‹ Thérapeutique urinaireChapitre 115 sur 307 · IX. — TROUBLES VÉSICAUX D’ORIGINE NERVEUSE · texte numérisé non relu

IX. — TROUBLES VÉSICAUX D’ORIGINE NERVEUSE

Les malades atteints de troubles vésicaux d’origine nerveuse constituent la classe des faux urinaires.

L’origine de ces troubles est très variée : elle peut consister dans une lésion du système nerveux : traumatismes cérébraux, paralysie générale, hémorragie cérébrale, traumatisme ou compression de la moelle, mal de Pott, sclérose en plaque, ataxie, affections générales ataxo-adynamiques; elle peut être le fait d’une névrose ; hystérie, épilepsie; bien souvent elle est soit psychopathique : névropathie, sous toutes ses formes, ou réflexe ; affections des voies urinaires, affections du rein, de l’uretère, de la prostate, de l’urètre, du prépuce, affections des organes voisins de la vessie, opérations sur le périnée, le rectum, affections utérines et péri-utérines, opérations à distance quelquefois. A signaler aussi la rétention d’urine, que l’on observe parfois à la suite de la rachi-stovaïnisation.

.Mais, quelle que soi t l’origine, les troubles consistent en pollakyurie, rétention, incontinence ou névralgies. Et dans la même affection on pourra voir ces troubles alterner, se succéder, et les caractères de ces troubles ne seront pas toujours suffisamment précis pour permettre de reconnaître a priori s’ils ont pour cause telle ou telle affection.

ffest dire qu’on ariâvera le plus souvent à l’interprétation exacte de ces ti’oubles par élimination : si la cause ne saute pas immédiatement aux yeux, après avoir reconnu qu’ils n’ont pas pour origine une lésion de la vessie, on passera successivement en revue les différentes causes nerveuses susceptibles de les provo([uer.

Souvent la thérapeutique sera déterminée par la notion causale du tiouble en (question, mais, dan.s biendes cas, la cause importera [teu, et il conviendra de traiter simplement le trouble lui-même.

(1) U's (islulfs vosico-vaginales davaiil (•lie éludiôüs on délail dans la T/irrmipiitiouo fjiliiecoloÿuiup lit- sont données ici que |.ai' indicalions Iràs Inéves sur le Irailpincnl mi'il convient de leur applii^ucr. *

M.'iladius uriiiairos.

A. Pollakyurie. — La pollakyurie esl souvent d’oi igine réflexe, consécutive à une lésion rénale ou urétérale, calcul, tuherculosc, (|u’il s’agira de découvrir et de traiter pour voir disparaître le trouble vésical.

Elle se rencontre également dans l’ataxie au début, et cette afTection reconnue, on n’aura comme seule ressource que de la traiter, sans s’occuper de chercher à modifier la fréquence des mictions.

On l’observe enfin chez les nerveux, neurasthéni([ues, préoccupés, en dehors de tout phénomène d’hystérie. Dans ces cas, c’est aux reconstituants et aux antispasmodiques que l’on aura recours on conseillera les distractions ; on recommandera aux malades de penser le moins possible à leur vessie, et on essaiera la dilatation progressive de l’organe au moyen d’injections de liquide introduit en quantité de plus en plus grande.

On commencera par injecter dans la vessie la quantité de liquide qui provoque le besoin d’uriner ; à ce moment, bn ordonnera au malade de conserver ce liquide le plus longtemps possible. On recommencera ces injections tous les deux jours, en augmentant progressivement la quantité. Ainsi la vessie arrive à retenir de plus en plus de liquide, et, en dehors des périodes de préoccupations, la pollakyurie s’atténuera. Petit à petit les périodes de préoccupations elles-mêmes diminueront, le malade sachant que sa vessie peut fort bien tolérer l'urine pendant un temps très long. Dans quelques cas, ce traitement par la dilatation échoue, et l’on en sera réduit à essayer de la suggestion, ou de l’électricité sous des modes variés.

B. Rétention d'nrine. — La rétention d’urine est un des troubles les plus fréquents dans les affections du système nerveux, qu’elle soit le fait d’une paralysie vésicale, ou celui d’une contracture du sphincter.

En général, dans ces rétentions par lésions du système nerveux et dans les rétentions au cours des maladies générales ataxo-adynamiques, la thérapeutique devra se limiter au traitement de ce trouble par le cathétérisme régulier et aseptique, de façon à éviter aux malades les dangers de la distension vésicale d'une part, de 1 infection d'autre part, infection si fréquente dans les rétentions d’origine médullaire ou cérébrale.

Cependant, chez les hystériques, on essaiera de la suggestion ; chez les neurasthéniques, on institueia le traitement convenable.

Enfin il faut bien connaître; les rétentions rétlexes des opérés et celles (lui [(eiivent existei' d’une fa(;on rétlexe également au cours des maladies des reins. Dans les jours (|ui suivent une opération, certains malades .se plaignent d’une pesanteur, d une douleur même dans le bas-venin; el, comme ils urinent, on ne pense ])as a la

Page 1