VII. — TUMEÜRS DU REIN
Apercjii anatomo-clinique. — Les tumeurs du rein sont très rarement des tumeurs bénignes, adénomes, fibromes, lipomes, chondromes, angiomes, etc. Le plus souvent ce sont des néoplasmes malins, épithéliomes, hypernéphromes, sarcomes.
Chez l’adulte, on rencontre surtout l’épithéliome et l’hypernéphrome ; chez l’enfant, le sarcome.
Les tumeurs de l’adulte évoluent quelquefois assez lentement, trois, quatre ans et plus; celles de l’enfant au contraire avec une grande rapidité, moins d’un an. Elles tuent le plus souvent par cachexie, à la production de laquelle les douleurs terribles qui existent parfois à une période avancée et les généralisations ne sont pas étrangères, quelquefois par hémorragie ou par embolie.
Le diagnostic entre une tumeur maligne et une tumeur bénigne est à peu près impossible, si l’on n’a pas suivi l’évolution de l’alTection.
Indicntions. — Notre seule l'essource en présence d’une tumeur •tu rein est l’ablation.
Les statistiques cornpi’enant une série d’interventions déjà anciennes accusent une mortalité de 20 à 30 p. 100, à la suite de la néphrectomie pour tumeur. Elles méritent d’être revisées. La néphrectomie n’est véritablement grave que dans les cas de tumeurs considérables, (tu chez des malades allai blis ; lorsqu’elle est pratiquée pour des tumeurs de petit ou moyen volume, chez un sujet encore résistant, elle offre peu de gravité.
Quanta ses l'ésultats delinitiis, ils sont ce (|ue sont toutes les opé-
rations pour tumeurs malignes, et la récidive est à peu près constante. Chez l’enfant, elle est en général 1res précoce et le bénéfice de l’opération en somme assez aléatoire ; chez l’adulte, elle est un peu plus tardive et moins constante.
Etant donné cependant le pronostic fatal des tumeurs livrées à elles-mêmes, nul doute qu’il ne faille intervenir.
On sera porté à intervenir, soit parce que l'on aura bien établi le diagnostic de tumeur du rein, en raison des cai-actères de ta tumeur joints à ceux de l’hématurie, soit que l’on se trouve en présence d’une tuméfaction rénale ou d’une hématurie rénale sur la nature desquelles on peut avoir des doutes, mais qui, de par leur caractère, indiquent malgré tout une intervention qui permettra de trancber définitivement le diagnostic et de traiter l’affection suivant les règles.
Au cas de diagnostic ferme, on aura eu soin de s’assurer qu'il n’y a pas d’adhérences; lorsque la tumeur petite ou moyenne ne présente pas le phénomène du ballottement rénal, il est bien probable qu’elle adhère. Pour les grosses tumeurs, le diagnostic des adhérences est moins facile.
D’autre part, il conviendra de rechercher avec le plus grand soin s’il n’existe pas de généralisation.
Enfin on devra considérer si l’état général et l’âge du malade permettent l'opération.
Cependant, chez l’enfant oii l’oj)ération donne des résultats définitifs médiocres, et où il s’agit presque toujours de sarcomes, il serait logique d’essayer auparavant le traitement par la radiothérapie qui donne de si bons résultats dans beaucoup de cas de sarcomes. Si, au bout de quelques séances, le résultat |)araissait nul, on se hâterait d’intervenir.
Pour que la néphrectomie donne le maximum de résultats, elle doit être pratiquée suivant une technique spéciale, qui permet d’enlever en bloc le rein, la cai)sule adipeuse et les ganglions.
La néphrectomie partielle ne sera pratiquée (|ue si l’on peut affirmer, ce qui est rare, que l’on se trouve certainement en présence d’une tumeur bénigne. Pour les lumeurs malignes, même limitées à une |)ortion de l’organe, c’esi la néphrectomie (olah* a laquelle on doit avoir recours.