NÉPHRITES. — TRAITEMENT DE L’ALBUMINURIE
On sait que nous ne possédons aucun médicament capable d’agir sur l'altération locale du rein au point de diminuer ou de faire disparaître l’excrétion d’albumine et qu’il n’existe donc aucun médicament spécifique de l’albuminurie. On n’en doit pas conclure néanmoins que la thérapeutique soit impuissante contre l’albuminurie : tout d’abord, tout ce qui améliore la fonction contribue à faire diminuer l’albumine ; le régime alimentaire, les diurétiques, les toni-cardiaques dans certains cas ont indirectement l’action la plus nette à ce point de vue.
En outre, après avoir fait diminuer l’albuminurie en améliorant les conditions de la fonction rénale, on s’est proposé de la faire disparaître en agissant directement sur la lésion. Un nombre considérable de médicaments ont été préconisés dans ce but; la plupart sont tombés dans l’oubli, et il n’en est resté qu’un nombre restreint dans la pratique médicale.
Parmi ces produits périmés, on peut rappeler ; l’ergot de seigle, le percblorure de fer (Jacquetet Chatin), l’iodure d’amidon (Bourdon), la fuchsine (Feltz et Bitter), le bleu de méthylène (Lemoine), le calomel, la teinture de cantharides (Lancereaux) (1). On avait encore espéré utiliser l’action astringente des acides pour modifier les épithéliums, ce qui avait conduit à l’emploi des acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, lactique et surtout de l’acide gallique.
Les médicaments encore usités sont, par contre, infiniment plus restreints; on n’emploie plus.guère, en effet, dans les néphrites, que les alcalins, le. tanin et surtout les iodures alcalins.
L’emploi des alcalins, sous forme de bicarbonate de soude, a été introduit dans le traitement des néphrites par Lecorché et Talamon, qui se basaient sur la diminution de l’alcalinité du sérum dans les phases aiguës du mal de Brightpour justitierleur emploi. Ces auteurs reconnaissaient encore au bicarbonate de soude une action favorable sur la digestion, la diurèse et la nutrition générale des malades.
Les indications des alcalins sont, à l’heure actuelle, sensiblement réduites: on les prescrit encore à la fin des néphrites aiguës qu’on craint de voir passer à l’état chronique, de préférence sous forme d’eaux minérales de \'’icliy et de Vais. Chez les malades affaiblis, anémiés, à la tin de leur né()brite, on s’adresse |)lutôt aux eau.x bicarbonatées calciques de Pougues.
En dehors de ces cas particuliers, on réserve leur emploi [)our les néphiites goutteuses, dans les(juelles le bicarbonate de soude, le bcnzoale de lilhine sont couramment employés.
<l« "««Jecine; 1909) .sur Ic.nploi (le lu teinlurt du cunlimndes, sjui lui aurait donné dos résullats des plus satisfaisants.