VI. — REIN MOBILE
Aperçu aiiatoino-clînique. — Les reins mobiles peuvent être classés en quatre catégories d’après les symptômes dont ils s’accompagnent, les inconvénients qu’ils provoquent ou les dangers qu’ils font courir :
1“ 11 existe toute une classe de reins déplacés qui provoquent nettement des douleurs, des troubles digestifs et des troubles nerveux, quelquefois des phénomènes de cachexie grave, exceptionnellement des hématuries, tous symptômes attirant l’attention des malades.
2“ A côté de ces reins mobiles, il en est d’autres qui sont bien accompagnés de douleurs, de troubles digestifs et de troubles nerveux; mais, à bien considérer les choses, on peut penser que ces troubles sont le fait de lésions autres que la mobilité rénale existante, et qu’il n’y a en réalité que coïncidence entre ces troubles et le rein mobile. Les troubles digestifs pourront être le fait d’une ptose intestinale concomitante; les troubles nerveux seront provoqués, ainsi que les douleurs, par un élat neurasthénique ou hystérique.
3“ Une troisième catégorie comprend les reins mobiles passant inaperçus ou à peu près pour les malades, parce qu'ils ne provoquent aucun symptôme fonctionnel; mais, si on a l’attention appelée de ce côté, on note que l’on se trouve en pré^ence de reins qui soufl'rent; ils sont plus gros qu’ils ne devraient être, parce (ju’ils se laissent dilater; ils sont atlein s de lésions de néphrite se caractérisant par de l’albumine. En somme, malgi'é que la mobilité du l ein n occasionne aucun inconvénient apparent pour le malade, ede n’en est pas moins un gros danger pour le rein.
4° Enfin il est des reins mobiles qui ne sont ni gênants, ni dangereux, l’organe déplacé n’occasionnant aucun trouble pour le malade et la mobilité ne compromettant en rien le fonctionnement du rein.
.Modes de I raitemeiit. — Deux modes de Iraitement peuvent être utilisés conti'e la mobilité rénale : l“/e.s appareils-, 2° l'opcratinn.
1® Appareils. — Ils ont pour but de maintenir le rein mobile, en l’appliquant contre la région lombaii-e,de façon qu’il ne puisse glisser et cela [lar l’inlermédiaire de la masse du conlenu abdominal. En somme, on tend à suppléer à la faihlesse de la paroi abdominale, qui joue un si grand rôle dans la production de l’all'ection.
Ces appareils sont variés : handaues de Cuyon, de Tiiftier, dont la pelote muinlenue par un ressort s’appuie sur le liane vis-à-vis de la région rénale ; saii(/ie de Glénard ipii ufrii plus largemeni que le bandage sui' toute la paroi abdominale ; eeinlures abduminales munies ou Maladies urinaii'es. jo
non d’une pelote placée vis-à-vis du rein; corsets de Monin, de Gaches-Saraute.
Chaque auteur a ses préférences; pour mon compte, je donne les miennes aux corsets ou aux ceintures, qui ont l’avantage de ne pas agir seulement localement, mais d’une façon générale, sur tout le contenu'^de la cavité abdominale, et qui non seulement le refoulent en arrière, mais tendent également à l’élever. D’autre part, ces appareils agissent aussi sur les ptoses qui coïncident souvent avec la mobilité’ rénale, et ce n’est pas là une moindre raison des bons résultats qu’ils sont susceptibles de procurer.
Les résultats fournis par les appareils sont assez variables. Chez quelques malades, ils apportent un soulagement très notable; chez d’autres, ils modifient quelques-uns des troubles, mais laissent les autres persister ; enfin ils sont dans quelques cas complètement inefficaces. En général, même lorsqu’ils sont efficaces, leur efficacité n’est que partielle. D’autre part, on ne peut espérer avec eux obtenir une guérison radicale de la mobilité et une fixation du rein.
A signaler que le massage qui peut rendre un peu de tonicité à la paroi abdominale aura une certaine utilité comme adjuvant de ce traitement par les appareils. A lui seul, il n’est pas capable de fixer un rein, comme on a voulu le soutenir.
2® Opération. — L'intervention consiste à fi.xer artificiellement le rein déplacé, sinon absolument à la place qu’il devrait occuper, tout au moins approximativement à cette place; c’est l’opération de la
XÉPHROPEXIE ou NÉPIIBORRAPIIIE.
La gravité da l’opération est nulle: il s’agit d’une opération parfaitement réglée, aseptique, que seule la malpropreté de l’opérateur peut rendre sérieuse.
Pour juger de son efficacité, il faut envisager les résultats qu’elle fournit à plusieurs points de vue.
Contre les douleurs, l’opération est presque toujours efficace, et l’on peut se demander, lorsqu’elle échoue, si le rein n’a pas été fi.\é un peu bas, ou si les douleurs ne sont pas purement d’origine nerveuse.
Lorsqu’il existe des troubles digestifs, ceux-ci sont améliorés ou supprimés dans plus de la moitié des cas.
Quant aux effets de l’opération sur les troubles nerveux, ils sont très variables; tantôt ils disj)araissent rapidement ou peu à peu, tantôt ils ne sont nullement influencés; quehiuefois fisse trouvent aggravés.
Si enfin nous considérons les résultats de l’opération sur les altérations f|ue provoque la mobilité rénale, nous pouvons affirmer