‹ Thérapeutique urinaireChapitre 26 sur 307 · NÉPHRITES. — TRAITEMENT DES TROUBLES CIRCULATOIRES · texte numérisé non relu

NÉPHRITES. — TRAITEMENT DES TROUBLES CIRCULATOIRES

tiques n’en sont pas modifiées, quelle que soif la théorie pathogénique acceptée, car le traitement de l’hypertension est resté purement symptomatique.

On dispose de plusieurs moyens thérapeutiques capables de modilier la tension artérielle. Un certain nombre de ces moyens ont même une action qui, bien qu’incomplète, est cependant assez durable et permet d’obtenir un abaissement sinon permanent, tout au moins assez stable de la tension.

On a vu que les diurétiques et que les régimes étaient capables de diminuer cette tension en améliorant le fonctionnement des reins. La déchloruration semble même posséder à cet égard une action plus directe, en raison de l’influence des chlorures retenus dans l’organisme sur la tension artérielle (Ambard et lîeaujard).

On doit aussi éviter la surcharge aqueuse que peut provoquer l'ingestion trop abondante de liquides.

Bien que l’action des iodures alcalins ait été contestée, onadmet généralement leur efficacité relative, et leur emploi est absolument classique ; ils semblent favoriser le fonctionnement du myocarde en diminuant l’obstacle périphérique grâce à leur action vaso-dilatatrice sur les artérioles. On leur reconnaît aussi des propriétés résolutives vis-à-vis du tissu scléreux, qui complètent encore leurs indications au cours des néphrites interstitielles.

On ne doit pas perdre de vue, cependant, que leur emploi prolongé et excessif peut avoir sur le myocarde une action fâcheuse et qu’ils peuvent encore provoquer à la longue soit des phénomènes d’intolérance, soit ce qu’on a appelé la cachexie indique. Leur usage doit donc être réglementé et surveillé en conséquence.

Comme ils ne peuvent avoir d’action durable qu'à la condition d’être administrés d’une façon prolongée, on ne les emploiera qu’à |)etites doses.

On peut prescrire Viodure de potassium de la façon suivante :

luduro do potassium H) grammes.

Lau 100 —

Une cuillerée à café (== OB'çîjO) à prendre au début de cliatiue repas dans du lait ou de la bière, en deux séries consécutives de dix jours, séparées par un intervalle de deux jours d’abstention, en laissant les malades au repos pendant le reste du mois.

L’emploi prolongé de l’iodure de potassium détermine très souvent, et plus ou moins vite, des troubles digestifs; aussi a-t-on

G2 ACIIARD ET PAISSEAU. — THÉIIAPEUTIQUE UÉNALE.

cherché à lui suhsUluer d’aulrcs iodiires : l’iodure de stronliiim, mais surtout l’iodure de sodium, le plus usité dans ces cas parce qu'il est moins irritant pour l’estomac, bien que son action soit peut-être moins efficace. Un peut l’adminislrerassocié à des alcalins:

loduro de sodium, 5 grammes.

Sulfate de soude 6 —

Uicarhonate de soude 3 —

Eau 300 —

Une cuillerée à soupe au moment de chaque repas.

Malgré la faiblesse des doses, on peut cependant observer, outre les troubles gastriques, des phénomènes d’intolérance, des accidents d’iodisme, qui surviennent inopinément et peuvent empêcher absolument l’emploi du médicament.

On peut alors recourir aux diverses préparations iodées organiques, qui mettent à l’abri de ces inconvénients, tout en permettant une administration plus large du médicament. On emploie à cet effet soit les albumines iodées (iodalose ou peptone iodée, iodogénol, etc.), soit les huiles iodées (lipiodol, iodipine, etc.).

Les autres médicaments hypotenseurs ne paraissent posséder qu’une action des plus passagères, immédiate. Aussi ne les utiliset-on, pour cette raison, qu’à titre purement symptomatique, chez les malades qui présentent des accidents momentanés d’origine hypertensive, tels que boulfées de chaleur, crises d’asthme nocturne, accès d’angine de poitrine.

On utilise surtout les composés nitrés, qui peuvent, à ce titre, rendre de grands services au moins en tant que calmants :

Solution alcoolique de trinitrinc au millième.. X gouttes. Eau distillée. . ; 100 —

l’ar cuillerée à soupe dans les vingt-quaire lieures. ^

On peut aussi pratiquer des inhalations avec quelques gouttes de nitrite d’amyle.

L’emploi du veratrumviride sous forme de teinture (.\ à XV gouttes) est des j)lus restreints, en raison des dangers qu’il peut présenter, à cause de .son action sur le muscle cardiaque et sur les centres respiratoires.

Les elfets de la d'arsoncalisation, ou courants de haute fré- (picnce, ne paraissent ]>as encore très bien déterminés.

Il semble, par contre, ([u’on doive peut-être faire une ceidaine place au gui de ehéne, dont Mené Gaultier a mis en lumière les propriétés hvpotensives. Le gui produirait un abaissement constant Cl

NÉPHRITES. — TRAITEMENT DES HÉMATURIES.

ilurahle de la pression eL une amélioration des battements cardiaques. 11 s’agirait d'une action non pas périphérique, comme celle des produits nitrés, mais centrale, sur les noyaux bulbaires.

licné Gaultier le prescrit sous la forme suivante :

Extrait aqueux de viscum album 0e'',10

Excipient Q- S. pour une pilule.

Cinq à sept pilules par jour.

11 est encore d'autres moyens qui permettent de modilier la tension. On peut, en agissant sur le système vasculaire périphérique, diminuer les résistances périphériques, améliorer cette circulation et faciliter d’autant le travail du myocarde; c’est ce qu’on cherche à obtenir avec les frictions excitantes, le massage général et abdominal. Ces moyens mécaniques doivent compléter l’emploi médicamenteux des hypotenseurs, des diurétiques, des purgatifs doux (magnésie) assez fréquemment répétés.

L’hypertension et l’hypertrophie du ventricule gauche peuvent être des moyens de défense, mais (jui finissent par devenir insuffisants: le myocarde fléchit et les brightiques se présentent en état d’hyposyslolie ou d' insuffisance cardiaque constituée (phase cardiaque des néphrites). Aussi doit-on toujours se préoccuper de l’état du cœur au cours du traitement des néphrites. C’est ainsi qu’on peut associer le slrophantus aux iodures, par précaution. Dès qu’on voit apparaître des signes précurseurs d’affaiblissement cardia(]ue, on n’hésitera pas à recourir aux toniques du myocarde, c’est-à-dire à la digitale ou à quel([u'un de ses succédanés, quand on veut s’adresser à un produit moins énergique.

Page 1