III. — Boissons
La réglementation des boissons tient, elle aussi, uneidacc importante dans le régime des albuminuriques; elle doit être envisagée en ce qui concerne la (juantité et la qualité des li(iuides.
Tous les auteurs s’accordent à pro.scrire absolument Valcool et les bois.sons alcoolisées; il s’ensuit qu’on doit interdire à ces malades toutes les li([ueurs, le vin rouge, qui contient en outre des acides tai'trique, succini(|iie, les bières encore assez fortement alcoolisées, sut tout en l'i'ancc, le cidre, dont la richesse en alcool est variable,
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mais qui est généralement très acide. L’alcoolisation et l’acidilé de ces produits sont donc bien plus à considérer que leur chloruration, ([ui est généralement négligeable; le vin rouge le plus foiternent chloruré ne l’est en effet qu’au tau.x de 2 p. 1000. Entre toutes les boissons alcoolisées, on permettra seulement le vin blanc, qui est moins alcoolisé que le vin rouge, moins riche en tanin et légèrement diurétique, à la condition de le couper largement et de n’en user qu’avec modération.
Le lait a été généralement considéré comme la boisson idéale des albuminuriques; il semble bien cependant que ce soit là une erreur de diététique. Le lait n’est pas une boisson, mais un aliment. Ingéré pendant les repas, il inhibe en partie la sécrétion gastrique, ralentit le travail de l’estomac et provoque un retard de l’évacuation gastrique des autres aliments qui n’est pas sans favoriser les fermentations anormales.
Ces inconvénients, dont on commence seulement à se rendre compte, sont surtout accusés si on l'associe aux aliments riches en albumine et en graisse : l’association lacto-carnée est une erreur diététique; elle est mal supportée, dangereuse pour l’intestin et l’état général (Martinet). On doit donc réserver le lait pour les régimes végétariens et farineux particulièrement, en ne perdant pas de vue, dans ces cas, qu'il est relativement riche en chlorure et riche en albumine.
Dans le régime déchloruré, on pourra en user comme boisson dans l’intervalle des repas, chez les malades inappétents, alors qu’il est indiqué d’employer tous les moyens possibles pour accroître la ration alimentaire quotidienne.
Dans les cas habituels, il est bien préférable de ne pas en faire une boisson, mais de l’utiliser dans les diverses préparations culinaires (sauces, potages, pui'ées de légumes, gàteau.x), pour la confection de.squelles il peut être une ressource précieuse.
En résumé, les malades pourront, à la rigueur, boire pendant les repas du vin blanc largement coupé d’eau, mais de préférence des eaux minérales faiblement minéralisées et peu chlorurées, telles que l’eau d’Evian Cachat ou d'Alel. Si l’on veut obtenir un effet diuiéli(|ue [)lus marfiué, on s’adressera aux eaux de Vittel (grande source), Lontrexéville, Martigny, ou encore à l'eau d’Évian additionnée de lactose (30 à 80 grammes p. 1000).
Quand il e.xistc des troubles dyspeptiques, il peut être préférable de recourir aux in[’uxions «romah'çîies (camomille, tilleul, thé léger), lièdes ou chaudes, en qnanlités restreinles. 11 vaut mieux faire boire les malades dans l’intervulle des re|»as. Lestravaux de Labbé ont en
NÉPHRITES. — BOISSONS.
effet montré que les liquides pris à jeun ont une action sur la diurèse et les éliminations infiniment plus marquée que lorsqu’ils? sont absorbés pendant les repas.
Pour faire uriner les malades, on leur fera boire des eaux minérales dans l’intervalle des repas, en particulier le soir au moment du coucber, et surtout le matin à jeun, au moment du réveil.
Réglemextatiox des boissons. — Mais, dans tous les cas, il imporle de ne pas laisser au hasard la quantité des ingestions .de liquide ; des travaux récents ont bien montré l’importance de la quantité des boissons chez certaines catégories de ces malades.
11 est classique de chercher à augmenter la diurèse en poussant les malades à absorber les plus grandes quantités possibles de liquide pour favoriser les éliminations. Or cette pratique n’est pas sans inconvénients et même sans dangers : le travail du cœur en est accru et, surtout si les éliminations ne correspondent pas à l’absorption, il arrive que tantôt la tension vasculaire s’élève chez les sujets déjà hypertendus, tantôt que les rétentions aqueuses s’accroissent chez les malades en puissance d’œdème.
Ces excès ont entraîné des réactions, et Œrtel apréconisé la diète de liquide, ce que les Allemands appellent la cure de soif, méthode qui n’est pas non plus sans inconvénients et à laquelle on peut l eprocher, au moins chez les brightiques, d’augmenter la concentration du sang, ou de compromettre les éliminalions urinaires et par suite d’accroître les rétentions toxiques.
11 semble donc qu’on ne puisse, à ce sujet, établir de règle générale, mais qu’il soit préférable d’envisager les cas particuliers : il peut être utile de réduire lesliquidesquandil y a dilatation cardiaque ; dans les autres cas, il faudra surveiller la diurèse, la tension artérielle, les œdèmes. Pour la généralité des cas, les principes posés par Von Noorden paraissent assez judicieux : cet auteur limite à l',!j par jour la quantité des boissons, et il conseille de faire des lavages intermittents de l’organisme, une fois ou deux par semaine, en faisant boire aux malades 2', 5 à 3 litres de liquide dans les vingt-quatre heures.
On retiendra surlout cette conclusion générale : boissons réduites aux repas, prises de liquide à jeun, quantité totale modérée.