TECHNIQUE. — URÈTRE. — URÉTROTOMIE EXTERNE
Si, les deux bouts de l'urètre étant retrouvés, en constate qu'il est impossible de les rapprocher et, par conséquent, de terminer l’opération comme il vient d’être dit, il faut se contenter d’aboucher les orifices à la peau du périnée, aussi près que possible l’un de l’autre; une sonde à demeure sera placée dans le bout postérieur.
Ultérieurement, l’on reconstituera la portion intermédiaire de l'urètre au moyen d’une autoplastie (V'^oy. p. 353).
Si cet abouchement lui-même était impossible, on se contenterait de placer une sonde à demeure dans les deux bouts, et l’on essaierait de reconstituer l’urètre autour de la sonde en rapprochant par une suture les parties molles du périnée ; mais il faudra s’attendre à un rétrécissement ultérieur, dont la dilatation aura besoin d’être constante. Si cette réunion échouait, on se trouverait en présence
Fig. 86. — Manière dont doit être suturé l'urètre après son ouverture ; les fds ne doivent pas
jicnétrer dans le canal.
d’une fistule urétro-périnéale, que l’on traiterait suivant les règles.
2» Au cas de rétrécissement. — Lorsque l’on aura trouvé les deux bouts de l’urètre, on enlèvera tous les tissus scléreux ainsi que les fistules qui entourent le canal, sans se préoccuper autrement de la réparation ; il fauf surtout nettoyer la région. Si la paroi supérieure de l’urètre paraît intacte, on la conservera.
Ceci fait, on traitera dilféremmenl la plaie, suivant le cas : si les deux bouts de l’urèlre peuvent être rapprochés, on les rapprochera et on suturera d abord leur partie supérieure, puis, une sonde à bout coupe étant placée, on suturera le reste de la circonférence. Audessous on rapprochera les tissus périnéaux sans fei'iner la peau.
Si le rapprochement des deux bouts est impossible, on pourra
placer une sonde à bout coupé à demeure et au-dessous, dans le cas où l’état des tissus le permettrait, rapprocher ces tissus; la reconstitution du canal pourra être encore obtenue par première intention ; mais le calibre demandera à être surveillé de très près ultérieurement.
Au cas où l’état des tissus, l’étendue de la résection empêchent leui‘ rapprochement, il faudra aboucher les deux extrémités du canal à la peau, aussi près que possible l’une de l’autre, en mettant une sonde dans le bout postérieur; puis ultérieurement on fermera la fistule par une autoplastie (Voy. p. 353).
3 > Au cas de corps étrangers. — L’ablation d’un corps étranger urétral, une fois le canal ouvert, est chose des plus simples, il suffira que l’incision ait été faite vers l’une des extrémités du corps; au besoin, il ne faut pas craindre d’ouvrir assez largement le canal.
Une fois le corps enlevé, on fermera l’urètre par deux plans de suture; les fils profonds prendront en masse le corps spongieux, sans pénétrer dans l’urètre (fig. 86) ; les fils superficiels rapprochent les tissus au-dessous de l’urètre ; on ne fermera pas la peau.
Une sonde sera placée à demeure.
Soius consécutifs. — Ces soins sont de la plus haute importance si l’on veut obtenir la guérison.
l“La sonde sera surveillée attentivement dans son fonctionnement; elle doit être bien mise au point et ne jamais demeurei* bouchée bien longtemps ;
2“ La sonde sera changée tous les quatre ou six jours, suivant que l’urine est plus ou moins chargée. Lorsque le canal aura été reconstitué d’une façon quelconque, pour opérer ce changement de sonde, on commencera par glisser dans l’intérieur de celle <[ui est à demeure une bougie montée sur conducteur; puis, la sonde étant retirée, on en glissera sur le conducteur une autre à bout coupé ;
3“ Si l’urètre s’est réparé par première intention, on laissera lasonde à demeure une dizaine de jours, puis oncommencera les dilatations.
Si, au contraire, la réparation primitive a échoué, ou si elle n'a pas été tentée, la plaie ayant été seulement tamponnée, on laissera la sonde jusqu’à réparation à peu i)rès complète de la plaie périnéale. Lorsqu’il n’existera plus qu’une petite fistule, la sonde sera retirée, et le malade sera sondé chaijue fois ([u’il en éprouvera le besoin, à moins que celui-ci ne soit très fréquent, auquel cas on le laisserait uriner seul, et on prati(|uerait tous les jours des dilatations jusqu'à feiirieture complète;
4® Lorsque la plaie de l’urétrotomie est guérie, il est de la plus haute impoi'tance d’enti'etenir le calibre par la dilatation. Celle-ci,
TECHNIQUE. -URRTHE.- ALTOPLAST/E PERINEALE, 353
njivfinl la U;nf]anc<} du canal au r«HrcciK«cmcril, w;ra praliqu/;« une ou deux fois par an, ou lous les mois. .Mais on devra toujours surveiller un tel canal ;
r," Lorsque l’on aura aliouchf; les deux bouts de rur/;tre à la pe.au, f.n lenU;ra la fermeture de cetU; fistule au moyen d’une autopl/istie, aussitAl que la région sera bien cicatrisi'îe,