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III. — PYÉLONÉPHRITES

La pyélonéphrite est l’inflammation du rein et du bassinet sans production de cavité purulente aux dépens du tissu rénal.

Aperçu anatonio-cliiiiqiic. — Au point de vue des lésions, des symptômes, il n’y a pas une pyélonéphrite, mais des pyélonéphrites.

En pratique, on se trouve en présence des trois variétés suivantes :

Pyélonéphrite des urinaires distendus;

Pyélonéphrite des maladies infectieuses ;

Pyélonéphrite de la grossesse.

Pyélonéphrite des urinaires distendus. — Elle est caractérisée par ce fait qu’il préexiste des lésions rénales, lésions de distension, de sclérose, et que l’infection, qu’elle soit ascendante ou descendante, s’attaque généralement aux deux reins. Si cette infection est très intense, le malade succombera en quelques jours au milieu des phénomènes de l’infection urineuse, et dans ses reins on pourra ne trouver que de la congestion; si l’affection évolue plus lentement, on y observera des lésions de suppuration disséminée sous forme de petits abcès miliaires multiples. Cette pyélonéphrite purulente peut évoluer d’une façon chroniciue et se caractériser surtout par de l’arnaigiissement et des troubles digestifs.

Pyélonéphrite des maladies infectieuses. — Elle se développe, au contraire, sur des reins en général sains, et le plus souvent de façon unilatérale. Consécutive à la gi-ippe, à la lièvre typhoïde, à une infection (|nelconquc, elle est d’origine descendante; dans la blennorragie, elle peut avoir une origine ascendante au cas de cystite, mais l’infection rénale se fait le |tlns souvent par voie descen-

INDICATIONS. — ]nEINS. — P VÉLONEPHUITES.

(lanle. Dans ces cas, il existe des lésions épithéliales des tubes du rein et éfialenient des lésions de diapédèse autour des tubes et des gloinérules. Le bassinet est atteint simultanément ou consécutivement, et du fait de cette intlammation il peut se produire des rétrécissements de son oritice et une ti-ansformation des lésions de pyélonéphrite en lésions de pyonépbrose par suite de la rétention.

Pyélonéphrite de la grossesse. — Elle survient sur des bassinets des reins en état de légère distension par suite de la gêne qu’apporte à l’écoulement de l’urine la compression exercée sur les uretères par l’utérus; l’inléction est d’origine descendante; elle peut être unilatérale ou bilatérale. Les lésions sont les mêmes que celles des pyélonéphrites de cause générale.

Cliniquement ces deux variétés de pyélonéphrites se caractérisent par de la sensibilité rénale, des urines troubles, une fièvre modérée qui s’élève lorsqu'il y a rétention de pus, et qui tombe aussitôt que la poche s’évacue, un état général plus ou moins atteint.

Indications. — Dans les pyélonéphrites des urinaires distendus, rien n’est à tenter du côté de leurs reins; leur état général est trop grave, et le drainage que l’on pourrait faire par une néphrostomie serait tout à fait insuffisant, les lésions étant diffuses et bilatérales. Lorsque la marche n’est pas suraiguë, on se contentera de drainer les voies urinaires par la sonde à demeure et, si elle ne suffit pas, par la cystostomie. Le régime lacté, les boissons diurétiques, l’urotropine jiourront favoriser la désinfection rénale. Les injections de sérum artificiel pourront avoir leur utilité pour soutenir les malades.

Dans les pyélonéphrites des maladies générales, il suffira souvent du régime lacté, des boissons diurétiques, des eaux minérales (Evian, Vittel, Contrexéville) pour amener peu à peu la dis- [larition du pus dans les urines. Les révulsifs lombaires, les balsamiques, les antiseptiques, en dehors de l’urotropine, n’ont pas grande valeur.

.\u cas oii l’on vei'rait la pyélonéphrite tendre vers la rétention, il conviendrait d’établir le di'ainage du bassinet au moyen du cathétérisme urétéral et, si celui-ci devenait lui-même insuffisant, la l)yélonépbrile lendant à le transformer en pyonépbrose, on agirait comme il convient (Voy. p. 205).

La pyélonéphrite de la grossesse guérit souvent spontanément, sans (jn il soit nécessaire de mettre en œuvre auti'e chose que les moyens médicaux destinés à (avoriser la sécrétion rénale. Si la pyélonéphrite détermine de la tempéi'ature, signe que l’évacuation se fait mal, on pourra commencer par essayer de la distension

MAJÎION. — THr;ilAPEUTIQUE URINAIRE,

vésicale. Au moyen d’une seringue, on] injecle par une sonde du liquide jusqu’à ce que le malade ait envie d’uriner; à ce moment, on la prie de conserver ce liquide le plus longtemps possible. Par suite du réflexe vésico-rénal, il peut se faire que le bassinet se contracte et évacue son contenu. On fera cette dilatation quatre fois par jour.

Si la rétention ne cède pas, c’est au cathétérisme des uretères que l’on doit recourir, cathétérisme soit unilatéral, soit bilatéral, suivant les nécessités, et on laissera la sonde à demeure, à moins qu’elle ne soit mal supportée. Dans ce cas, on renouvellerait le cathétérisme tous les jours et l’on évacuerait et laverait le bassinet à chaque fois. Toujours la mise en place d’une sonde urétérale suffit pour faire disparaître les accidents. Ce n’est qu’au cas de pyonéphrose ou d’uro-pyonéphose qu’il échouera et que Ton se verra obligé de recourir à la néphrostomie, voire à la néphrectomie.

C’est encore à la néphrostomie que l’on devra recourir lorsque le cathétérisme aura échoué, ou se trouvera impossible pour une raison quelconque.

L’avortement ou l’accouchement prématuré n’aura sa raison d’être que dans les cas où il y a infection rénale double ne cédant pas au cathétérisme. 11 sera préférable à l’ouverture des deux reins.

Les pyélonéphrites qui surviennent après l’accouchement seront traitées de la même façon.

Ouelle que soit la variété de pyélonéphrite à laquelle on ail eu affaire, il reste souvent, pendant longtemps, des urines troubles. Le traitement hydrominéral sera de la plus grande utilité pour faire disjjaraîlre ces restes d’infection.

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