KÉRATOSCOPIE OU MÉTHODE DE CUIGNET
D'une échelle visuelle (Snellen, Monoyer, Parinaud) qui sera placée à 5 mètres au moins du malade à examiner. L'échelle visuelle est formée par des lettres ou optotypes dont les plus petits qui soustendent un angle de 5' sont vus nettement à la distance de 5 mètres par un œil normal. Cette échelle tîxée au mur devra être très éclairée par la lumière diffuse; si la chambre est mal éclairée, on peut avoir une source lumineuse d'intensité constante.
D'un cadran horaire (cadran de Parent).
D'une boîte de verres avec lunette d'essai et séries de verres convexes, concaves et cylindriques.
Kératoscopîe ou méthode cle Cuîgnet.
La kératoscopie a été imaginée par Cuignet, mais elle est entrée dans la pratique courante à la suite des modifications que Parent a apporté à ce procédé.
L'examen doit se faire dans une chambre noire. Le patient est placé le visage dans l'ombre à côté de la source lumineuse qui, autant que possible, sera au même niveau que ses yeux. L'observateur se tient devant le patienta une- distance d'un peu plus d'un mètre. L'œil observé doit regarder au loin et un peu obliquement, de manière à ne pas fixer.
A l'aide du miroir plan, on projette un rayon lumineux dans l'un des yeux en observant au travers de l'orifice central du miroir. Dans une certaine position du miroir, l'orifice pupillaire apparaît sous orme d'un disque lumineux de couleur rougeâtre. Si l'on tourne légèrement le miroir autour de son axe vertical, on voit apparaître au bord de la pupille une ombre noire, plus ou moins marquée et
VICES DE RÉFRACTION
dont la marche et l'intensité sont en rapport avec l'état de la réfraction.
Pour bien se rendre compte de la marche de l'ombre, on imprimera au miroir quelques mouvements de rotation lents autour de son axe vertical. On répétera le même examen en faisant tourner le miroir autour de son axe horizontal et l'on notera si l'ombre parait avoir des mouvements identiques ou contraires à ceux du miroir. Si l'ombre se déplace dans le même sens que le miroir, elle est dite directe; si elle se déplace en sens opposé, elle est dite inverse. Voyons maintenant quel est la marche de l'ombre dans les différents états de la réfraction.
Dans l'eminétropiej l'ombre de moyenne intensité est directe : un verre d'une dioptrie placé au-devant de l'œil rend l'ombre inverse.
Dans l'hypermétropie, l'ombre est plus marquée, mais elle est également directe. Si l'on place successivement au-devant de l'œil des verres convexes de force dioptrique croissante, on verra pour un verre donné l'ombre devenir inverse. Le verre convexe le plus faible, qui a changé le sens de la marche de l'ombre, indique le degré dioptrique de l'hypermétropie. S'il faut, par exemple, un verre de -f- 4 D pour modifier la marche de l'ombre, on en conclura que l'œil est atteint d'une hypermétropie de 4 D.
Dans la myopie, l'ombre est inverse (à l'exception toutefois de myopies inférieures à — 1 D) et d'une intensité variable suivant le degré de la myopie. Le verre concave le plus faible, qui rendra cette ombre directe, correspondra très approximativement au degré de la myopie. L'erreur ne dépasse pas 1 D et peut être négligée en pratique.
Dans l'astigmatisme, enfin, l'ombre est variable;