CHOIX DE VERRES POUR LES OPÉRÉS
jours, le pansement occlusif peut être supprimé. L'instillation d'atropine sera quelquefois utile, s'il y a quelques symptômes d'irritation oculaire par suite de la présence de masses cristalliniennes dans la chambre antérieure.
Choi3c de verres poiir les opérés de cataracte.
L'extraction du cristallin ne suffit pas, à elle seule, pour rétablir la vision chez le cataracte. En effet, la suppression du cristallin diminue le pouvoir réfringent de l'œil dans des proportions considérables, et en outre supprime l'acte de l'accommodation. L'opéré de cataracte devra donc avoir à sa disposition deux sortes de verres : l'une, pour la vision à distance; l'autre, pour la vision de près. Il est quelquefois utile, pour certains travaux nécessitant une vision intermédiaire, de prescrire une troisième sorte de verres.
Quant au pouvoir dioptrique des verres correcteurs, il dépend surtout de l'état de la réfraction dans l'œil avant l'intervention.
Dans un œil emmétrope, la suppression du cristallin entraîne un déficit de réfraction de 10 à 12 D, c'est-à-dire que pour rétablir les conditions normales de vision à distance, il faudra faire usage d'un verre convexe de 10 à 12 D. Au pouvoir dioptrique du verre trouvé, il faudra ajouter 4 D pour avoir le verre nécessaire pour la vision de près. S'il faut par exemple 11 D pour la vision à distance, il faudra 15 D pour la lecture.
Dans un œil hypermétrope, le verre nécessaire sera supérieur à 10 à 12 D du degré d'hypermétropie existant avant l'opération.
MALADIES DU CRISTALLIN
Dans un œil myope, au contraire, le verre convexe sera d'autant moins fort que la myopie était plus élevée.
Dans certaines conditions même,raphakie pourra produire l'emmétropie, mais il faudra alors un verre convexe de -(- 4 D pour la vision de près. Nous y reviendrons à propos du traitement de la myopie.
Pour déterminer le numéro des verres nécessaires dans chaque cas particulier, on procédera par la méthode subjective avec la boîte de verres d'essai et on commencera par chercher la meilleure correction à 5 mètres.
L'opération entraîne toujours un certain degré d'astigmatisme qu'il sera utile de corriger pour améliorer la vision. Mais cet astigmatisme se modifie un peu avec le temps.
Il peut atteindre de 2 à 6 D, c'est-à-dire qu'il est corrigé par un cylindre convexe de 2 à 6 D dont l'axe est horizontal ou légèrement incliné suivant le siège de la section cornéenne.
Trois à quatre semaines après l'opération on pourra prescrire des verres convexes pour la vision à distance, et on ne prescrira les verres combinés (sphéro-cylindriques) que deux ou trois mois après l'extraction.
Le malade devra s'habituer progressivement à Tusage des verres correcteurs. Par suite de l'effet prismatique des verres convexes forts, il se produit souvent au début une sensation de vertige qui apparaît dans la marche, dans l'acte de descendre un escalier, etc. Il est nécessaire d'en prévenir le malade. Les verres seront de préférence prescrits en lunettes.
Chez les malades qui ont subi l'extraction avec iri-
LENTICONE — MYOPIE CRISTALLINIENNE 331
dectomie, on prescrira, pour les débuts surtout, des verres de teinte fumée légère. Les verres à la Franklin dont la moitié supérieure est taillée pour la correction à distance et la moitié inférieure pour la vision de près rendent de grands services à certains malades.
Lorsque l'opération de la cataracte n'a porté que sur un œil et que l'autre œil est emmétrope et présente une acuité normale, la correction de l'aphakie ne sera pas d'une grande utilité ; souvent même elle constitue une gêne manifeste. Dans ces cas-là, on s'abstiendra de faire porter la correction. S'il s'agit d'un enfant dont la vision est en voie de développement, il sera, par contre, nécessaire de prescrire des verres correcteurs et de faire faire des exercices visuels de l'œil aphake en recouvrant l'œil normal afin que la vision se développe normalement dans les deux yeux.
tsentîcône. — Myopie crîstallînîenne.
Il n'est pas excessivement rare d'observer des sujets âgés qui, ayant toujours eu une vision normale, qui même ayant subi l'effet de la presbytie, s'aperçoivent que leurs verres, jusque-là nécessaires pour la vision de près, leur deviennent inutiles tandis que leur vision à distance subit un affaiblissement considérable.
On constate alors une réfraction myopique variant de 4 à 6 D ou même davantage ; mais, malgré la correction par les verres, on n'obtient jamais une acuité visuelle normale à distance.
Ce trouble de réfraction qui dépend d'une modification du noyau cristallinien est le plus souvent
MALADIES DU CRISTALLIN
précurseur d'une opacification cristallinienne. Mais il peut s'écouler un certain nombre d'années entre le développement du lenticône et celui de la cataracte.
Ce trouble n'a d'intérêt qu'au point de vue pronostic, car il n'est justiciable d'aucune thérapeutique spéciale. Les verres correcteurs de cette myopie cristallinienne pourront être utiles, mais d'une manière passagère.
IL<iix.atioii du cpistallîn.
Nous laissons de côté les luxations congénitales et pathologiques du cristallin qui constituent des raretés, pour ne nous occuper que de la luxation traumatique. Celle-ci, est en général, la conséquence d'un traumatisme assez violent ; le déplacement peut être très peu marqué, il s'agit alors d'une subluxation dont le diagnostic est souvent assez délicat. D'autres fois, il y a un déplacement considérable, et le cristallin est luxé dans la chambre antérieure, dans la chambre postérieure ou dans le vitré. La gravité des luxations du cristallin résulte surtout des accidents glaucomateux qu'elles entraînent fort souvent.
Le traitement consiste, dans les subluxations, à instiller de l'ésérine pendant les premiers jours et à surveiller la tension intraoculaire. Dans les luxations en avant dans la chambre antérieure et, d'une manière générale, dans toute luxation où le cristallin est facilement accessible et où il provoque des troubles graves, on aura recours à l'extraction. On est souvent forcé d'embrocher le cristallin au moyen d'un fin couteau de De Graefe ou d'une aiguille à