IV. — PYONÉPHROSES
La pyonéphrose est la suppuration du rein et du bassinet avec formation de cavités pui’ulentes aux dépens de la substance rénale soit [)ar dilatation, soit par destiMirlion, soit ])ar toi’ination d abcès dans le parenchyme rénal.
A|ktçmi aii!iloiiio-i»a<ljolog;iquc. — Le rein est augmenté de volutiie, creusé de cavités sé[)arées par des cloisons, cavih;s représtuitanl soit des calices dilatés, soit des loges purulentes inlraréuales ouvert(!S. ('<’(îst aux deux extrémités du rein <|ue les cavités puruleut(cs sont tm général le plus développées. I ouïes (hdiouchent par des m ilices plus ou moins larges dans une cavité centrale repré-
INDICATIONS. — REINS. — PYONÉPHROSES.
senlanl le bassinet. Quelquefois, à côté de ces cavités, il existe encore un véritable abcès non ouvert.
Les parois de ces cavités sont formées de substance rénale enllammée, parfois transformées en totalité en un tissu dur scléreux. S’il existe de la substance rénale, celle-ci est capable de reprendre une grande valeur une fois la rétention et l’infection disparues.
Une lésion qui domine dans les pyonépliroses et ([ue l’on ne Irouve jamais aussi développée dans les uro-pyonéphroses, c est la périnéphrite, qui peut être suppurée ou simplement libreuse et qui crée au rein des adhérences extrêmement résistantes avec tous les organes voisins.
Dans l’intérieur de la poche pyélo-rénale, les calculs sont fréquents, soit primitifs, soit secondaires, si l’infection dure depuis un certain temps.
L’uretère est ou non dilaté ; en tout cas, cette dilatation n’est pas uniforme et, grâce à l’épaississement constant des parois, il y a toujours en certains points des rétrécissements valvulaires ou autres ; à l’urétérite se joint également toujours de la péri-urétérite.
La distinction clinique entre la pyélonéphrite et la pyonéphrose est chose souvent impossible ; dans les deux cas le rein est sensible, les urines purulentes, et seuls les commémoratifs, l’efficacité du traitement pourront quelquefois faire distinguer l’une de l’autre.
Iiiilicatious. — En présence d’une pyonéphrose, si les accidents ne sont pas extrêmement pressants et si le cathétérisme de l'uretère est possible, c’est par ce cathétérisme qu’on devra commencer le traitement. Quelquefois il suffira pour faire cesser la rétention, drainer le bassinet et même guérir complètement la pyonéphrose. On laissera la sonde à demeure, si elle peut être supportée, en pratiquant des lavages journaliers; si elle est mal supportée, on répétera le cathétérisme tous les deux ou trois jours, suivant que les phénomènes fébriles seront |)lus ou moins intenses.
Lorsfiue les accidents sont ti'ès urgents, surtout lorsqu’il y a de la périnéphrite suppurée, si le cathétéi'isme n’a pu être pratiqué, s’il a été inelficace, il faut intervenir.
Quel(|uefois le cathétérisme de l’uretèrcï aura démontré que la séci'étion du rein malade est absolument nulhq et ce renseignement seia (uecieu.x pour la (,'onduite a tenir au moment de 1 intervention.
I.e rein sei'a mis à découvert et, après incision de son [)arenchyme, jugeia de ce (pi il y a à taire. La substance rénale est-elle complètement transformée en une mas.se .scléreuse, ou réduite à si peu de chose ((ue sa valeur, même après désinfection, peut être négligée.
Marion. — thërai'eutique urinaire.
sui'LouL si l’on n’a aucun douLe sur la valeur du rein de l’autre cAlé, on n’hésitera pas à pratiquer une néphrectomie.
On aura également à pratiquer cette néphrectomie lorsque le rein apparaitra porteur de petits ahcès disséminés; on ne pourra pas tous les atteindre, et leur e.xistence enlrainera la continuation des accidents.
Si, au contraire, la substance rénale est encore en quantité suffisante, on se contentera d’ouvrir largement le rein, en détruisant les cloisons afin de faire communi(iuer largement toutes les poches avec l’extérieur; on enlèvera les calculs, et l’on fixera les deux valves du l'ein tendu à la peau; ce sera une néphrostomie qui permettra le drainage du rein, sa désinfection, et favorisera également celle de l’uretère.
Dans la suite, le cathétérisme urétéral aidera, si besoin, au rétablissement du cours de l’urine et à la fermeture du rein.
Mais il est possible que le rein ne se désinfecte pas ou ne se ferme pas; si la chose paraît possible, on tentera alors une des opérations plastiques signalées à propos des hydronéphroses, ou bien on aura recours à une néphrectomie secondaire (V^oy. Fistules rénales).