DU ZOOMAGNÉTISME. Y A-T-IL DES PREUVES DE SON EXISTENCE
On entend par zoomagnétisme l'action d'un organisme sur un autre : soit au moyen d'irradiations vibratoires nerveuses partant d'un sujet actif et se dirigeant vers un sujet passif, d'après des lois analogues à celles du magnétisme, de l'électricité et de la chaleur ; soit au moyen d'émanations vivifiantes agissant de même et pouvant se fixer dans les liquides, puis opérer ensuite par ceux-ci dans l'intérieur des corps animés. Pour les magnétiseurs ces deux modes d'action ne sont que des aspects différents d'une seule et même chose : le fluide.
Tout ce que j'ai écrit précédemment dans cet ouvrage est la négation du zoomagnétisme en ce sens que j'ai attribué les phénomènes rapportés le plus souvent à cette cause à une autre influence : celle de l'action du moral sur le physique. C'est que lorsque je le publiai, je n'avais encore trouvé aucune preuve en faveur du zoomagnétisme. Les nombreux faits que j'avais observés, je les avais attribués à une cause pensante ayant son siège au cerveau et ses effets consécutifs dans l'organisme. Est-ce à dire que je prétendais qu'il n'y a aucune preuve en faveur de la théorie contraire ? Je ne nie jamais la possibilité
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des vérités que peut cacher une théorie, même après avoir combattu les arguments invoqués à son appui; mais je la regarde seulement comme probable tant que je n'en ai pas vérifié la réalité. Et c'est pendant vingt ans que j'ai considéré comme non avenue, et après de nombreuses expériences de contrôle, les preuves données en faveur de l'existence de vibrations neuriques ou d'une émanation de subtances fluidiques sortant du corps humain.
Ce fut seulement en 1882, après une conversation avec M. Longpretz, magnétiseur à Liège, que je tentai de nouveau des expériences pour vérifier s'il y a réellement, par quelques côtés, plus que des apparences de vérité dans les faits qui ont donné lieu à la facile théorie dit zoomagnétisme. Ce magnétiseur sincère m'affirma, qu'en touchant loco dolenti des enfants malades âgés de moins de deux ans et demi, pendant dix minutes matin et soir, il amenait presque toujours, soit de l'amélioration à leurs maux, soit leur guérison. Et les résultats heureux, qu'il avait ainsi obtenus, étaient pour lui une confirmation du principe qu'il y a une action nerveuse rayonnant d'une personne vers une autre ; car ces enfants pour la plupart, qu'ils dormissent ou non au moment même de l'apposition des mains, n'étaient pas encore capables de deviner ce qu'on leur voulait, et par conséquent n'étaient pas suggestibles.
Cette assertion d'un homme désintéressé éveilla ma curiosité, et les faits dont il m'annonçait l'existence, s'ils étaient réels, devaient me porter à admettre qu'au fond de la théorie de l'émergence de l'action nerveuse il y a certainement plus qu'une croyance imaginaire, mais un Côté vrai. Je fus d'autant plus porté à vérifier les faits en question, que je n'avais jamais pu mettre dans le sommeil provoqué, et partant guérir, des enfants de moins de deux ans et demi ; aussi, j'en avais conclu, ce sommeil
étant un effet de suggestion, qu'au-dessous de cet âge, ces petits êtres n'étaient pas capables d'être influencés et par conséquent guéris par affirmation. J'entrepris donc de faire sur quelques-uns d'entre eux des expériences d'apposition des mains, pensant que si elles amenaient la guérison ce ne devait être que par une cause autre que l'influence morale, celle que j'avais si longtemps rejetée faute de preuve.
A ma grande surprise, toutes mes expériences confirmèrent celles de M. Longpretz. Je me demandais alors comment des résultats aussi faciles à obtenir et aussi remarquables ; car ils étaient supérieurs de beaucoup à ceux que déterminent les remèdes, je me demandai comment ils avaient pu rester si longtemps méconnus? Ce fut avec une indicible satisfaction qne je les divulguai dans un opuscule publié en 1883. J'avais abordé une terre nouvelle et féconde, terre à peine encore entrevue.
Mes conclusions furent qu'en outre des phénomènes produits par l'action du moral sur le physique, à l'étude desquels je m'étais livré, il y en a d'autres qui sont dus à l'existence d'une action nerveuse se transmettant d'homme à homme par vibrations, et dont le caractère essentiel, irréductible, sui generis, est un effet curatif, indéniable et supérieur à l'effet des remèdes1. Car, pour expliquer les singuliers phénomènes que je relatais, on ne pouvait invoquer ni l'influence calmante causée par la pression des mains ni celle de la chaleur dégagée par elles. J'avais seulement continué de maintenir au chaud les enfants soumis à ce nouveau traitement, et j'avais évité d'exercer une pression sur leurs tissus. On pouvait encore moins les attribuer à uue influence morale; à peine si ces enfants étaient capables de différencier les impres-
1 Voy. Élude sur le zoomagnélisme, p. 24. Paris, G. Masson, 1883 .
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sions de leurs sens, bien loin d'avoir déjà des idées sur les choses existant autour d'eux, et surtout d'avoir la compréhension des intentions que, par certaines manœuvres, on se proposait à leur égard. Et le fait le plus certain qu'une action autre que celle du moral avait eu lieu sur ces jeunes êtres, c'est que : d'abord presque aucun d'eux n'avait présenté de la catalepsie, signe certain d'un rapport idéal établi entre l'hypnotiseur et l'hypnotisé; c'est ensuite que pendant que je. les avais touchés même lors de leur sommeil ordinaire, et que, par conséquent, ils étaient restés ainsi isolés et des excitations extérieures et demes manœuvres, ilsavaient reçu tout de même à leur insu une influence bienfaisante du contactdemesmains.il y en avait même parmi eux qui pleuraient, soit que je les touchasse avec des mains froides, soit que je les dérangeasse de leur position, et qui avaient été également de mieux en mieux. Et pourtant ils auraient dû, en cette occurrence plutôt recevoir de moi une su ggestion déprimant les forces, si réellement les impressions pénibles que je leur faisais éprouver avaient été converties en idées dans le cerveau.
Ilrésulte de ce qui précède que j'admis que si lesenfants ainsi traités par moi s'étaient rétablis ou avaient ressenti du mieux, ce n'avait pu être par l'influence d'une action morale quelconque, mais par une autre cause : un mouvement vibratoire partant de mes mains et réagissant sur leurs nerfs, puis sur leurs centres nerveux, lequel y accroissait l'activité dans le sens des pensées conservatrices qui président à toutes les fonctions1. Par là j'étais arrivé à me rapprocher de l'avis desD's Charpignon et Durand (de Gros) qui admettaient depuis un temps considérable, que, dans la cause des phénomènes qui sont l'objet de la science occulte du magnétisme animal , il y a deux facteurs l'imagination et le fluide.
1 Voy. Élude sur le z-oomagnélisme, p. 25.
Les conclusions précédentes, que je regardais, en 1883, comme l'expression de la vérité ne furent pas acceptées par tout le monde, et notamment par M. Bernheim ; ce savant professeur y opposa des arguments d'une grande valeur, et ce furent ces arguments, auxquels par suite il s'en est ajouté quelques autres à mon esprit, qui me décidèrent à étudier de nouveau la question dont ce chapitre est l'objet. Les voici :
1° Ils reposent sur cette base que les instincts d'abord ; mais surtout la sensibilité, l'intelligence et même la volonté sont plus développées chez les jeunes enfants qu'on ne le suppose.
Ainsi on a remarqué que, même avant d'être sortis de l'utérus, des enfants éprouvent des impressions tactiles qui se transforment en mouvements, véritables phénomènes réflexes qui, d'après Herbert Spencer, sont les premières étincelles de l'intelligence instinctive. Car, du moment qu'à des sensations répondent des mouvements, il existe déjà à la fois, entre . ces deux termes extrêmes, au moins des perceptions obscures et des idées plus ou moins vagues dans le centre cérébral. Ces phénomènes sont ensuite comme l'origine d'instincts plus développés, tels: celui de la succion, que des médecins ont rencontrée dans des accouchements prématurés, en introduisant par hasard un doigt dans la bouche de l'enfant. D'après Cabanis ', le fœtus éprouverait déjà des modifications nettes du tact, et il aurait même des trépignements volontaires. Toujours est-il qu'après la naissance dès que l'enfant ouvre les yeux, on voit apparaître le réflexe pupillaire, preuve saisissante qu'il perçoit les sensations lumineuses et qu'il les différencie. Et avant qu'il
1 Rapport du physique et du moral, vol. H, p. 138 et 140. Paris, V. Masson, 1860.
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ait pa bien reconnaître et classer les impressions nouvelles qui l'assaillent en foule, il a déjà des désirs, des goûts, des penchants; il emploie tous ses faibles moyens pour les manifester et les satisfaire. Non-seulement il recherche le sein de sa mère ; mais il le presse de ses mains débiles pour en exprimer le liquide nourricier. L'enfant comprend quand sa mère va l'allaiter ; il sait couver son biberon des yeux; il sourit aux agaceries qu'on lui fait. Tn peu plus tard, il juge des couleurs, des distances; il apprend que le feu brûle, que les corps durs peuvent le blesser, qu'il est puni s'il fait mal, etc.1. Et s'il pousse des vagissements opiniâtres, n'est-ce pas parce que nonseulement il commence déjà à éprouver vivement les sensations qu'il reçoit, mais aussi à avoir des idées arrêtées et à vouloir? Enfin, lorsque une fois il est fatigué, ne se replie-t-il pas sur lui-même, par un mécanisme psychique semblable à celui par lequel l'adulte s'endort? Et cet isolement dans lequel il se met, n'a-t-il pas un même but: celui de favoriser les opérations intimes de la vie végétative en se préservant des causes d'excitations qui impressionnent ses sens, énervent son cerveau, ce qu'exprime le sommeil dans lequel il se plonge plusieurs fois le jour?
Du moment que chez l'enfant, il y a, comme on vient de le voir, une série de phénomènes perceptifs et intelligents qui se développent du simple au composé, à partir des premiers instants delà vie jusqu'à l'âge où la volonté, déjà ferme, vient diriger les manifestations de la pensée et favoriser l'apparition d'une foule de connaissances avec une facilité d'assimilation étonnante; enfin, du moment, par exemple, que l'enfant finit en peu de temps par apprendre plusieurs langues à la fois et comme en se
1 Voy. Revue scientifique, 1886, n° 13, p. 406 el suiv. Exlraits da Preyer.
jouant, est-il déraisonnable, lorsqu'il est souffrant, de le croire capable, même en naissant, d'avoir déjà la connaissance que les manœuvres auxquelles on se livre à son égard sont faites dans l'intention de lui faire du bien? Et si l'on réfléchit à ce qu'il faut d'efforts et d'années à un jeune homme pour bien savoir une langue étrangère, on reste stupéfait de la capacité intellectuelle de l'enfant, et l'on ne doit plus s'étonner que, par l'application des mains sur les parties du corps affectées, il sache qu'on fait cette application dans le dessein de lui être utile, si surtout on la recommence plusieurs fois dans la journée ou plusieurs jours de suite; Ton ne s'étonne plus qu'il guérisse ainsi par une sorte de suggestion indirecte, d'autant plus qu'il est doué d'une erédivité que la réflexion n'a pas encore ébranlé.1.
2° Ces arguments reposent ensuite, et M. Bernheim insista aussi sur ce point, sur des faits que les hypnotiseurs observent tous les jours : c'est qu'il est une catégorie de malades soumis aux procédés hypnotiques, qui cependant ne présentent aucun engourdissement, aucune marque de catalepsie, ce signe essentiel du sommeil provoqué, et qui n'en guérissent pas moins sous l'influence des suggestions qu'on fait pénétrer dans leur esprit. Ces malades sont réellement dans un même état mental que les petits enfants, lesquels en général, tout à la réception des impressions qui du dehors viennent affecter leurs sens ne sont pas encore parvenus assez à se replier sur les idées qui en naissent, et par suite à développer leurs facultés de représentation mentale pour pouvoir s'endormir par une suggestion venant d'autrui. On a observé que ce sont principalement ceux qui, comme ces enfants, ont une imagination vagabonde : les distraits ou vulgairement les têtes de linotte, qui. pour la plupart, doués d'une représentation mentale rudimentaire, ne présentent aucun
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signe de sommeil à la suite des moyens suggestifs pour les endormir. Eh bien ! si ces malades à esprit changeant sont capables, 'sans être influencés, d'être guéris par suggestion, à plus forte raison les enfants, comme eux mobiles de pensée et ne présentant pareillement aucun signe hypnotique après l'emploi des mêmes moyens pour favoriser le sommeil ; à plus forte raison, ils peuvent bien, s'ils sont souffrants, être remis en santé, même quand ils n'auraient qu'une idée incomplète de ce qui leur est fait.
3° En 1884, dans une lettre à M. V. Meunier (du Rappel), un des rares écrivains scientifiques qui ouvrent généreusement leur chronique aux vérités méconnues, je lui parlais de l'eau magnétisée dont il connaissait depuis longtemps les propriétés. En donnant à boire à des enfanls de l'eau sur laquelle j'avais promené les doigts, j'étais arrivé à guérir ou soulager douze de ces enfants sur seiz<\ quoique leurs affections fussent différentes. A cette époque, j'avais déjà constaté que, tandis que, dans la thérapeutique médicale, il y a des catégories d'agents employés spécialement contre chaque genre d'affections morbides; dans la médication par l'apposition des mains et dans l'usage interne de l'eau magnétisée, il existe au contraire, dans l'une et l'autre, un mode d'action invariable qui agit toujours avec beaucoup d'efficacité à l'égard des maladies les plus diverses, semblablement à la suggestion hypnotique qui aussi est unique dans son mode d'action et variable dans ses effets sur l'organisme, selon l'idée suggestive sur laquelle on se base. N'y a-t-il pas dans cette similitude d'action de ces trois méthodes, une forteprésomption à admettre qu'elles ne sont au fond que des aspects différents d'une seule cause, et cette cause serait une influence psychique.
Pour dissiper les doutes que faisait naître dans mon
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esprit les arguments sérieux de M. Bernheim et quelque peu mes réflexions rétrospectives, je résolus de faire de nouvelles expérimentations. Une occasion imprévue se présenta et me conduisit sur la voie qui devait me permettre de vider une question qui, en elle-même, est d'une haute importance. Car, si c'était le principe de l'action du moral sur le physique qui dût triomphera la suite de mes expériences, j'acquérais la démonstration que, quelque instructive qu'elle paraisse, la pensée consciente des enfants a déjà une grande activité dès la naissance, ce qui éclaire d'une vive lumière le domaine de la psychologie du jeune âge, ouvre ainsi un plus vaste horizon à l'étude de l'esprit humain, et de plus rejette au loin dans l'ombre la théorie jusqu'ici illusoire du fluide : c'est-à-dire d'une atmosphère nerveuse vivifiante et d'une émergence vibratoire de même nature.
Cette occasion, je la dus à M. le Dr Mathias Roth, de Londres, médecin très distingué qui assistait à mes séances à la fin du mois d'octobre 1887. Témoin de mon traitement sur les enfants par l'application des mains, il m'invita, pour en comparer les effets, à employer aussi sur eux en boisson l'eau magnétisée qui, autrefois, lui avait réussi aussi bien qu'à moi. J'employai ce breuvage avec deux de ces petits êtres que je traitais en sa présence par le toucher. Il faut dire qu'ils allaient déjà beaucoup mieux; mais il restait encore à chacun d'eux une diarrhée assez abondante. L'eau fit merveille ; car l'un fut guéri dès la séance suivante, et l'autre, après la quatrième. Ayant parlé de ces cas de guérison à M. Bernheim, lequel ne voyait absolument que des effets moraux dans les succès que j'avais obtenus presque toujours sur les enfants par le procédé de l'application des mains, M. Bernheim me dit qu'il y aurait dans l'emploi de l'eau, qu'on dirait être magnétisée, un moyen
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expérimental de juger la question pendante entre nous : ce serait de ne donner que de l'eau ordinaire et sortant de la fontaine à tous les jeunes enfants malades que l'on apporterait désormais à ma clinique. Dans le cas où, par suite de ce traitement inoffensif, ces enfants éprouveraient du mieux et surtout arriveraient à la guérison, il faudrait bien alors rapporter un tel résultat à une influence psychique, à une compréhension déjà plus qu'instinctive de leur part, et conclure que si l'eau pure agit si bien, a fortiori l'apposition des mains, plus prolongée et plus directe sur le siège du mal, doit-elle avoir de l'effet. Et ce serait là une preuve que ces deux méthodes auraient pour point de départ une suggestion indirecte.
Cette proposition me parut acceptable, et le mode d'expérimentation, scientifique. Je me mis à l'œuvre. Gomme j'étais sur le point de terminer mes séances, je n'entrepris d'abord, par prudence, que le traitement de deux enfants très légèrement affectés et je m'y pris ainsi : une bouteille d'eau non magnétisée fut mise en vue de tout le monde dans l'appartement où je recevais les malades. Après avoir examiné mes jeunes clients, j'annonçai à leur mère que, pour les guérir, j'allais leur remettre une fiole du remède excellent qui était contenu dans la bouteille exposée à tous les yeux. Je disais que c'était un liquide plein de vertu ; mais qu'il fallait renouveler tous les jours pour qu'il gardât ses propriétés. J'ajoutai que l'enfant devait en prendre par cuillerées à café chaque demi-heure ou chaque heure, à moins qu'il ne fut endormi, et que par ce traitement bien suivi, il ne pouvait faire autrement que de se rétablir. Et pour qu'il eût le temps de commencera être suggestionné, je ne me hâtais pas de le congédier.
On voit par là qu'en somme je n'eus pour but que de
concentrer d'une manière continue, l'attention de mes jeunes sujets et de leurs proches sur l'idée de la guérison. Cette idée faisant atmosphère autour d'eux, les enfants devraient guérir par suggestion, du moment qu'ils seraient ainsi frappés des démarches de leurs parents, de la confiance de ceux-ci à mon égard, et qu'enfin, par tous les côtés, ils seraient portés à croire aux résultats heureux attendus de la médication à laquelle on les soumettait d'une manière si régulière et à laquelle tout le monde avait foi.
Suivent mes observations réduites à leurs éléments les plus essentiels et placées dans leur ordre chronologique. Ce sont les seules que j'aie pu faire et je n'en ai excepté aucune.
1. — 19 octobre 1887. — Biacabe (Henry), sept mois. Elevé au sein. Pas desommeil dansla nuit; mais il dort un peu dans la journée. Il pleure beaucoup et n'a qu'une selle par jour. — 20. N a pas pleuré la nuit et a dormi. - 21. Mauvaise nuit. — 22 et 23. Sommeil rétabli, pleurs disparus, deux selles dans la journée. J'ai appris plus tard que le mieux avait continué.
2. — 21 octobre. — Nellau (Eugène), dix-huit mois. Prend encore le sein. Bronchite généralisée ayant augmenté beaucoup depuis huit jours. Pas de sommeil. — 22. Pas de changement. — 23. A un peu dormi. — 24. Va comme le 22. — 23. Nuit assez bonne et un peu moins de toux ; a vomi le matin. On cesse le traitement.
3 — 7 mars 1888. — Jacquinet (Jeanne), huit mois, élevée au sein. Tousse depuis cinq semaines et depuis quatre a des quintes de toux fréquentes présentant les caractères de la coqueluche. Ne dort pour ainsi dire pas. — 8. Adormi toute la nuit, plus aucune quinte de coqueluche; a seulement légèrement toussé trois fois. Plus eu de nouvelles.
4. — 3 avril. — Berg (Marie), deux mois et vingt-trois jours. Prend le sein. Accès de toux remontant à plus de huit jours et présentant des caractères de coqueluche; larespirationest très
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sifflante. Presque pas de sommeil depuis quinze jours. Repose à peine quelques instants. A des sueurs. — 4. Pas de changement. — o. Toux laryngée diminuée, mais respiration aussi courte. A dormi en deux fois une heure et demie pendant le jour et deux heures dans la première partie de la nuit, avec quelques moments de sommeil vers une heure du matin. — 6. L'amélioration se soutient. — 7. Une heure et demie de sommeil dans la matinée, cl trois heures en plusieurs fois dans la nuit. Depuis qu'il y a du mieux, sa mère a pu reposer. — 8. Les quintes de toux qui n'ont pas cessé, prennent un caractère croupal ; je n'ose pas continuer le traitement
5. — 18 acrll. — Ferry (Eugène), dix-neuf jours. Cet enfant venu un mois avant terme est élevé au sein; mais quoique il tête bien, il dépérit peu à peu depuis qu'il est né. N'a jamais guère dormi que pendant quelques courts instants. Rarement il a été sans pousser des cris, et depuis hier il pleure d'une manière continue, selles liquides depuis un jour. Je constate sur sa langue et sur les parois de la bouche des taches blanches de muguet. Enfin la tète, les membres ont une teinte fortement cyanosée et la peau est un peu froide. — 19. Sommeil de deux heures et demie de suite dans la nuit et quelques moments de repos de temps en temps dans la journée, ce qui permet à la mère de l'enfant de reposer un peu à son tour. — 20. Plus de tache de muguet. Sommeil continu de quatre heures pendant la nuit. La teinte cyanosée de la peau s'éclaircit. Pleurs très diminués. — 21. A dormi quatre heures de jour et trois heures de nuit. La teinte cyanosée du tissu cutané s'éclaircit encore plus et les membres se réchauffent. — 22. Huit heures de sommeil dans la nuit et cinq heures pendant le jour. Depuis hier la diarrhée a disparu. —23, 2i et 2'>. La convalescence commence. Plus aucune teinte asphyxique, plus de piqueté diphtéritique, sommeil de sept à dix heures chaque nuit, etc. —27. 11 reparaît quelques points blancs dans la bouche et les selles deviennent plus molles. Sommeil moins»bon. On recommence le traitement interrompu. Le 1er mai et les jours suivants tout a continué à bien aller.
6. — 19 mal — Gesfler (Pierre), deux mois vingt et un jours. Est élevé au sein et léte bien. A été atteint, huit jours après la naissance, de l'ophtalmie des nouveaux-nés qui lui a laissé une taie sur la cornée transparente de l'œil gauche. A eu ensuite le muguet dont il ne lui reste plus rien, sauf une
hypéresthésie générale de tout le corps. Un attouchement, le moindre mouvement attirent du larmoiement; aussi n'a-t-il que de courts sommeils, 5 à 6 au plus dans la journée. — 20. Ne pousse plus de cris lorsqu'on lui touche les jambes ou qu'on les lui remue. A eu de plus longues périodes de sommeil qui ont duré de une demi-heure à deux heures. — 21. Comme hier. — 22. On peut toucher, remuer non-seulementles membres inférieurs de cet enfant, mais aussi ses mains et ses bras sans le faire pleurer. De plus, le sommeil est toujours meilleur. — 23 et 24. Le sommeil s'améliore encore. — 25. Ni le toucher ni les mouvements ne réveillent de douleur dans les membres et le corps. Cet enfant remue même ces parties du corps volontairement et ne se plaint plus. Les jours suivants il continue à se bien porter.
7. — 9 juin. — Speich (Léon), trois mois neuf jours. Tête sa mère qui, faute d'avoir assez de lait, ne lui donne à boire qu'une fois pendant ia nuit. Le reste du temps il est nourri avec du lait de vache. Par jour 15 à 16 selles diarrhéiques jaunâtres , remontant à quelque temps. Toux légère et quelques râles dans la poitrine depuis deux mois. — Sommeil, assez bon. — 10. Meilleur sommeil. — 11. Diarrhée, très diminuée. — 12. Une selle déjà plus consistante le matin, et le soir, une plus épaisse. — 13. Trois selles plus molles. — 14. Rend une seule fois des excréments de bonne nature. La toux ne change pas. — 15. Une selle liquide. — Toux diminuée et respiration meilleure. — 6 juillet. Cet enfant que je n'ai plus revu depuis le 15 juin fut de nouveau repris, il y a six jours, de diarrhée et d'insomnie prolongée, aussi, il revient à cause de ces accidents maladifs. — 7. Même état. — 8. Une selle consistante, bon sommeil. — 11. Bien. J'apprends le 18 que la guérison s'est maintenue.
8. — 23 juin. — Berg (Eugène), cinq mois. — Est nourri au biberon. Depuis longtemps, cinq à six selles vertes et liquides par jour. — Va surtout du ventre après avoir bu. Pleure la nuit et le jour ; n'a que de très courts sommeils. Maigreur excessive. — 24. N'a pas pleuré dans la journée. — 25» Va comme hier. — 26. Calme complet toute la journée, a dormi la nuit entière ; s'est pourtant réveillé trois fois, mais s'est chaque fois endormi peu après non sans avoir un peu larmoyé. N'a eu qu'une selle verte. Il prend mieux les aliments. — 27. Deux évacuations encore vertes, mais plus consistantes.
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Ne s'est réveillé que deux fois dans la nuit, en pleurant encore un peu chaque fois. Aspect général du corps meilleur. — 28. €inq selles vertes et liquides. A eu relativement beaucoup de sommeil. Comme la mère de cet enfant s'impatiente et me demande de joindre l'application des mains à ce traitement, et comme la vertu de l'eau pseudo- magnétisée est déjà ici grandement prouvée, j'emploie ces moyens réunis ainsi que les jours suivants, et j'ai eu la satisfaction d'amener ce petit malade en bon état peu de temps après.
9. — 27 juin. — Georgeon (Alix), vingt mois. Ne tête plus. Depuis quatre mois, le ventre de cet enfant a grandement augmenté de volume ; mais il est assez flasque etse déprime aisément. N'est nourri qu'avec des aliments liquides et il en prend peu. Digestions difficiles ; vomituritions. De temps en temps, il est pris d'une diarrhée qui dure trois à quatre jours de suite : alors il boit davantage. Ne marche pas encore. Dort assez bien. — 28. A mieux dormi que d'habitude. — 30. Est beaucoup plus gai. — 2 juillet. Cet enfant est redevenu triste, il boit moins et a vomi. Ce recul en arrière m'inquiétant et peut-être à tort, j'ajoute à ce traitement celui de l'application des mains. Le 5 juillet il se manifesta une grande amélioration qui ne fit que s'accroître et quelques jours après la guérison était complète.
10. — o juillet. — Herr (Marguerite), un mois et vingt-cinq jours. Depuis plus d'un mois, celte petite qui prend le sein n'a plus été à la selle qu'à l'aide de lavements huileux; elle n'a de défécation que chaque deux ou trois jours, et consécutivement à un lavement. Pleurs assez souvent répétés et dus sans doute à des coliques. Le traitement par l'eau pseudo-magnétisée a été continué cinq jours; pas une selle n'a eu lieu. Alors à ce moyen j'ai ajouté l'apposition des mains. — 30. Quatre selles libres seulement depuis le 10 du même mois. De ce jour les évacuations alvines se sont produites tous les jours et durent encore.
11. — 2 août. — Juncker (André), neuf mois. Cet enfant qui est sevré, a depuis trois mois des sueurs abondantes ; mais seulement lorsqu'il est au lit, que ce soit de jour ou de nuit. Chaque fois qu'on le lève, sa chemise, son bonnet sont fortement mouillés. De plus, bien qu'il prenne beaucoup de nourriture, son corps ne prend pas de développement. Depuis huit jours, le sommeil qui était mauvais est devenu meilleur. —
3. Sommeil de deux heures pendant le jour, mais beaucoup plus calme. Sommeil moins bon qu'auparavant pendant la nuit. Sueurs diminuées. — 4. Deux selles diarrhéiques, bon sommeil, plus d-3 sueurs. — 5. Sueurs nocturnes seulement.
— 6. JNi sueurs, ni diarrhée. — 7. Une évacuation liquide, mais n'a pas transpiré. — 8. Deux selles liquides, pas de transpiration. — 9. Va bien. — 10. Bien ; depuis lors le rétablissement de la santé s'est maintenu.
12. — 6 août. — Geller (Euphrasie), vingt et un mois. Cette enfant sevrée à onze mois, a eu la rougeole, il y a quatorze jours. Tousse encore un peu. Fièvre, transpiration continuelle et abondante, surtout pendant le sommeil. Dort peu. Constipation habituelle et pas d'évacuations alvines depuis deux jours. Peu d'appétit. — 7. Fièvre diminuée. Pas de sueurs, a bien dormi et a été du ventre. — 8. Forte transpiration, pas de selle.
— 9 . Une selle plus molle que d'habitude et sueurs. — 10. Deux selles molles et transpiration diminuée. L'appétit se réveille.
— 11. Pour la première fois, très bon sommeil. Plus d'excitation fébrile ; transpiration encore moins forte, appétit toujours plus grand ; gaité, cherche à marcher. — 12. Une selle. — 13. Ne sue presque plus, dort bien et a beaucoup d'appétit. — 14. Faible transpiration. — 15. Depuis trois jours, aucune défécation. — 20. Selles rétablies. La petite malade est en pleine convalescence. — 21. Tout va bien. On cesse le traitement.
13. — 18 août. — Bonhomme (Jeanne), un an. Celte enfant est sevrée. A la suite d'une bronchite qu'elle a eue, il y a trois mois et qui a disparu depuis trois semaines, il lui reste un grand affaissement : elle ne peut plus marcher, ni même soutenir sa tête qui s'incline en tous sens. Cependant cette petite a de l'appétit, son sommeil de nuit est assez bon, et elle dort même un peu pendant la journée. Constipation opiniâtre ; ne va du ventre habituellement que par lavements ; mais depuis deux jours, diarrhée. — 19. Sommeil bon. — 20. Encore meill:ur sommeil. La diarrhée diminue et la malade commence à jouer. — 22. Elle porte sa tête plus droite et joue davantage. Une selle de bonne nature. — 24. Appélit très développé et plus grande tendance à s'amuser. On remarque que le repos nocturne diminue à mesure que le mieux se fait sentir. — 27. Va régulièrement du ventre, une fois par jour;* les forces reviennent et la tête reste mieux et plus longtemps relevée mais le sommeil dure toujours moins.
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Plusieurs jours après, le 30 août, on m'apprend que eette enfant va bien.
14. — 2Ii août. — Parque (René), vingt-un jours. Cet enfant est élevé au biberon, parce qu'il n'a pas voulu prendre le sein. Depuis sa naissance, constipation ; ne va du ventre que par lavements. Ce qu'il rend est très dur. Ne dort pour ainsi dire pas et pleure nuit et jour. Lorsqu'il boit il a le hoquet. — 26. A été pour la première fois sans lavement, et la selle rendue a été assez molle. Sommeil bon. — 27. Ne s'est éveillé qu'une fois dans la nuit. — 28. A dormi sept heures de jour en deux fois et ne s'est réveillé qu'une fois dans la nuit. A été librement du ventre. — 29. Va bien. — 30. A eu besoin d'un lavement. Encore continuation de l'eau pseudo-magnétisée pendant deux jours, et depuis lors tout a marché bien. On a remarqué que cet enfant qui avait le hoquet après avoir bu, l'a beaucoup moins.
lo. — 28 août. — Recht (Edouard), dix mois, est élevé au biberon. Diarrhée depuis trois semaines. Cin } à six selles de jour, d6ux à trois pendant la nuit ; elles sont jaunes et parfois verdâtres. Depuis deux jours, cet enfant refuse le lait et il vomit tout ce qu'on lui fait avaler. En outre, il pleure toujours, excepté lorsqu'il dort, et ses sommeils sont seulement de une demi-heure à une heure au plus. — 29. A eu deux selles plus épaisses ; n'a vomi que deux fois et a dormi ce matin une heure trois quarts. Il a aussi moins crié dans la journée, mais aulanl qu'auparavant dans la nuit. 11 recommence à boire du lait qu'il avait cessé de prendre depuis deux jours. — 30. A beaucoup bu de lait et n'a pas vomi ; a bien dormi et deux selles molles. — 31. Bon sommeil, diarrhée disparue, bon appétit et grande gaîté.
16. — 29 août. — Helbert (Eugénie), six mois et un jour. Cette enfant, qui est élevée au sein, pousse des cris toute la nuit, mais elle en pousse moins pendant le jour, et même elle dort un peu dans cette partie de la journée. Légère toux. Deux à trois selles diarrhéïques, et vertes. — 30 A dormi huit heures, pendant lejour, et lanuit entière jusqu'à quatre heures du matin, moment où elle s'est éveillée pour téter. Puis, ce matin, elle s'est de nouveau endormie vers trois heures. Une selle non diarrhéïque. — 31. Plus de diarrhée. A bien reposé ; s'est réveillée trois fois pour prendre le sein. — lor septembre. Selle un peu plus molle. Va bien.
17. — 29 août. — Ketterer (Ernestine), huit mois, est allaitée par sa mère. Cette petite fille, qui va bien sous les autres rapports, ne dort pas bien; ses périodes de repos, qui sont très fréquentes durent à peine cinq minutes chacune. — 30. Deux heures de sommeil suivi dans la journée et sommeil continu toute la nuit, sauf qu'elle s'est réveillée quatre fois pour prendre le sein. — 31. A à peu près dormi comme hier, s'est réveillée trois fois pour téter. — 1er septembre. Va bien.
18. — 12 septembre. — Esmez (Alfred), deux ans neuf mois. Ophtalmie catarrhale remontant à deux mois et contractée dans une salle d'asile qui fut fermée pour dix-huit jours à cause du caractère épidémiqueque revêtait cette affection. Les paupières sont fortement collées chaque matin, et les muqueuses oculaires et palpébrales sont injectées, non-seulement cet enfanta bu de l'eau pseudo-magnétisée, mais on lui en a mis souvent entre les paupières. — 13. Au réveil, les paupières ne sont pas agglutinées. Presque plus de rougeur des muqueuses. — 14. Plus rien. — 15. La guérison paraît complète.
19. — 13 septembre. — Roussel (Marcel), deux ans et demi. Ce petit garçon a contracté son ophtalmie catarrhale, il y a deux mois, à la même salle d'asile que le malade de l'observation précédente. Il m'est amené ainsi que le suivant à cause du changement étonnant qui s'est produit, depuis hier, dans les yeux du précédent malade. Les conjonctives sont très enflammées et les bords palpébraux très adhérents tous les matins. Même traitement que dans le cas précité. Eau intus et extra. — 14. Mieux. — 15. Grand changement. — 16. Toujours mieux. — 17. Est guéri.
20. — 13 septembre. — Roussel (Armand), cinq ans. Cet enfant, frère du précédent malade, a été pris de la même ophtalmie dans le même établissement Inflammation des conjonctives assez bénigne. Paupières fermées tous les matins par du mucus. — Même traitement que dans les affections précédentes. — 14. Beaucoup de mieux. — 15. Presque plus rien. — 16. Guéri.
21. — 15 septembre. — Septfontaines (Georges), un mois et sept jours. Est nourri au sein et un peu au biberon, sa mère n'ayant pas assez de lait. Depuis le sixième jour après sa naissance, il est pris, au moins vingt fois par jour, d'accès non convulsifs pendant lesquels il devient cyanose; accès sur la cause
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desquels les médecins ne s'entendent pas. Dès les premiers temps, ces accès duraient environ une demi-heure ; mais actuellement ils durent à peu près dix minutes. De plus, depuis cinq jours, cet enfant vomit presque tout ce qu'il boit, il ne dort pas et pleure toujours. — 16. Grises moins longues. A dormi six heures pendant la nuit et deux heures pendant le jour; cris continus, excepté lorsqu'il dort. Pas de vomissements. — 17. Vomissements revenus, crises de cyanose plus fréquentes, mais moins intenses. — 18. Même état que le premier jour. — 19. Ce retour au même état général qu'avant le commencement du traitement me fait ajouter l'application des mains sur la tète et la poitrine, à l'usage continué de l'eau pseudo-magnélisée. — 20. Plus d'accès cyanosique, plus de vomissement, le sommeil revient. — 21 Va comme hier, mais à beaucoup pleuré. — 22. Une seule crise, mais il y a de l'insomnie et il survient de la diarrhée. — 23. Est très bien. Les jours suivants la convalescence s'établit définitivement.
22. — il Septembre. — Thouvenin (Charles), deux ans. Cet enfant est atteint de muguet depuis huit jours. Hier la diarrhée s'est arrêtée. Les muqueuses de la langue et de la bouche sont couvertes de concrétions blanches et sont tellement enflammées que la mastication est impossible. Peu de sommeil. — 18. Ce petit garçon, à peine sorti de chez moi et avant même qu'il ait bu de l'eau, a joué dans la rue, ce qu'il ne faisait plus, et a pu mâcher et avaler des aliments. La bouche ne présente plus de taches blanches, et seulement elle est encore d'un rouge foncé. — 19. Tout va bien, le sommeil est bon. — N'a pas eu de rechute.
23. — 19 septembre. — Bigeard (Eugène), trois mois. Il y a quinze jours que cet enfant refuse le sein. En même temps il a huit à neuf selles liquides et verdâtres par jour. Il boit bien au biberon. Depuis trois à quatre jours ses cris sont continus, il ne dort plus et il a eu un vomissement hier soir et un ce matin.— 20. Deux selles assez épaisses et nullement vertes. Pleure moins et a bien dormi la nuit. — 21. Comme hier. — 22. Quatre selles moins consistantes et légèrement verdâtres. On s'aperçoit que cet enfant est nourri avec du lait écrémé; nous lui en faisons substituer du meilleur. — 23. Trois selles plus solides et moins vertes. — Bon sommeil et moins de cris. Ce petit malade ne m'a plus été rapporté. On m'a fait dire qu'il allait assez bien, ce qui a duré huit jours, et l'on croyait
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à la guérison pour bientôt, lorsqu'il a été repris des mêmes symptômes norbides, lesquels ont amené la mort en deux jours.
24. — 22 septembre. — Wolff (Georges), dix mois. Boit au biberon. Diarrhée verte, depuis deux mois : neuf à dix selles par jour. Quelques vomissements et à peine une demi-heure à une heure de sommeil le matin, il pleure beaucoup. — 23. Six selles plus épaisses, deux heures de sommeil dans la nuit. — 24 Sept selles, les premières molles, et les dernières liquides et verdâtres. Un seul vomissement et sommeil d'une durée de trois heures un quart. — 25. Sept selles très liquides, deux heures de sommeil. Cet enfant qui avait cessé de pleurer recommence. Par acquit de conscience, je joins au traitement par l'eau, le traitement par le toucher, et je les continue ensemble jusqu'au 29. Ce jour-là, amélioration très grande qui a fait encore de plus grands progrès et a abouti à la guérison.
25. — 8 octobre. — Colin (Appoline), onze mois. Cetteenfant élevée au biberon, a depuis trois semaines des selles très abondantes, au moins vingt par jour. Ces selles ont été d'abord verdâtres, puis elles sont maintenant dyssentériques. Pas de sommeil, à peine quelques minutes d'assoupissement de temps en temps. — Ventre douloureux à la pression, cris continuels, grande soif. — 9. Neuf selles jaunes, plus épaisses et sans traces de sang. A dormi toute la nuit, ne s'est réveillée que quatre fois pour boire. En outre, elle a pris deux fois plus de lait qu'auparavant et avec une exigence qu'elle n'avait pas montrée depuis longtemps. N'a plus pleuré. — 40. Quatre selles encore plus consistantes. Plusde larmes, bon sommeil, gaîté. Ellecommence à prendre d'autres aliments que le lait, se remue mieux et s'assied même sur son séant. — 11. Toutes les fonctions organiques sont redevenues normales. — 12. Va bien.
26. — 12 octobre — Hirtz (Jeanne), un an cinq mois A pris le sein huit mois et suce le biberon, depuis neuf mois. Diarrhée jaune assez abondante depuis huit jours. Cette petite pleure continuellement et a, à peine, quelques courts moment de sommeil. Elle a déjà eu aujourd'hui trois selles. — 13. Une seuie selle épaisse, n'a presque plus pleuré et a dormi neuf heures — 14. Selles moulées, bon sommeil, quelques cris avant midi. — 15. Ni diarrhée, ni larmoyement, ni insomnie. Grand appétit et gaîté.
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Tels sont l*s matériaux peu e'tendus et parfois incomplets que j'ai pu recueillir depuis un an, dans lesquels je vais puiser pour élucider la question posée en tête de ce chapitre : existe-t-il des preuves du zoomagnétisme? Les conclusions auxquelles j'arrivais dans ma brochure écrite à ce sujet, en 1883, doivent elles être acceptées comme irrévocables? Est-il vraiment certain que chez les jeunes enfants, on peut invoquer : soit une action vibratoire nerveuse se transmettant, par des manœuvres ad hoc, de l'opérateur à celui qui se soumet à lui ; soit, ce qui revient à peu près au même, l'influence d'une atmosphère vivifiante agissant semblablement, pour se rendre compte des guérisons que l'on obtient sur eux à un âge où ils ne sont pas encore aptes à être mis dans un état de sommeil provoqué quelconque?
Les faits observés alors par moi et sur lesquels je me fondais étaient réels, mais, je le confesse je les avais mal interprétés. Je croyais, à cette époque, qu'il existait un hiatus profond entre le sommeil naturel du jeune enfant et le sommeil provoqué chez l'enfant qui est beaucoup plus âgé ; j'avais surtout l'idée préconçue que lorsque le plus jeune dort, il est isolé comme tout dormeur ordinaire, et par conséquent n'est pas suggeslible ; et j'en inférais que s'il n'est pas suggestible en dormant du sommeil habituel, à plus forte raison ne l'est-il pas à l'état de veille. C'était une grave erreur. La preuve incontestable que je me trompais, la voici. C'est que des 26 observations que je viens de relater, il découle ce surprenant résultat
k qu'au moyen de l'eau pure, sortant de la fontaine, nullement soumise à des manipulations pour lui donner des vertus curatives, j'ai obtenu sur les petits enfants confiés à mes soins et traités d'après les indications de thérapeutique morale indiquées plus haut : 19 guérisons, 6 améliorations et un insuccès relatif.
Sept de ces enfants n'étaient souffrants que depuis moins d'un mois. Tous les autres l'étaient depuis plus longtemps. Et je le dis avec satisfaction, plusieurs de ces petits malades avaient été mis entre les mains de médecins qui, à l'aide des remèdes, n'avaient obtenu aucun résultat marquant.
De ces 26 enfants, 1, parmi eux (21) était atteint d'accès asphyxiques ; 1, de bronchite (2) ; 4, de constipation (1, 10, 13, 14) ; 1, de constipation avec sueurs (12) ; 2, de coqueluche (3, 4) ; 7 de diarrhée (7,8, 15, 16, 23,24,26); 1, de dyssenterie 1^25) ; 1, d'hypérésthésie de toute la surface cutanée (6) ; 1, d'insomnie (17) ; 2, de muguet (5,22) ; 1, de dyspepsie (9) ; 1, de sueurs (11) ; et 3 d'ophtalmie catarrhale (18, 19, 20).
Il faut le dire, dans les dix-neuf cas de guérison complète obtenue par cette nouvelle méthode suggestive (4L, 3, 5, 6, 7, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 22, 24, 25, 26), j'ai, pendant le cours du traitement, dérogé sept fois à cette méthode, quoique elle eût déjà amené de l'amélioration : deux fois (21, 24), par acquit de conscience, ne croyant plus, faute d'expérience et vu l'état grave des malades, devoir continuer l'eau dont les effets me paraissaient diminuer; une fois (10), par suite de l'insuccès de cet agent moral; une fois (8), pour arriver plus vite à un résultat certain, et trois fois (18, 19, 20), par irréflexion. — Dans les quatre premiers cas où je me suis écarté de la méthode employée, j'ai ajouté à l'usage de l'eau pure, l'apposition des mains loco dolenti; et dans les trois derniers, je me suis servi aussi de cette eau en instillation sous les paupières, afin d'en augmenter l'effet cérébral suggestif d'un effet psychique local.
On ne peut le nier, quoique laissant à désirer, les résultats que je viens de signaler s'imposent. Rien ne peut en annihiler la signification. L'eau pure à laquelle on attribue
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des qualités plus ou moins merveilleuses suffit pour produire sur l'organisme des enfants, des résultats supérieurs à ceux des remèdes. Si elle m'a paru agir moins favorablement que ses congénères :les attouchements sur la peau et la suggestion verbale,' c'est que le sens qu'elle cache et qui est sous-entendu dans ses applications étant moins bien formulé a été aussi moins bien compris.
On me dira que les enfants soignés à l'aide des remèdes, et quelquefois par des procédés dénotant l'intention de les ramener à la santé, doivent, s'ils s'aperçoivent de cette intention, éprouver aussi de bons effets, et même de meilleurs que par la méthode indirecte de suggestion par l'eau pseudo-magnétisée, puisqu'à l'action des médicaments se joint une action morale. Je suis loin de contredire cette assertion judicieuse; mais ceci ayant alors lieu, sans qu'on en détermine d'avance le sens à l'esprit, doit le plus souvent perdre de son efficacité. Jamais aucun médecin, et j'ai été du nombre, n'a songé à formuler une méthode pour agir sur le moral des enfants ; et combien depuis des siècles, enfermés dans leurs préjugé, comme dans un mur d'airain, n'ont-ils pas regardé comme chimérique, le procédé de traiter les maladies des adultes par l'imagination, même avec l'appui combiné de celle-ci et des médicaments?
Il est à noter aussi que, chez les petits êtres soumis au traitement par l'eau pseudo-magnétisée, le sommeil ordinaire est devenu meilleur dès les premiers jours. Rien d'étonnant. L'enfant qui vient de sortir de la vie intrautérine pour être soumis aux excitations venantdu dehors est bientôt agacé, fatigué. Aussi, ses besoins satisfaits, il sa replie surlui-même comme je l'ai déjà dit, et se plonge dans un isolement ayant une grande analogie avec celui où il était dans le ventre de sa mère. Et cet isolement il le retrouve aisément, grâce à l'habitude qu'il en a déjà
prise ; qu'il y soit porté, ou par un effort propre ; ou comme dans les cas précités, par une impulsion suggestive venant du dehors.
Il est inutile de faire d'autres réflexions. Les arguments de M. Bernheim étaient fondés. Il saute aux yeux, d'après les expériences précédentes, quel'eau pure, pourvu qu'elle soit administrée de façon à ce qu'elle puisse attirer l'attention des enfants dans le sens de l'idée de leur guérison, a pour effet d'agir de même que l'affirmation verbale*et que l'apposition des mains. C'est que ces trois procédés différents de forme présentent au fond le même principe d'action : la suggestion, qu'elle soit directe ou indirecte. Ce qui le prouve, ce sont les effets divers, que selon l'idée suggérée, ces procédés produisent dans un grand nombre de maladies, effetsquisont la démonstration surtout chez les enfants, de la puissance du moral, même à l'état de veille. Ces expériences démontrent aussi que l'action du moral sur le physique se fait sentir plus tôt dans l'existence qu'on ne le suppose ; elles jettent une vive lumière sur la précoce facilité de compréhension des enfants, et elles ouvrent ainsi un nouveau champ à l'étude de l'esprit humain. Ces expériences prouvent en outre qu'il est bon, en science comme en toute autre chose, qu'il y ait de la liberté et du contrôle pour favoriser le redressement des erreurs de jugement dans lesquelles on peut être entraîné.