VOMISSEMENTS DES FEMMES ENCEINTES
Chez une somnambule enceinte qui, endormie, avait sur elle-même une grande puissance, je parvins plusieurs fois, pour quelque temps, à faire disparaître ses vomissements ; mais ils revinrent encore plus tard avec opiniâtreté. Je fus moins heureux sur une autre femme que j'amenai souvent dans le sommeil et qui, outre des vomissements, éprouvait aussi des étourdissements et de la céphalalgie. Il est vrai qu'après de nombreuses suggestions, ces symptômes se modérèrent tout doucement, mais je suis encore à me demander si ce traitement y fut pour quelque chose ? N'était-ce pas là la marche naturelle que devaient suivre ces accidents ? Le développement lent et progressif de la matrice, dans ces cas, était une cause tendant à faire revenir le mal ; aussi, n'est- il pas surprenant que le succès n'ait pas été complet contre l'une et l'autre de ces manifestations sympathiques et morbides.
CHOHKE
Je place dans le cadre de la chorée quatre cas d'affections de nature convulsive qui ne m'en paraissent qu'une variété' :
1° Femme autrefois hystérique et éprouvant des secousses choréiques d'un seul côté du corps depuis huit ans. Sommeil léger pendant lequel ces symptômes ont cessé presque tout à fait;
2° Jeune femme éprouvant des attaques de convulsions, et conservant toujours un mouvement involontaire de l'arcade dentaire inférieure qui frappe la supérieure et produit un claquement régulier ressemblant au bruit monotone d'une castjgnette. Dès que cette personne dort, ce mouvement discontinue;
3° Femme très nerveuse exposée parfois à une agitation spasmodique ressemblant à la chorée, agitation qui a disparu après une seule séance de sommeil léger et une seule suggestion ;
4° Fille de 14 ans sujette continuellement à de légers soubresauts du tronc et des membres remontant à plusieurs années. Somnambulisme et suggestion. Deux ans après, la mère de cette jeune fille m'apprit que depuis cette unique séance, il y eut production d'un changement en mieux qui ne s'était pas encore démenti.
Yoici maintenant deux cas de chorée véritable, traités par les moyens de thérapeutique morale.
13q Observation. 22 janvier 1851. M"e Lagrange, de Viterne, est une jeune fille del2ans, d'un tempérament lymphatico-nerveux, présentant un teint pâle, et un aspect général souffreteux. Excepté la nuit, elle ressent de légères secousses, particulièrement dans les membres supérieurs, et elle souffre
de douleurs gastralgiques. Les uns et Jes autres symptômes remontent à environ cinq semaines. Après deux à trois minutes de fixation des yeux et la suggestion de la guérison, celte enfant est restée soixante-cinq jours sans rien éprouver. Ce fut donc plus de deux mois après, que cette chorée reparut accompagnée d'accidents autrement marqués.
15 avril. Cette jeune fille présente des contractions brusques et répétées de tous les membres et du tronc. Elle ne peut rester assise ni couchée; elle n'est abolument tranquille que lorsqu'elle dort. On me l'amène sur une voiture, et la position qu'elle peut seule y garder est la position à genoux. Pendant qu'on la maintient sur une chaise, j'ai pu la mettre en sommeil léger. Au sortir de cet élat, tout a disparu et elle a pu aisément se tenir sur son séant et marcher, ce qu'elle ne faisait plus depuis quatre jours. Durant vingt-cinq heures, elle a paru en bonne santé.
17 avril. Traité la malade par l'émétique.
24 avril. La médication émétisée n'a amené aucun résultat. Alors j'ai essayé de remettre cette fille dans le sommeil, mais elle était tellement hébétée qu'il m'a été impossible de fixer son attention. Bains froids. Quelques jours après, on l'envoya à l'hôpital Saint-Charles, à Nancy, où elle fut Iraitée par les bains sulfureux et un régime fortifiant. Elle y resta dix- huit jours et en revint dans un meilleur état.
17 juin. Revu cette malade. Son aspect est celui d'une idiote. Mouvements tout particuliers des épaules: elle les projette vivement en haut et en avant ; secousses violentes dans les membres qui rendent la marche extrêmement pénible et l'usage des mains presque impossible. Tête continuellement tiraillée d'un seul côté, figure grimaçante, salive s'écoulant hors de la bouche, déglutition difficile, et respiration courte. Cette fille est venue passer cinq jours dans ma localité; là, deux fois par jour, j'ai combiné les bains froids avec le traitement suggestif. lien est résulté de l'amélioration.
30 août. Après être demeurée stationnaire encore longtemps, la chorée de cette fille a repris avec une intensité plus grande que jamais. Mouvements énormément exagérés, à tel point que les vêtements sont mis en lambeaux, cris affreux, idées délirantes. Depuis deux jours, cette malade n'a pu rien avaler; elle souffre de la faim et de la soif. J'ai pu, par affirmation à l'état de veille, lui faire prendre du lait. On l'expédie
alors à l'asile de Maréville d'où longtemps après elle revenue parfaitement rétablie.
14e Observation. Benoît, de Neuves-Maisons, est un garçon de 9 ans, d'un tempérament lymphatico-nerveux, lequel à la suite d'une épouvante, a été pris de mouvements involontaires des membres inférieurs. Lorsqu'il dort il est tranquille.
Le 30 août 1852. sommeil léger et suggestion. Cet enfant a passé les quatre jours suivants sans rien éprouver; puis il a été repris des mêmes mouvements qu'auparavant, le cinquième jour, et cela, seulement quelques minutes. Jusqu'au 30 septembre, on ne lui a revu de secousses diDréiques qu'une seule, fois.
30 septembre. Tremblement violentdcs membres supérieurs et inférieurs. Cet enfant, apporté chez moi, reparte pied après la séance.
1er octobre. Depuis sept heures et demie du matin, jusqu'à cinq heures et demie du soir, accès de secousses convulsives interrompues de temps en temps. Le corps lui-même prend part à l'action. Paralysie complète du bras droit. On m'apporte ce petit malade: il me suffit de lui dire/ en lui touchant le bras, qu'il peut remuer ce membre, pour qu'il le porte dans tous les sens, au grand ébahissement de sa mère. Après l'avoir mis en sommeil léger et avoir fait la suggestion, il repart à pied et en bon état.
7 octobre. Le bras n'est pas redevenu paralysé; mais les secousses reprennent régulièrement le malin au réveil et parfois dans la journée. Pas de perte de connaissance pendant qu'elles ont lieu. Traitement au sulfate de quinine. Cet enfant afini par se rétablir à la longue, pendant un traitement médical modifié selon les circonstances : l'effet de cette médication m'a paru équivaloir à zéro.
Ce qui, dans les observations pre'cédentes, attire d'abord l'examen, c'est la cessation des accidents convulsifs pendant ces trois formes identiques : le sommeil ordinaire, le sommeil léger et le somnambulisme. Contrairement aux convulsions de maladies à accès favorisés par la nuit et le retrait de l'attention au cerveau dans les états analogues au sommeil, l'agitation désordonnée des muscles des cho-
réiques est aidée par la veille. De plus, la concentration de l'altention au cerveau, concentration prédisposant aux mouvements involontaires dans les affections du sommeil et dans ce dernier état même, est précisément ce qui les calme dans la chorée. Cependant, bien que paraissant diverger les unes des autres parleur base, les contractions musculaires des maladies à forme hypnotique qui naissent spécialement pendant la nuit, et les contractions qui, comme celles de la chorée, ont lieu pendant le jour, découlent en principe d'une semblable prédisposition nerveuse, d'un fond commun de grande excitabilité ; seul, le siège de la sensation d'où partent ces contractions est différent, à cause de la manière opposée dont l'attention, dans ces affections, se distribue sur l'organisme.
Si l'attention, en se concentrant insciemment sur une idée comme pendant le repos du corps, reste en même temps accumulée vers les sens intérieurs, on a principalement des maladies à accès dont l'origine est dans une perception interne spinale ou ganglionnaire ; et si au contraire, comme pendant la veille, cette force active a plus d'abandon à se diriger en excès vers les sens externes et a, par conséquent, la propriété de les rendre plus irritables, on a des mouvements convulsifs de la nature des saccades choréiques. De là, dans ces derniers cas, des contractions interrompues, irrégulières, changeant de siège selon la variabilité des impressions externes, lesquelles disparaissent nécessairement pendant le sommeil, puisque alors les sens sont délaissés et qu'étant amortis ils ne peuvent plus être ie point de départ de phénomènes réflexes *.
1 II est bon de remarquer que jusqu'ici, je ne me suis occupé que des maladies nerveuses à phénomènes réflexes sans lésions organiques : je ne discute nullement sur les accidents convulsifs des aû'eclions compliquées, par exemple, de lésions des centres nerveux et que je n'ai pas traitées. La théorie explicative des convulsions reste toujours la môme
La différence symplomatique, entre les convulsions de la danse de Saint-Guy, véritable maladie de la veille, et les convulsions des maladies du sommeil, n'est donc due qu'à la manière dont l'attention se distribue plutôt vers les organes sensibles externes, dans la première ; et vers les organes sensibles internes, dans les secondes. Dans toutes convulsions, du reste, on distingue ces deux signes communs: sensation exagérée, d'abord ; puis répartition mal équilibrée de la force nerveuse sur la moelle épinière dont les propriétés réflectives ne sont plus contenues.
Les espèces d'accès avec secousses nerveuses du malade de l'observation 14, accès dus primitivement à une cause morale, imitaient assez bien des attaques de convulsions, sauf qu'ils n'étaient pas compliqués de perte de connaissance. Ce point de ressemblance est un trait d'union entre la cliorée et les affections à accès convulsifs. Si cet enfant restait en rapport, la cause en doit être attribuée à ce que son attention pouvait toujours se porter vers les sens, ainsi qu'il arrive chez les somnambules en communication avec le monde extérieur. Dans son éréthisme nerveux, ses sens étaient hyperesthésiés ; aussi, les plus légères impressions de douleur, de température, de lumière, etc., devaient-elles amener immédiatement un contre-coup sur l'appareil locomoteur. Comprend-on, maintenant, pourquoi des malades, tels que les choréiques, ne subissent plus de convulsions, lorsqu'ils sont plongés dans les diverses formes du sommeil ? N'est-ce pas parce que leurs sens externes, d'où partent les mouvements réflexes, au lieu d'être encore surexcités sont calmés ?
pour ces dernières maladies ; seulement alors, le point de départ obligé de l'action réflexe est dani une sensation partant de la moelle ou de ses enveloppes vers les organes musculaires ; dans ces cas, le mouvement nerveux parcourt moins de chemiu.
Si, quittant les explications théoriques de la formation des accidents de la chorée, l'on passe à l'examen des résultats obtenus, l'on trouve que, sur quatre malades, les succès du traitement se réduisent à une guérison et à une amélioration de symptômes convulsifs ayant de la ressemblance avec la chorée.
Quant aux deux véritables maladies de ce genre que j'ai particulièrement traitées, il y a lieu à faire quelques observations. Dès le début, le sommeil léger et la suggestion ont servi à amener leur disparition temporaire ; mais bientôt il y a eu rechute et, alors, la méthode suggestive n'a plus en pour effet que de suspendre pour quelques heures les symptômes maladifs. Cet insuccès final s'explique en ce que les malades, atteints de cette affection, ne prenaient que des aliments grossiers, peu réparateurs. S'ils eussent été bien nourris, au lieu d'aller toujours plus mal, ils se fussent rétablis. Ce qui le prouve c'est que, une fois la malade de l'observation 13, mise à un meilleur régime à Saint-Charles; puis à Maréville, elle en revint chaque fois peu à peu dans un état plus salisfaisant. Sans nul doute, avec ces bonnes conditions d'alimentation, la thérapeutique du sommeil aurait été chez eux supérieure à toutes les autres.
Il est à noter qu'à mesure que le corps se débilite, la puissance de représentation mentale diminue, preuve que le moral et le physique marchent de pair ; aussi, si la méthode suggestive n'est accompagnée d'une alimentation consistante ; s'il y a épuisement progressif de l'organisme, les effets obtenus par cette méthode seront de plus en plus faibles et de moins en moins durables. Mais, au contraire, si, à une nourriture satisfaisante, on ajoute l'emploi de la suggestion hypnotique faite avec art, ce qui ne peut être acquis que par l'expérience et par la notion plus approfondie de la manière dont nais-
sent les affections convulsives, on arrivera bien plus sûrement à des résultats satisfaisants *.
Ce qui m'affermit dans cette croyance, c'est que cette méthode a un gage de son efficacité dans celle qui est le plus vantée par les médecins spéciaux. M. Blache dit, avec raison, que pour guérir la chorée, il faut d'abord refaire la constitution ; et, ensuite, rendre à la volonté son empire sur le système musculaire: ou, ce qui revient au même, disposer l'attention à ne plus nourrir les sensations causes des phénomènes convulsifs, et à régulariser les mouvements des muscles, en dirigeant cette force nerveuse en abondance sur les organes qui président aux fonctions du système locomoteur. D'une part, cette force accumulée donne de la régularité aux contractions ; de l'autre, par son retrait loin des sens, elle n'est plus la cause de mouvements désordonnés.
BEGAIEMENT
L'on sait que l'attention, cause régulatrice des mouvements, est aussi, pour la même raison, cause de vitalité et de force dans les faisceaux musculaires où on la dirige d'ordinaire. On trouve cette preuve dans le plus fort développement du membre supérieur droit, sur le plus grand nombre des hommes ; dans la grosseur exagérée des cuisses et des mollets chez les marcheurs ; et dans le développement des bras et des avant-bras chez les forgerons, les boulangers, etc. On la trouve encore parmi les malades paralysés et dont les membres, qu'ils exercent le plus, sont toujours ceux dans lesquels les mouvements reviennent avec le plus de promptitude. C'est d'après des
1 Et en effet, nous avons obtenu depuis lors un grand nombre de guérisons de la chorée.
considérations semblables que Ton a été porté à accorder tant d'importance à la gymnastique, pour amener la guérison des demi-paralysés et de tous ceux dont le système musculaire manque d'harmonie. Aussi, doit-on conclure que, pareillement aux affections par manque d'excitation , le bégaiement quand il est le produit d'une idée fixe surtout, peut être traité avec succès par la thérapeutique du sommeil, dont la propriété est d'appeler la force nerveuse vers les organes où elle fait défaut * .
Ce n'est pas que j'aie entrepris ce système de médication; mais je suis conduit à émettre une telle opinion, parce qu'il m'est arrivé d'amener dans le sommeil léger un jeune homme de vingt- deux ans, devenu bègue à la suit3 d'une épouvante, et qui, tout le temps qu'il fut influencé, me répondit avec une grande netteté. Le même individu cesse aussi de bégayer, s'il chante avec animation, s'il est en colère ou excité par le vin ; preuve que ces états sont encore des analogues du sommeil. Ainsi, de quelque manière que son attention soit accumulée, les muscles qui, chez lui, servent à la prononciation, fonctionnent avec régularité, se délient en un mot.
Puisque l'attention concentrée fait disparaître les spasmes involontaires des muscles de la bouche et fortifie ces organes contractiles, Graves est dans le vrai, lorsqu'il tente de guérir le bégaiement en prescrivant aux bègues d'avoir toujours l'esprit tendu à bien prononcer ; et c'est encore en ce même principe, quoiqu'il soit moins bien formulé, que réside l'explication des succès obtenus contre cette infirmité, à l'aide de la méthode de Malbouche.
1 Ces conclusions sonl confirmées pour moi par les guérisons complètes que j'ai eues, il y a quelques années sur deux jeunes gens, l'un de neuf ans et l'autre de seize ans.
MALADIES PAR MANQUE OU PAR EXCES D EXCITATION AVEC ALTÉRATIONS DIVERSES DES LIQUIDES OU DES SOLIDES
Nous avons aussi traité, à l'aide de notre procédé , quelques-unes des affections qui offrent des altérations apparentes des liquides ou des solides, et qui sont dues, soit à des impressions venant du cerveau par action de la pensée, soit à des impressions partant des nerfs ou des surfaces nerveuses ; que ces dernières impressions proviennent des matières déposées dans les tissus ou transportées dans le torrent circulatoire : caillots, corps étrangers, microbes, poison, etc. ; ou qu'elles proviennent d'influences électriques, de chaleur, de froid, de pression atmosphérique, d'humidité, etc.
Ce que l'on a désigné dans les êtres vivants, sous les noms vagues de matière et d'esprit, est essentiellement indivisible. Ce qui est apparent sous les sens et ce qui ne l'est pas : le corps et les forces, sont des modes insépararables d'un seul et même tout, et l'organisme, en même temps qu'il est l'expression écrite de pensées primordiales et permanentes, en est réciproquement la condition ; l'un et l'autre de ces modes se servent de complément et sont solidaires. Et particulièrement dans l'organisation si complexe et si admirable de l'homme, la pensée, venue par sensation et véritable sensation elle-même, descend du cerveau et diverge, consciente pour les fonctions de relation, et inconsciente avec une conscience à part pour celles de nutrition ; d'où résulte ses manifestations les plus élevées, l'harmonie, la perfection et la conservation de toutes les parties de l'économie animale.
Mais cette harmonie peut se rompre, cette perfection peut avoir un terme, et au lieu de se conserver, les éléments organiques peuvent s'altérer. Cela arrive: ou par l'influence trop vive de la pensée transmise en idée-image sur des parties du corps aux dépens de certaines autres ; ou par l'influence d'impressions sur les surfaces nerveuses, impressions réagissant par réflexion sur les fonctions organiques et les désacordant. Par le dédoublement de l'attention amenée par ces deux modes d'agir, cette force portée avec excès d'un côté et diminuée en trop grande quantité de l'autre, est la cause des maladies ou par excitation, ou par sédation ou par ces extrêmes à la fois.
Ce qui nous confirme dans cette opinion, que tout dérangement morbide est l'effet d'un excès ou d'une diminution de l'attention, cet agent inséparable des organes lequel permet : ici les sensations; là, les contractions des muscles et le développement des forces musculaires ; ailleurs, les idées et la pensée ; plus loin, dans les profondeurs des tissus, l'entretien des fonctions intimes de la vie ; c'est qu'il est possible à des somnambules de réformer, par représentation mentale, les affections naissant même chez l'homme d'une autre façon que par la pensée, telles sont : les névralgies, le vomissement, la diarrhée, des congestions, des hémorragies, des ulcérations, etc. Ces maladies, lorsque parfois elles viennent par suggestion, étant le résultat d'une fluctuation d'attention en plus ou en moins, sont aussi de toute nécessité le résultat d'une même fluctuation, lorsqu'elles se développent dans d'autres conditions. En récréant les symptômes morbides, les somnambules reportent les sensations où elles ont été perçues d'abord ; mais en les exagérant. Les dérangements physiologiques prennent alors naissance, comme lorsqu'ils se forment par impressions directes sur les surfaces nerveuses : seulement le mouvement est centrifuge
au lieu d'être centripète ; mais, dans les deux cas, l'action a pour théâtre le cerveau, ce siège essentiel des sensations. Puisque les maladies, même organiques, se développent par excès ou soustraction d'attention dans les tissus, ce que démontre le procédé psychique, à l'aide duquel on recrée ces maladies ; et puisque nous sommes les maîtres, ainsi que nous venons de le voir, d'amener des cures d'affections sans lésions de tissus apparentes, en soustrayant de l'attention là où elle est trop abondante, et en en appelant là où elle manque ; nous n'avons pas craint d'étendre la méthode suggestive au traitement des affections, avec modification des liquides et des solides ; c'est toujours, dans ces cas, aux organes privés ou surchargés de force nerveuse que nous nous sommes adressé, aussi des guérisohs ont-elles encore couronné nos essais. Voici, du reste, le bilan de nos succès et de nos revers.