame dirigée dans la plaie du méridien, le tranchant tourné en arrière. Aussitôt après la ponction on abaisse le manche et on dirige la pointe du couteau vers le bord pupillaire de l'iris du même côté, et on transfîxe la cataracte secondaire d'arrière en avant. Après avoir traversé la membranule, on relève un peu le manche du couteau et on pousse la pointe parallèlement à la surface de la capsule jusqu'au bord pupillaire opposé. Ace point on contre-ponctionne la capsule d'avant en arrière, puis on complète la section par quelques mouvements de scie. Il ne reste plus qu'à retirer le couteau et à faire le pansement. Les