AC HA RD ET PAISSEAU
TIIÉHAPJÎUTIQUE RÉNALE.
Le ta)iin, bien que certains auteurs, tels que Bartels, Wagner, se refusent à lui reconnaître aucune action ell'ective, est encore assez usité, plus peut-être par tradition qu’en raison des résultats thérapeutiques qu'il peut donner. On l’a prescrit sous forme d’acide gallique, mais on ordonne surtout le tanin, déjà prescrit par Briglit. Frerichs a préconisé la formule suivante :
Tanin 3 centigrammes.
Aloôs 1 centigramme.
Extrait de ctiiendent Q.S. pour une pitule.
11 paraît préférable d'employer le sirop iodo-tannique à la dose habituelle de une ou deux cuillerées à soupe par jour.
Les ioclures alcalins sont, par contre, restés dans la pratique courante, et leur usage est légitime dans certainesvariétés de néphrites, les néphrites interstitielles avec hypertension et bruit de galop.
Ces iodures semblent, en effet, agir sur les lésions scléreuses, en ralentissant leur évolution; ils régularisent la tension artérielle. Nous reviendrons sur ces médicaments à propos du traitement des néphrites interstitielles.
11 existe encore une catégorie de médicaments auxquels on avait attribué autrefois une action directe, élective, sur le symptôme albuminurie.
Le laclate de strontium, préconisé par Constantin Paul et (’iermain Sée, a été la plus réputée de ces drogues; ces auteurs l’employaient aux doses de 2 à 4 grammes par jour, mais il n’a pas résisté à l’épreuve de l’usage, et il est actuellement tombé dans l’oubli, bien que ses promoteurs en aient obtenu des diminutions nettes de Talbumine urinaire. C’est qu’il semble, en etfet, que, si le symptôme peut être moditlé, les autres accidents ne sont pas influencés; l’action de ce genre de médicaments ne paraît pas, en outre, dépasser la durée de leur administration, l’albumine i-evenant à son taux habituel dès la suppression du traitement.
L’emploi du chlorure de calcium, préconisé par Uénon et dont Iscovesco aurait retiré de bons effets, à la dose de 30 à GO centigrammes par jour, est |)assible des mômes objections, et son usage estencore trop récent pour (pi’on puisse se prononcer sur la valeui’ de ce médicament.
Fn l'ésumé, il ne semble; pas (ju’on dis])ose aciuellenient d'un médicament capable d’agir sur lesiésions l’énaleset sur l'albuminurie; le .seul médicament de ce genre ([ui ait fait ses preuves est l’iodure de potassium, et encore n’est-il ca|)able d'intluencer ([u’ime variété particulière de lésions rénales, les lésions de sclérose interstitielle.
NÉPHRITES.
TRAITEMENT DE L’OLIGURIE.
(|ui ne s'accompagnent d’ailleurs que d'une albuminurie minime.
Le seul moyen que l’on possède d'abaisser le tau.x de l'albuminurie estd'amélioreide l'oncUonnement des l’eins ; il u'e.xisLedonc ]>as de traitement qui s’adresse particulièrement au symptôme lui-mème.
On doit cependant reconnaître à cet égard une supériorité remar- (luable au ré'jimc lacté. Mieux que la déchloruration, mieux que les diurétiques, le lait fait baissai- l'albumine et d’une façon plus durable. 11 semble même qu’il y ait là autre chose qu’une question de régime ; à diurèse et amélioration fonctionnelle égales, c’est avec le lait qu’on diminue le mieux une albuminui ie trop abondante ; c’est par lui qu’on peut hâter sa disparition avec une sûreté remarquable dans les cas de néphrites passagères.
Par contre, si l'on obtient encore dans certaines autres variétés de néphrites une diminution importante et rapide de l’albumine, on n’arrive pas habituellement à en obtenir la disparition complète. Lorsque l’albuminurie, une fois descendue à un taux minimum qui varie avec chaque malade, reste invariable, c’est que le régime lacté a donné tous les résultats qu’on en pouvait attendre, et c’est alors qu’on doit demander à des régimes moins débilitants de maintenir l'amélioration obtenue.
Cette action particulière du régime lacté a paru si nette qu’on a cherché à l'expliquer par une propriété spéciale de cet aliment, peut-être par sa richesse en sels de calcium.