III. — La diète d’azote
Rétention azotée. — La rétenlion des clilorures n’esL pas, en effet, la seule qu’engendre le défaut de perméabilité rénale : parmi d’autres substances retenues, l’urée a une importance spéciale, parce que sa rétention traduit celle de très nombreux dérivés azotés toxiques et parce que, sans être douée d’une toxicité vraie, son accumulation dans l'organisme peut entraîner toute une série de conséquences fâcheuses, car, en modifiant la concentration des humeurs et du sang, en déterminant une rétention secondaire des chlorures, elle peut jouer un rôle indirect dans la production des œdèmes.
ingestions azotées au même titre que l’ingestion clilorurée. C’est à ces indications que ré|)ondent les régimes cla.ssi(iues qui s’efforçaient d’atténuer certains de ces accidents, en i)arliculier les dysi)nées toxialimcnlaires, sur h^squelles Iluchard avait depuis longtemps attii'é l'attention, en supprimant chez les malades l’alimentation carnée, t/cst ce ([u’on peut ohtenii' plus rigoureusement encore grâce au régime glyco-amytacé.
Régime hypoazoté. — Le régime hypoazoté (1) esL essentiellement composé de sucres, de graisses et d’aliments amylacés. On obtient avec du pain, des pommes de terre, du riz, du beurre, des fromages blancs, du sucre, une ration alimentaire suffisamment complète et suffisamment pauvre en albumine pour répondre à la fois au.\ exigences de la diète d’azote et des besoins de l’organisme.
Ses effets sont assez comparables à ceux de la déchloruration. La diète d’azote aide l’organisme à se débarrasser de l’excès d’urée qui l’encombre; nous avons montré qu’elle déterminait des décharges d’urée analogues aux débâcles de sel qui suivent la cure déchlorurée (fig. 2). Ce régime possède encore d’autres propriétés; il est par ses sucres nettement diurétique, et la diurèse qu’il provoque détermine parfois une amélioration des éliminations chlorurées ; c’est encore un régime de désintoxication parce que les hydrates de carbone et les graisses ne laissent pas de résidus toxiques. C’est ce qu’ont confirmé les travaux d’Ernberg, de Widal (2), de Taillens, qui ont insisté sur la nécessité d’une alimentation hypoazotée dans les néphrites; Stalielm, llanssen, en étudiant comparativement la somme de travail qu’imposent respectivement au rein les différentes catégories d’aliments, ont admis que, tandis que le lait nécessite à peu près le même travail éliminatoire que la viande, les graisses et les hydrates de carbone, à valeur calorique égale, n’exigent qu’une e.xcrétion moléculaire notablement inférieure, surtout en ce qui concerne les hydrates de carbone. Aussi llanssen conclut qu’il conviendrait de recourir, dans certains cas, chez les brightiques, à un régime hydrocarboné plutôt que lacté.
Le régime glyco-amylacé devra donc être considéré comme une modalité du régime déchloruré ; ses indications les plus précises ré- [)ondent aux cas où il y a à la fois rétention chlorurée et azotée, c’està-dire à la majorité des cas d’imperméabilité rénale; ilcomplèle alors la déchloruration en agis.sant en outre sur la surcharge azotée de l’organisme.
Les propriétés diurétiques très nettes qu’il doit à son sucre, son absence (h; toxicité le feront préférer souvent à la variété carnée du régime décbloruré. Il sera |)référable aussi dans nombre de cas au l égitne lacté, qui est très riche en albumine et encore assez riche en chlorures.
(I) Aciiaui) cît I'aisskau, Aclion coiiijmrativc du régime carné et du régime amjlacé sur la rélenlioii des chlorures et de l’urée (Voc. rniftl. des hop., juillet I90t et Triliiiiir méd.. T.\ juillet moi).
(ü) WiiiAi. et Javai., I.a rétention de l'urée dans le mal do llright (Semninc méd., 1005). — I,a cure de décliloruralioii, 1000, .Irl uolilds médiralcs.