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CHAPITRE V

CONTRIBUTIONS AU TRAITEMENT DES MALADIES PAR i/ACTION DE LA PENSÉE SUR L'ORGANISME

IL a déjà été établi que les guérisons naturelles, par action morale, ont été causées parle transport de l'attention qui, de ridée consciente de la maladie, s'est portée avec énergie et avec fixité sur une autre idée négative de l'affection morbide ou sans rapport avec elle. Des guérisons m'ont paru s'opérer avec plus de sûreté et en plus grand nombre, quand ce déplacement a été accompagné d'une émotion ; c'est que, par ce complément, il s'est produit concomitament un afflux ou une révulsion nerveuse plus considérable. L'immobilisation de l'attention sur une idée émotive ou non amène donc l'inconscience de la maladie et, par suite, sa disparition radicale ; l'attention, cause du mal, qu'elle soit en plus ou qu'elle soit en moins, revenant à l'équilibre,— les symptômes maladifs disparaissent. Si les affections de chacun sont envenimées par l'action de cette force qui, par une tendance fatale, se dirige continuellement aux sensations et entretient les lésions de l'économie par l'idée consciente qui en découle, elles sont nécessairement guéries dès que cette même force cesse de suivre ce cours habituel, ainsi que je vais

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le faire voir. L'état passif, de quelque manière qu'il se forme, est la condition des cures par l'influence de la pensée sur l'organisme, cette vérité est incontestable. Gréer à volonté cet état, sous ses formes les plus communes, et ce sont les états de sommeil et le charme ; imiter ensuite la nature dans ses procédés en se conformant à ses lois ; car elle ne fait rien au hasard ; c'est ce que j'ai essayé de mettre en œuvre pour le traitement moral des maladies. Ce qui suit est le résumé de mes essais.

Malgré de nombreuses occupations, pendant cinq années, et autant que l'occasion de pouvoir réussir s'est offerte, j'ai fait des tentatives assez nombreuses pour guérir des malades mis préalablement dans une des formes du sommeil. Après avoir employé les méthodes les plus connues : insufflations, passes, consultations près des dormeurs, traitements qu'ils prescrivent, suggestion enfin, je m'en suis tenu à cette dernière qui les embrasse presque toutes et en résume la quintessence.

La suggestion, qui remonte à Faria et n'a été formulée et assez bien employée qu'indirectement par Braid, puis pressentie par MM. Gharpignon et Durand (de Gros), n'a pas toujours été mise en usage par moi comme elle aurait dû l'être. Le manque de temps, la tentation d'arriver vite à un résultat, et enfin mon inexpérience, ont été des causes pour lesquelles j'ai été au-dessous de ma tâche. Aussi, dans les courtes observations qui suivent, on remarquera de nombreuses lacunes ; des traitements sont restés inachevés ; il m'est arrivé d'employer à la fois l'affirmation verbale et des remèdes ; j'ai laissé dans l'ombre le procédé de suggestion renforcé d'une émotion, je n'y ai eu recours qu'une seule fois, faute d'y avoir songé assez tôt ; enfin, je n'ai traité qu'un nombre restreint de maladies, la plupart de nature exclusivement nerveuse ; les matériaux que j'apporte sont donc, à plus d'un titre, des matériaux in-

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complets. Malgré des défauts contre lesquels je vois venir la critique, il est pourtant des résultats que l'on aura beau contester ; ces résultats sont au-dessus des objections que l'on pourra apporter et qui reposeront toutes sur la nature curatrice, puisque c'est cette nature curatrice, ellemême, stimulée dans son action par mon aide, qu'il faudra attaquer.

En imitant les novateurs hardis qui m'ont précédé, j'espère à mon tour avoir aussi des imitateurs, ne fût-ce <jue pour qu'ils cherchassent à me confondre. N'existe-til pas, du reste, des hommes conservant assez le feu sacré de la science pour se mettre au-dessus des préjugés scientifiques, et pour embrasser l'art de guérir sous un aspect nouveau, quelque conspué qu'il soit. Un jour viendra, quand chacun d'eux aura apporté son lot à la thérapeutique morale, où il sera possible de déterminer ce qu'est la médication suggestive ; quel est son domaine, quelles sont ses bornes. Au lieu d'ergoter sur des théories hypothétiques, sur des questions d'antériorité pour des découvertes inutiles; au lieu de rabâcher, tour à tour et toujours, les mêmes choses sous des formes différentes et sans jamais conclure; on devrait songer davantage au but final de la science, la conservation de la santé et les moyens de guérir, et ne plus négliger une des parties •essentielles de l'art médical, la thérapeutique dont la pensée est la base et qui appartient à tous, celle que permet l'état du sommeil.

MALADIES, PAR MANQUE d'iïXCITATION DES XERES SENSITIFS.

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