TECHNIQUE. — PÉNIS.— PHIMOSIS CONGÉNITAL
solides et ne peuvent être détruites (lu’au bistouri après que l’on a sectionné la muqueuse sur la ligne médiane (Voy. plus loin). Le bistouri doit, dans certains cas, sculpter le gland pour libérer le prépuce.
Deuxième temps : Traitement du phimosis proprement <jit. — 1» Raccouiicissement du prépuce. — Le prépuce est tendu légèrement, sans traction ; il ne doit pas être tiré, il doit être simplement tendu, faute de quoi l’on s’expose à obtenir un prépuce trop court. Une petite pince clamp, ou une pince de Kocher, le saisit en avant du gland;
l'ig. 183. — Débi'idemenl de la muqueuse sue la face dorsale.
cette pince doit être placée obliquement de haut en bas et d’arrière en avant, parallèlement au sillon de la base du gland (fig. 182)1
Si le prépuce ne pèche pas par excès de longueur, on se contentera d'étreindre son extrémité sans le tendre.
Le prépuce est alors sectionné au bistouri au ras du bord postérieur de la pince. 11 n’y a pas à craindre d’intéresser le gland; du reste, au moment de la section, on peut attirer avec la pince le prépuce en avant.
2° ÜÉBRIDE5IENT ET RÉGUL.A lUS.ATlON DE I„\ MUQUEUSE PRÉPÜTIAI.E. — Le
prépuce sectionné, la peau élastique et dilatable se rétracte en arrière du gland; mais la muqueuse, qui ne possède pas la même élasticité, continue à recouvrir cet organe. Sa face externe sanguinolente est laissée à découvert par la rétraction de la peau ; le prépuce est en somme dédoublé.
On sectionne alors la muqueuse sur la ligne médiane supérieure, au moyen d’une paire de ciseaux dont une des branches a été introduite entre la muqueuse et le gland. Cette section médiane sera pratiquée jusqu’à un demi-centimètre en avant de la rainure balanopré[)utiale (tig. 18.3/.
Cette section donne lieu à deux lambeaux mu(|ueux dont on abat
MARION. — THÉRAPEUTIQUE GÉNITALE
les angles d’un coup de ciseau.v (lig. 184); d’aulre part, on pourra réséquer un peu de ces lambeaux à leur partie inl'érieuie.
G est à ce moment f[u il tant libérer au bistouri les adhérences, dans le cas où Ion n’aurait pu le taire avec la sonde cannelée ; il
sera quelquefois nécessaire d’entamer le gland pour détacher la muqueuse.
Avant de procéder à la réunion des lambeaux cutanés et muqueux, tous les vaisseaux doivent être soigneusement hémostasiés sous peine de voir se produire un hématome qui pourrait forcer à réintervenir dans la journée.
Chaque artériole sera donc pincée et liée ou écrasée, et la suture ne sera faite que Fig. 184. — Résection des angles des lambeaux loi’Sque tOUt Suintement de muqueuse. Sanguin Sera tari.
3° Suture de la peau a la MUQUEUSE. — Cette suture sera pratiquée avec le plus grand soin pour que l’adossement de la peau à la muqueuse soit aussi exact que possible (fig. 185). On emploiera le catgut fin.
Troisième temps. — Allongement du frein. — Le plus souvent, le phimosis s’accompagne d’une brièveté du frein qu’il est
Fig. 185. — Sulurc.
nécessaire de corriger. Pour cela, le gland est renversé et attiré |)ar la main d’un aide, de façon à tendre le frein, que l’on sectionne alors transversalement (fig. 180). Par la traction, l’incision se transforme en une fente longitudinale. Plus le frein est court, plus l’incision doit être étendue. On réunit ensuite les lèvres de la plaie longitudi-
TECHNIQUE. — PÉNIS. — PARAl'HIMOSIS.
naleinent (lig. 187). 11 est nécessaire de lier la petite artère du frein que l’on peut sectionner; il ne faut pas compter sur la suture pour l’hémostasier. Pour éviter cette section, on coupera le frein en dirigeant la lame du bistouri horizontalement et non pas verticalement.
2° Phimosis acquis. — Le phimosis acquis sera traité par la simple section médiane prolongée en arrière plus ou moins loin, suivant l'étroitesse de l’orifice préputial. On abattra les angles existant au niveau des deux lambeaux latéraux ainsi créés, et l’on suturera peau et muqueuse.
Pauseineut. — On saupoudrera abondamment les sutures avec une poudre antiseptique, aristol, ektogan, puis on entourera la verge avec des compresses stériles maintenues par un fil enroulé. Le pansement sera renouvelé aussitôt qu’il sera souillé par l’urine.
Chez les tout jeunes enfants, on se contentera de passer la verge à travers une compi'esse stérilisée perforée sur laquelle elle reposera, de saupoudrer la plaie avec de la poudre antiseptique et de recouvrir le tout par une autre compresse. Quand l’enfant veut uriner, on enlève la compresse superficielle, puis après, la mère, avec un tampon d’ouate, fait couler sur le gland un filet d’eau boriquée, remet de la poudre et recouvre la verge avec la compresse.
Les fils, si l’on n’a pas employé le catgut, seront enlevés au sixième ou septième jour.