II. — Cystite tuberculeuse
Pour traiter comme il doit être la cystite tuberculeuse, il Caut ' èlre bien persuadé que ))resque toujours la cystite est secondaire à une localisation du bacille sur le rein ou lés organes génitau.x. l'ne * autre considération assez impoi'lante au point de vue du traitement est la suivante : tant, (jue la tuberculose vésic,ale existe à l’état [)ur, '
les inconvénients qu’elle provoque sont médiocres : elle ne devient vraiment douloureuse que lorsqu’il s’adjoint à la lésion primitive une infection surajoutée ; c’est dire que toutes les e.xplorations ([ui i ne sont pas indispensables, susceptibles d'infecter la vessie, devront èlre évitées.
Iiidioatioiis. — A. Traitement du foyer primitif. — Aussitôt (|ue l’on aura reconnu une tuberculose vésicale, on devra rechercher du coté des organes génitaux ou du côté des reins le foyei’ primitif. Pour le rein, la tuberculose peut passer longtemps inaperçue, et la manifestation vésicale peut en être le premier symplôme ; il importera donc d’explorer les reins avec le plus grand soin ; un peu de pyurie avec persistance du trouble, une légère douleur d’un côté seront autant d’indices que compléteront le cathétérisme urétral, l’examen microscopique des urines, leur inoculation.
Il importe au plus haut pointde dépister ces tuberculoses primitive.s, car toute thérapeutique exclusivement vésicale est destinée à échouer s’il existe une cause de réinfeclion perpétuelle de l’organe, tandis (|ue nous voyons cette môme tuberculose de la vessie céder une fois que le foyer rénal est supprimé.
Pour la tuberculose génilale, on procédera à une épididymectomie ou à une castration complétée par l’ablation de la vésicule ou de la vésicule et des parties malades de la prostate suivant l’étendue des i lésions. Quant à la tuberculose rénale, aujourd’hui plus aucun doute ne subsiste; aussitôt quelle est reconnue, elle doit être enlevée par néphrectomie, si toutefois le rein du côté opposé est .sain.
l). Traitement de la localisation vésicale. — Traitement général. — Il a une grande influence su " l’évolution de la tuberculose vésicale : l’huile de foie de moi'ue, 1 arsenic sous une forme (|uelcon(|ue, la suralimentation avec des aliments ou boissons (|ui ?ie sont pas susce])tibles de rendre les urines irritantes pour les reins ou la vessii? (Voy, Tubcrcuh.'te réunie cl l yalilc chronique), le i'e[)OS, le
INDICATIONS. — VESSIE. — CYSTITES.
graïul air, les stations maritimes chaudes à température égale, les eau.’c chlorurées sodicjues, Salies-de-Béaru, halins, etc. , constitueront la base de ce traitement, dont l’eflicacité sera réelle sur l’évolution de la tuberculose vésicale.
Traitement local. — Le traitement local consistera en injections de .substances variées susceptibles de modilier les lésions vésicales.
Le goménol en injections huileuses à 20 p. 100 est une des substances les [)lus couramment emjdoyees et qui donne, d une façon assez régulière, des résultats satisfaisants ; on en injectera tous les jours 4 à centimètres cubes dans la vessie, après avoir évacué celle-ci.
L’iodoforine a été employé associé ou non au gaïacol :
lodofonne porphyrisé * 5 grammes.
Vaseline liquide stérili.sée 100 — (Bazy.)
lodoforme 2 grammes.
Gaïacol t> —
Huile d'olive stérilisée 100 — (Collin.)
On injectera dans la vessie, suivant sa capacité, 10 à 20 ou 30 grammes, et l’on recommandera aux malades de cesser d’uriner lorsqu'ils voient apparaître la solution d’iodoforme. Celle-ci reste donc ainsi plusieurs jours dans la vessie, constituant aux ulcérations un pansement antiseptique chaque fois que la vessie s’évacue.
Le sublimé, préconisé par le professeur Guyon, eut un inoment de grande vogue; on l’emploie à des titres variant de Ip.bOOO à 1 p. 1 000 en instillations de quelques gouttes. Les résultats obtenus sont très inconstants.
Desnos a obtenu des résultats avec l’acide picrique à Ip. 100 et l’acide pyrogallique à 3 p. 100 en instillations.
L'acide phénique en solution à 5 p. 100 a été employé en lavages chauds (3o®) ; on fait passer dans la vessie 150 à 200 grammes de la solution par petite quantité de 50 à. 100 grammes, suivant la tolérance, en laissant le liquide séjoui'iier quatre à cinq minutes dans la vessie. La douleur est assez vive, suivie de l’élimination de membranes pendant quelques jours. On attend pour recommencer l’injection que cette élimination ait cessé. Ouelques résultats encourageants ont été obtenus.
Ces traitements, pratiqués d’une façon persistante, arriventà faire disparaître les symptômes au pointque l’on peut parlerde guérison; dans d’autres cas, ils rendent tolérable l’affection ; mais, dans Imn nombre de cas, ils échouent, et les malheureux malades auront
il souMVir d’une- façon continue, leurs douleurs étant entretenues par leurs besoins incessants d’uriner.
(7est alors (|ue l’on songera au traitement chirurgical. I.a mise au repos de la vessie par une cystostomie sus-pubienne, que l’on complétera par un curettage ou une cautérisation des surfaces ulcérées, sera la seule manière de soulager les malades ; une sonde de Pezzer mise à demeure assurera l’écoulement de l’urine dans un urinai portatif et permettra d’agir encore sui- les lésions au moyen des injections signalées plus haut.
11 faudra laisser cette fistule pendant des mois si l’on veut obtenir un résultat, et, dans bien des cas, lors(iue l’on refermera la vessie, la récidive se fera et les douleui's reparaîtront.
("est alors que la question se posera de suppression de la vessie suivie de rabouchem*ent des uretères dans l’intestin, ou d’une néphrostomie détinitive, tous moyens bien pénibles, mais que l’on sera autorisé à tenter chez un malade dont l’état général serait demeuré bon.